Marc Bouriche – Éclaircies en haute mer, Lettres d’escale, 4ème édition revue et augmentée.

Le mot de l’auteur :

Peur, beauté, poésie, la cathédrale du cœur, content la saga de nos temps incertains. Assoupies sous le boisseau, des lettres se découvrent, quatre visages au féminin. Du secret d’alchimiste nous retenons la force du vivant, sa fragilité. La Sérénissime laisse voir dessous son voile ce qui survit au temps. Par la plume de Matthieu, l’ange  exhorte à entrer en poésie. Des vents de mer prémonitoires annoncent les piliers innombrables, les voutes formidables, le miracle de la vierge à l’enfant survivant au brasier brûlant la France au cœur.

Extrait :

…Il reste aux apôtres des mots la langue des lisières et des sous-bois à l’écart des allées cavalières, la langue des marges et des marches, la langue sauvage ou espiègle, les musiques de l’ineffable, la capture en plein vol de l’éclair ; ils sont les oiseleurs du monde, mais chérir les oiseaux ne leur suffit plus, ils les accompagnent dans leur vol, ils sont l’air qui les porte, ils se font langue amoureuse célébrant d’orphiques agapes. Sauvez l’oiseau ! Quand ils tentent l’écriture ils cherchent la trace du feu puisqu’il faut vivre, le goût de l’air puisqu’il faut voler, les fragrances de l’humus puisqu’il faut marcher, la bénévole gravité de la terre-mère puisque ils la chérissent de les avoir portés, mis au monde et nourris….

…Nous sommes tous poètes à naître ; c’est une élongation infinie des abîmes jusques aux cimes, des terreurs souterraines parvenues à leur point de fusion dans le cratère des volcans jusqu’à se faire arôme, cette délicate mosaïque olfactive de suavité et d’âcreté. Le long apprentissage de mourir vivant.

Éditions Complicités, collection l’art de transmettre, Sept. 2019

Ouvrage disponible chez l’éditeur : https://www.editions-complicites.fr/librairie/

Ou auprès de l’auteur.

Marc Bouriche est médecin-psychothérapeute, écrivain-conférencier et guide de haute mer.

Marc Bouriche. Éclaircies en haute mer – Lettres d’escale

Pourquoi j’ai écrit ce livre:

Ce recueil est une nouvelle édition augmentée des Lettres d’escale parues une première fois chez le même éditeur en Octobre 2017 sous le titre «Rumeurs océanes».

Dire que j’ai écrit ce livre me paraîtrait une imposture. Il serait plus juste de dire que ce livre m’a écrit. Son mobile est une énigme dans laquelle je mijote encore aujourd’hui. Les soixante-deux Lettres qui composent le recueil ont été reçues sur une période de douze ans. Ce n’est qu’à leur relecture et avec le recul du temps que j’entrevois ce qui se trame peut-être dans les coulisses du ciel pour leur épiphanie par le truchement d’une plume qui n’avait jamais écrit, la mienne. Transmettre, laisser trace du feu sur la terre des livres. Il me fallait rendre compte des beautés qui me dépassaient ni ne m’appartenaient, il me fallait les rendre à la communauté des hommes d’où elles venaient, un devoir de mémoire.

Mon métier de médecin-thérapeute, d’écoutant, m’expose à beaucoup recevoir en échange de l’attention que je donne et je reçois souvent des merveilles mais ces trésors sont trop brûlants pour être oubliés ou seulement déposés dans les caves de la mémoire. Les Lettres ont commencé à me visiter en 2007 quand je reçus comme une injonction d’écrire ce que je ne pouvais dire. Dans l’urgence d’obéir, le choix ne m’était pas donné. Il est une beauté cachée alentour qui se révèle par quelque fièvre ou fêlure, quelque brisure, quelque blessure de l’être. Me soustraire à l’obligation de témoignage eut été enfouir un trésor sur lequel je n’avais aucun droit.

La plupart des Lettres du recueil se sont manifestées au mitan de la nuit, me tirant du sommeil, m’inondant d’un flot sauvage de mots et d’images. L’inspiration est un état modifié de conscience dans lequel je ne reconnaissais plus mon moi ordinaire, c’est une possession dont seule la plume pouvait m’exorciser. La soumission était la seule option.

Je dirai avec Carl Gustav Jung « Au fond, ne me semblent dignes d’être racontés que les évènements de ma vie par lesquels le monde éternel a fait irruption dans le monde éphémère ». J’ose espérer que le lecteur trouvera dans ce recueil une résonance avec cette parole de Jung comme je souhaiterais qu’il y entende l’écho de celle de Franz Kafka, « Toute œuvre devrait être une hache pour briser la glace ». La glace du froid du monde, le miroir des faux-semblants ou la vitre imaginaire entre les vivants et les morts, le visible et l’invisible.

