Guillaume de Fonclare – Ce nom qu’à Dieu ils donnent

  Guillaume de Fonclare : Prix Écritures et Spiritualités 2016 pour Joë Editions Stock

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Pourquoi j’ai écrit ce livre :

A la suite d’une série de malaises, j’ai cru toucher à la limite entre la vie et la mort. Dès lors, je n’ai eu de cesse de m’interroger sur la notion de destin, en questionnant les hasards et les coïncidences heureuses de mon existence, et pour y trouver un sens. Afin d’approfondir ces questions, j’ai souhaité me retirer du monde pendant deux mois et rechercher Dieu par tous les moyens, y compris par la pratique active de la méditation.

Dans cette nécessité d’écrire, il ne s’agissait pas de faire le relevé exhaustif et austère de ce que la science et la théologie diraient de la transcendance, il s’agissait d’en dire ce qui est utile à la rédaction d’un texte écrit dans la volonté de faire de la littérature. Par ailleurs, dans ce désir de solitude, il ne s’agissait pas non plus de demeurer complètement immobile, et je n’ai pas hésité pas à me confronter à la toutes les formes de religiosité. J’ai souhaité y expérimenter de façon tangible la question du divin, en me mettant dans une situation singulière loin de chez moi, immergé à la fois au milieu des livres et d’étrangers, dans un endroit suffisamment austère et beau pour que je m’y sente bousculé et en harmonie avec le monde.

C’était aussi faire le pari que, livré à moi-même, j’aurais les facultés de me prendre en charge sans l’aide de personne, et que je pourrais dès lors retrouver une forme d’autonomie ; confronté à la maladie depuis quinze ans, j’ai renoncé à trop de choses et je veux reconquérir une part de ma liberté d’agir sans contraintes en réapprenant à gérer le quotidien. C’est la part concrète de ce récit.

Ce livre est donc le récit d’un road-trip intime, qui m’a conduit à traquer le divin en organisant une situation particulière et en m’adonnant intensément à une pratique. Au travers de l’expérimentation et de mes pérégrinations, j’ai conduit une expérience littéraire à la manière d’un aventurier rédigeant son carnet de bord lors d’une traversée inaugurale, qui narrerait avec constance les étapes et les écueils de son voyage.

Extrait :

Depuis que je suis adulte, j’ai lutté pour garder la tête froide, un esprit rationnel et une égale résolution quant à la nature laïque et athée de mes convictions. Je dois concéder pourtant à la vérité que ce combat n’avait rien de sincère, et que j’ai conservé au fond de moi la folle aspiration que quelque chose de plus grand que nos caractères batailleurs gouvernerait le chaos du monde, même si ce chaos porte en lui les germes du doute et de la désolation de l’âme ; qui contemple la société des hommes ne peut se résoudre aisément à la réalité d’un démiurge aimant et omnipotent. Oui, j’espérais qu’un jour, j’ouvrirais les yeux sur la vérité des choses, et que la vie m’offrirait le don sublime de retrouver la foi ; sublime, car recouvrer la foi en Dieu donnerait, pensais-je, un sens à mon existence, en m’inscrivant dans une destinée plus grande que la perspective de quelques décennies à vivoter plus ou moins décemment en attendant la mort. Cet espoir me paraissait tellement insensé que j’en réfrénais l’ardeur avec violence, ma volonté de demeurer rationnel et cartésien devant l’emporter en tout ce qui touchait les activités de l’esprit. Mais si j’en avais la secrète envie, je ne ressentais au fond de moi aucun effet de la croyance. Je restais froid et l’âme éteinte, ne tremblant d’aucun feu, ne vibrant d’aucun espoir. Mais lorsque vint ce grand cataclysme et que j’eus passé tant de semaines au seuil de cette porte imaginaire, l’étincelle aurait pu se faire, et m’embraser de nouveau de la flamme de la Foi. Je l’ai dit, rien ne se fit ; j’eus le sentiment d’avoir dix mille questions supplémentaires sans le commencement d’une seule réponse. J’ai trouvé alors, idée saugrenue, Dieu bien cruel : me faire miroiter l’éternité sans me donner les moyens d’y croire.

