Jean-Pierre Boulic – L’eau de la grève est si bleue

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Si l’on veut faire court, il y a une vérité : pour chaque personne, il s’agit de vivre, vivre à présent, ici et maintenant.

À partir de cette réalité, mon sujet d’auteur n’est pas d’inventer. Il ne sert à rien de s’étendre à longueur de pages ou de propos sur les pesanteurs de ce qui ne va pas. Sans le nier, au-delà de ce qui peut apparaître détresse des jours où beaucoup de nos contemporains sont livrés au relativisme, à la pression de l’utilitaire et des idoles consuméristes, je suis conduit ou appelé à donner humblement en partage l’histoire d’une rencontre personnelle avec ce qui fait vivre au cœur le surgissement de l’être ; autrement dit, ce qui donne sens à une vie *.

Au travers de mon vécu, au contact de la nature et dans la rencontre des événements dont hommes et femmes sont les acteurs, je tente de suggérer ce qui, à mes yeux, est essentiel et authentique. Même si dans ces événements il y a souvent blessures de l’amour, souffrances physiques ou poids du violent mensonge de nos sociétés.

Par l’innocence du regard de l’enfance – ce secret en soi qui illumine chacun – avec l’encre du cœur humain et les couleurs qu’offre la nature, j’essaie d’apprivoiser, plutôt d’émerveiller ce monde en croyant que le lecteur aura le sentiment d’être plus vivant.

Le regard de la poésie découvre ce qui est en genèse en soi et dans le monde, un monde livré à lui-même qui est à réussir en dépit de tout. Voilà qui nous met face à nos responsabilités : « Serons-nous à la hauteur de l’enfant que nous avons été ? » interroge Colette Nys-Mazure.

* Cf. article « Plaidoyer en faveur de la poésie – Une urgence pour aujourd’hui » in « Christus » n° 259 – juillet 2018

Extraits :

Même si mes yeux
Ne savent voir
Mes oreilles entendre
Je m’avance
Je crois mon pas sans vanité
Au paradis des brumes
Habité d’oiseaux gris
La mer s’incline ici
Mes chants sont accrochés
Aux rochers de la grève.

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Soir d’éternité
Odeur du sel
Terre et ciel réunis
Le couchant s’allonge
Sous le pédoncule d’un nuage
Laissant un cormoran
Frôler l’onde teintée d’au-delà
Je sais que s’efface le jour
En un souffle imperceptible
Il s’accomplit ainsi
De toutes les œuvres des hommes
Parfois avec la blessure de leur regard.

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Éditions Des Sources et des Livres 
dessourcesetdeslivres@orange.fr
www.dessourcesetdeslivres.fr

Consulter ci-après la mention faite par les Editions des Sources et des Livres à propos de  ce livre:

https://www.stephanebataillon.com/

 

 

Jean-Pierre Boulic – Petites pièces pour instruments à voix

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Au fil du temps, s’est progressivement imposée la nécessité de rendre grâce aux riens de nos existences, ces riens qui sont autant de traces de vie et d’expériences de l’amour au cœur du monde où se révèle l’intuition que tout est commencement du souffle de l’invisible. Cette vision intime, profonde, toute personnelle que l’artiste doit s’efforcer d’atteindre (François Cheng) qu’exprime la poésie devient voie d’existence au monde. Le poème pressent cette réalité qui le dépasse. Sans jamais forcer sa voix, il rend compte de ce qu’il a perçu, les signes vivants de l’imprévu et de l’inattendu voire de l’inespéré tout en désirant murmurer l’hymne de l’ineffable, le chant sans lequel rien ne se peut vivre.

Extraits :

Je n’ai qu’une voix toute nue
À la portée de main et d’encre
Elle peut bruisser de larmes
De cris de joie des chants de la rencontre
Et de ruptures
Me laisser dans le piège
Des séparations
Mais qui l’entend
Sans que j’y puisse alors quoi que ce soit
Qui demeure ici et là veilleur
D’une note ténue
Je n’ai que cette voix toute menue
Qu’un seul souffle fait vivre.
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La prime jeunesse
D’un mince rayon
Perce le sac des nuages
Où s’immisce un bleu silence
Ouvert au soleil levant.
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Parution Mars 2018, Éditions PETRA 
www.editionspetra.fr courriel : info@editionspetra.fr

Jean-Pierre Boulic – Prendre naissance

Jean-Pierre Boulic 1ère de couv.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi j’ai écrit ce livre 

Le poème ne veut point transcrire ou paraphraser le texte biblique mais aspire à incarner une bonne nouvelle. Ainsi, chaque parole du poème n’a d’autre vocation que de tisser un lien de compréhension de l’univers en voie d’épanouissement et du monde où l’homme naît et demeure sur son chemin d’humanisation. Cette parole, en somme, désire donner le goût de la vie dans le surgissement de la beauté du voir et de l’entendre, du sentir et du toucher, là où le poème prend naissance. Et son chant, signifiant et reconnaissant ce que veut dire vivre, participe et parachève le langage humain dont l’œuvre est de manifester et célébrer une histoire d’amour – entre l’homme et son Créateur.

Extraits 

Ne te tourmente pas
Toi qui vas sous le ciel
Il n’y a que buée
Reviendra le souffle du vent
Au milieu des roseaux

Ne te tourmente pas
L’imperceptible luit
De la pénombre sourd
La semence des mots
Appelée à prendre naissance

Ne te tourmente pas
Si la parole soliloque
Sur la neige des ombres
Et les vieilles pensées
L’horizon déjà te dépasse.

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Tous les chuintements s’éteignent
Et la lune a processionné
Sur d’intérieurs paysages
Le lilas blanc de son regard

Dis-nous quelle est cette parole
Frissonnant avec les guérets
Lorsque les étoiles se sont lavé
Bras et mains de rosée

Dis-nous quelle est cette parole
Venant sous les doigts du silence
Sur les pentes de perce-neige

Dis-nous quelle est cette parole
De merveille naissante
Qui plane sur la terre.

Éditions  La Part Commune, Mai 2017

Site Jean-Pierre Boulic :  http://perso.numericable.fr/npodt