Extrait :

Arrimé à la vie intérieure comme l’air l’est au temps, le lichen à l’écorce, il façonne sur le socle des actes, avec les pierres des mots, le mortier des silences, l’édifice d’un style, d’un art de vivre, le pont qui lui fera enjamber toutes les déroutes, tous les désastres, depuis les rives du connu jusqu’aux berges ensauvagées des mystères antiques.
Appuyé au bourdon du courage d’être soi sur les chemins de l’encre ou de la vie légère, sourd aux grondements enivrés des tambours médiatiques et de la bien-pensance, le calme feu rougeoie sous les étoiles dans une combe enchantée de la terre.

Publié en Août 2018 aux Éditions Complicités, collection l’art de transmettre.

Marc Bouriche est médecin-psychothérapeute et guide de haute mer, traducteur et conférencier.

“L’art dans tous ses états”
Dans le cadre d’une exposition globale, peinture, sculpture, littérature, illustrations,Claude Madelin et Luc Meyer
Vous invitent le 6,7,8 décembre 2018 à venir découvrir les peintures et sculptures de
Françoise Biver, Grégoire Hespel, Geneviève Crouzet
Et
L’œuvre poétique de Marc Bouriche
“ÉCLAIRCIES EN HAUTE MER”
Illustrée de 70 œuvres d’artistes (lavis, mines de plomb, eaux fortes)

Lire ici le PDF de l’invitation

Marc Bouriche Rumeurs océanes – Lettres d’escale

RumeursOcéanes

Avec des Illustrations de Valérie Perreau (55 lavis), Susanne Williamson (4 mines de plomb), Florence Hinneburg (une eau forte) Daniel Chantereau (une eau forte et un dessin à la plume).

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Dire pourquoi j’ai écrit ce livre me paraîtrait une imposture. Il serait plus juste de dire que ce livre m’a écrit. Son mobile est une énigme dans laquelle je mijote encore aujourd’hui. Les cinquante-six Lettres qui composent le recueil ont été reçues sur une période de dix ans. Ce n’est qu’à leur relecture et avec le recul du temps que j’entrevois ce qui se trame peut-être dans les coulisses du ciel pour leur épiphanie par le truchement d’une plume qui n’avait jamais écrit, la mienne. Transmettre, laisser trace du feu sur la terre des livres.

Témoigner du numineux ou chevaucher le nuage de l’inconnaissance est une entreprise à haut risque. Maître Eckart nous a aidés en posant les jalons d’une théologie négative : le plus haut de cette vie ne peut être circonscrit que par ce qui l’entoure, nous n’avons pas d’accès direct. Dieu, s’il est, est tout sauf ce qu’on peut en dire. C’est le vertige du poète funambule vacillant sur le fil de sa plume entre mystère insondable et lecture enchantée du monde, entre folie et ivresse.

Dans l’urgence d’obéir, le choix ne m’était pas donné. Il est une beauté cachée alentour qui se révèle par quelque fièvre ou fêlure, quelque brisure, quelque blessure de l’être. La plupart des Lettres du recueil se sont manifestées au mitan de la nuit, me tirant du sommeil, m’inondant d’un flot sauvage de mots et d’images. L’inspiration est un état d’ébriété dans lequel on ne sait plus très bien qui on est, c’est une possession dont seule la plume pouvait m’exorciser. La soumission était la seule option.

Si mon métier n’avait été de raison garder, il n’est pas exclu que les Lettres me l’eussent fait perdre, sans doute pour le meilleur. Il m’arrive de rêver que la plume veuille obéir à ma volonté d’écrire…, « rêve toujours » me chuchote-elle, « j’ai ma vie, vis la tienne ! ».

Extrait :

Vous écrire…

Revoir la mer après de longs mois gris dans la cité barbare, marcher au long des grèves sans autre compagnon que la marche elle-même et la course du soleil, battre du pouls océanique harassé de plein vent. Danser sur une étoile assez lointaine pour n’être pas distrait par la rumeur du monde, assez proche pour se griser du chèvrefeuille, goûter la pluie après l’orage, chanter avec le merle enivré de son chant, errer des jours durant dans les vastes prairies de votre visage, poignée magnifique de matière mystique.

Éditions Complicités, collection « l’art de transmettre »,  www.editions-complicites.fr

Date de parution: 2 Octobre 2017

L’auteur est médecin psychothérapeute et guide de haute mer.

https://www.facebook.com/marc.bouriche?ref=name

Venez retrouver l’auteur lors de ses dédicaces :

Samedi 3 Mars 2018, de 15h30 à 18h avec le concours du GEM (Groupement des Écrivains Médecins) et à l’occasion du nouveau salon du livre dédicacé, au café PROCOPE, salle Benjamin Franklin, 1er étage, café chargé d’histoire et de traditions littéraires,13 Rue de l’ancienne comédie, 75006 Paris, M° Odéon.