Je ne voulais donc plus me satisfaire de cet état d’interrogation perpétuel. Tant pis si cela devait paraître très présomptueux, mais je chercherais mes certitudes, avec détermination et opiniâtreté. Et pas question de me contenter d’un vernis de croyance, ou de me laisser attraper par la première évidence venue ; j’allais débusquer de l’inébranlable, de la conviction de premier choix, opposables à tous les sceptiques. Oh, je n’avais pas la prétention ridicule de découvrir la vérité ultime, de celles qui embarquent les foules et font chavirer les civilisations ; je n’ai rien d’un messie aux petits pieds. Plus sobrement, je désirais construire mon système de croyances, avec un postulat bien établi, et ne pas rester dans l’athéisme buté ou l’agnosticisme simplet. Bref, si dérisoire que cela puisse le paraître, je voulais entamer une démarche articulée et, pourquoi ne pas dire le mot, scientifique, dans mon projet de débusquer Dieu.

Éditions Stock, 30 Janvier 2019

La cérémonie de la remise du Prix Écritures & Spiritualités en images !

C’est une nouvelle fois à l’Hôtel Chatillon à Paris que s’est déroulée cette cérémonie guidée par le goût des lettres, de la beauté et de la rencontre spirituelle.

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Nos deux lauréats Guillaume de Fonclare et Florence Quentin (membres tous deux d’Écritures & Spiritualités) furent chaleureusement célébrés par de nombreux invités (membres d’E&S, éditeurs, journalistes, amis, écrivains)  et reçurent les éloges respectifs de Christophe Henning (ex-président) et de Christiane Rancé (Présidente d’Honneur, lauréate du prix en 2010).

Christiane Rancé – Hommage à Florence Quentin

Christophe Henning – Hommage à Guillaume de Fonclare (à venir)

Florence Quentin – Discours

Guillaume de Fonclare – Discours (à venir)

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IMG_1647-1 IMG_1650-1 Christiane Rancé et FQ IMG_1671-1

 

Les invités ont pu goûter un peu de la saveur de l’écriture des deux auteurs et de leur portée spirituelle grâce à la lecture de quelques extraits par Leili Anvar.

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Pour conclure cette cérémonie en beauté, chacun des lauréats s’est vu remettre par Guillaume Sébastien, directeur de la Galerie Guillaume, une gravure de l’artiste- peintre Jean-Paul Agosti, célèbre pour ses œuvres à l’aquarelle.

 

 

 

 

 

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Prix Ecritures & Spiritualités 2016 Félicitations à nos deux lauréats !

Cette année, ce sont deux auteurs, membres d’Ecritures & Spiritualités qui ont été honorés par le jury du prix, réuni ce mardi 10 mai a décerné son prix 2016 :
– pour la catégorie Littérature à Joë de Guillaume de Fonclare (Stock) au second tour par 6 voix sur 8 contre 1 à Chantal Chawaf, Ne quitte pas les vivants (Des femmes) et un vote blanc.
guillaume de fonclareJoe
– pour la catégorie Essais à Vivante Egypte de Florence Quentin (DDB-Artège) au second tour par 7 voix sur 9 contre 1 à Fréderic Boyer, Quelle terreur en nous ne veut pas finir ? (POL) et un vote blanc.
florence quentin
 vivante egypte
«La vocation de ce Prix est de faire découvrir et connaitre des auteurs inspirés par la dimension de l’altérité, de la transcendance, des écrivains en quête,  au moyen de l’écriture, de la poésie ou de l’essai.»

Le jury du Prix 2016  Ecritures & SpiritualitésChristiane Rancé, Présidente d’Honneur, Karima Berger, Présidente du Jury,Leili Anvar, Geneviève Bouchiat, Catherine Chalier, Monique Grandjean, Christophe Henning, Victor Malka, Colette Nys-Mazure, Alain Vircondelet.

