Marie Vidal, Les aventures du prophète Jérémie

Pourquoi j’ai écrit ce livre
                Comment communiquer ce qui me donne vie et que j’aime ? Comment faire aimer les Paroles qui me régalent ? Voilà pourquoi j’ai écrit ce livre sur le Prophète Jérémie dont la vocation et l’itinéraire m’ont permis de discerner et de vivre mon chemin particulier. Parce que je pense que je ne suis pas seule à être aidée par les événements que Jérémie a dû affronter, j’ai écrit. Il me souvient, même si cela est rare, qu’un évêque français avait choisi la vocation de Jérémie pour son ordination épiscopale. Ce jour-là, les écoutants s’interrogèrent sur la proximité de deux personnes, comme une rencontre.
La Bible, je l’aime, et je l’ai beaucoup lue. Elle offre trois parties aux oreilles et aux yeux qui la lisent, la Torah, les Prophètes, et les Écrits. Mais la première est unique, les deux suivantes n’existant que pour enseigner et mettre en pratique la première, la Torah. Tel a été le travail de Jérémie en son temps, temps de guerre, de réforme, de réflexions et de décisions. Un prophète n’annonce pas l’avenir. Il se tient là pour faire entrer ses contemporains et ses contemporaines de tous niveaux dans l’écoute immédiate des appels de l’Éternel.
Alors, j’ai convoqué huit hommes et huit femmes, en parité, pour discuter avec Jérémie, comme une nouvelle communication en amitié, en confiance.

Aventures du Prophète Jérémie Marie Vidal

Extraits : 
“Le code, le voici. Quand l’Éternel crie : « Je ne te veux plus », Il dit simultanément : « Je te veux ! » Il faut avoir des oreilles… […] Notre cri sonne comme une sirène. Il résonne comme le cor. Ensuite, il diminue de tonalité et vous devenez capables d’entendre, au centre et sommet de nos discours, l’espérance à venir….”
“Jérémie, lorsque tu racontais la tragédie de Jérusalem et afin de mieux comprendre ton analyse des événements, nous avons décidé de lire les Dix plaies d’Égypte. […] Nous avons remarqué les trois mots répétés par la Torah écrite dans le Livre de l’Exode à propos du cœur de Pharaon. Nous savons par ailleurs que l’hébreu et le français ne donnent pas les mêmes significations au cœur. Pour nous, les Francophones, le cœur montre la charité, l’amour et les émotions. Pour vous, en hébreu, le cœur manifeste la raison, le raisonnement, la faculté de décider, la volonté, et l’intelligence.”

 

Marie Vidal a écrit
Un ressuscité nommé Lazare, Cosmogone, Lyon, 2013
Les Sept Prophétesses, Cosmogone, Lyon, 2006
Un Juif nommé Jésus, Albin Michel, Paris, 1996 et Poche en 2000
http://www.sgdl-auteurs.org/marie-vidal

 

 

 

Agnès Gueuret, Les jougs de Jérémie

Pourquoi j’ai écrit ce livre
 Comme mes livres précédents, j’ai écrit « Les Jougs de Jérémie » à la suite d’un long compagnonnage avec le texte biblique et d’une lecture éclairée par des études exégétiques récentes qui m’ont été d’un grand secours pour entendre et comprendre quel homme se cache en Jérémie. Les épreuves qu’il traverse le conduisent à batailler avec son Dieu, son peuple, ses rois, ses proches ; il crie, prie, se désespère jusqu’à souhaiter la mort et maudire le jour de sa naissance dans des termes où l’on entend les accents de Job.  Ces paroles inscrites au fer rouge dans la foi de Jérémie m’ont été personnellement d’un grand secours : c’est donc aussi pour régler une dette de reconnaissance envers Jérémie que j’ai écrit ces pages dans lesquelles je lui donne le rôle de locuteur principal.

Les Jougs de Jeremie Couverture

En résumé
Les oracles attribués à Jérémie se situent au VIe siècle avant notre ère. Comme Osée avant lui, Jérémie annonce son message par la parole et par ses choix de vie. Il va porter dans sa chair les signes de la dévastation qu’il prédit si la conversion des cœurs que demande son Dieu n’advient pas. Les pages de ce livre suivent la trame reconstituée de son histoire et tentent de témoigner de sa position personnelle et engagée…La voix de Jérémie parle à ses contemporains en ce temps qui est le leur, traversé par des guerres et des luttes sans merci qui hantent notre propre quotidien et nous contraignent à un combat que, comme Jérémie, nous n’avons sans doute pas choisi.

 

Extraits         
de l’exergue
Sur la plaine, la voix
domine l’attelage.
Le soc en force fend
la terre, enfouit l’éteule,
motte après motte creuse,
tandis que, sous le joug,
les bœufs têtus contraignent
leurs volontés farouches
à tracer le sillon.
A l’heure où les corbeaux
croassent sur le champ
labouré, retourné,
le paysan ordonne
les traits, ligne après ligne,
où demain la semence
trouvera son abri
pour germer en silence
et préparer l’épi. …/…
Symbole d’un labeur
acharné, décidé,
le joug en ses raideurs
manifeste sans mots
ce qu‘exige l’amour
et sa force inflexible
quand l’obstacle surgit,
abrupt, incontournable
sur nos chemins de terre.
Les jougs de Jérémie
multiples, insistants,
ont ce goût des douleurs
mêlées en profondeur
à la paix, au bonheur
d’avoir marché sans cesse
sur les pas de son Dieu,
lui, l’enfant d’Anatoth
qui ne savait parler.
« Les Jougs de Jérémie » Le Corridor bleu, février 2016