Christiane Rancé. Lauréate du Prix Ecritures & Spiritualités en 2013 pour Prenez-moi tout, mais laissez-moi l’extase, Seuil.  Romancière et essayiste, grand reporter pour la presse écrite, elle est l’auteur notamment de Jésus, Gallimard,  Simone Weil, Le courage de l’impossible, Seuil et François, un pape parmi les hommes, Albin Michel. Elle a reçu le Prix de l’Essai de l’Académie française en 2015 pour La passion de Thérèse d’Avila.
Karima Berger. D’origine algérienne, elle a écrit plusieurs romans et essais d’inspiration littéraire. Elle a publié notamment L’enfant des deux mondes, L’Aube, Éclats d’islam, Chroniques d’un itinéraire spirituel, Les attentives, un dialogue avec Etty Hillesum, Albin Michel. Son dernier roman, Mektouba, Albin Michel est sélectionné pour le Prix littéraire de la Porte Dorée.
Leili Anvar, Maître de conférences en langue et littérature persane, productrice de l’émission Les Racines du Ciel, traductrice et spécialiste de la littérature mystique persane, elle a publié Rûmî aux éditions Entrelacs. Elle est l’auteur de la traduction versifiée du Le Cantique des Oiseaux de Farid ud-Din’ Attar, aux éditions Diane de Selliers. Vient de paraitre, « Sagesses pour notre temps » et « Voix d’espérances », collectif sous la direction de Leili Anvar et Frédéric Lenoir.
Geneviève Bouchiat, Diplômée de l’École Centrale et de l’École des Beaux-Arts de Paris. Elle partage son activité entre la gravure, l’art des vitraux et l’écriture. Elle a publié de nombreux livres d’artistes. Romancière, Un matin après la vie, éditions du Rocher, Le Pain des larmes, Plon et vient de publier un recueil de poésie voix cachée, Harpo &.
Catherine Chalier, Ecrivain et philosophe, elle est professeur de philosophie à l’Université de Paris X-Nanterre, elle s’intéresse tout particulièrement aux liens entre la philosophie et la source hébraïque de la pensée. Elle est spécialiste de l’œuvre d’Emmanuel Levinas, dont elle a édité avec Rodolphe Calin deux volumes de l’édition critique à l’Institut Mémoire de l’édition contemporaine (‘IMEC). Auteur de nombreux ouvrages, elle a notamment publié : Traité des larmes Albin Michel, La Nuit, le Jour, Seuil qui a reçu le prix  Ecritures & Spiritualités 2009, Le Désir de conversion, Présence de l’espoir et Lire La Torah au Seuil.
Monique Grandjean, Secrétaire générale de l’association Ecritures & Spiritualités, essayiste, sociétaire de l’Académie Catholique de France, vice-présidente de l’association européenne François Mauriac, membre de la Sauvegarde des Enseignements Littéraires (SEL).
Christophe Henning, Journaliste, conseiller auprès de l’hebdomadaire Pèlerin, animateur Grand Angle sur RCF, ex-président de l’Association Ecritures & Spiritualités, directeur de la collection J’y crois, Bayard. Il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages dont Christian de Chergé, moine de Tibhirine, Médiaspaul, Petite vie de Paul VI, Desclée de Brouwer, Méditer avec les moines de Tibhirine, Salvator. Il a dirigé un ouvrage préfacé par le pape François, Tibhirine, L’héritage, Bayard. Il a reçu le Prix de littérature religieuse en 2011, pour Le Jardinier de Tibhirine, avec Jean-Marie Lassausse, Bayard.
Victor Malka, Producteur à France Culture de l’émission Maison d’études jusqu’en 2013, il dirige la revue Information juive, et a enseigné à Paris X-Nanterre et HEC. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Les juifs sépharades, collection « Que sais-je ? », Les Sages du judaïsme: Vie et enseignement, coll. “Points”, Seuil, Stéphane Mosès et Victor Malka, Un retour au judaïsme : Entretien avec Victor Malka, ed. du Seuil, Dieu soit loué ! d’Abraham à Yiddish, le dico de l’humour juif, ed. Archipel et en 2016 avec Salomon Malka, Le grand Désarroi, enquête sur les juifs de France, Albin Michel.
Colette Nys Mazure. Poète, romancière et essayiste. Prix de la Maison de la poésie de Paris pour Haute enfance, elle est aussi nouvelliste et romancière Perdre pied, Desclée de Brouwer. Elle écrit aussi des essais d’inspiration littéraire tels Célébration du quotidien, DDB, La chair du poème, Albin Michel. Ses derniers livres : Cette obscure clarté, Salvator, La vie poétique, j’y crois, Bayard et Quand tu aimes il faut partir sur Maternité de Modigliani, Invenit, ont été publiés en 2016.
Alain Vircondelet. Ecrivain et universitaire, il est le pionnier des études durassiennes en France. Président du prix Marguerite Duras, il lui a consacré plusieurs ouvrages. Il est le biographe notamment d’Albert Camus, Fayard, pour lequel il a reçu le Prix Méditerranée de l’Essai, de Saint-Exupéry, Fayard, Prix Paris-Match, de Charles de Foucauld, Le Rocher, de Blaise Pascal, Flammarion et d’Arthur Rimbaud, Le Rocher.