Catherine Chalier – Rabbi Chmuel Bornstein (1856-1926). L’espoir hassidique.

Le mot de l’auteur : 

Souvent connu grâce aux récits rapportés par Martin Buber ou réduit à ses éléments les plus populaires  – la danse, la musique –  le courant spirituel juif qu’est le hassidisme reste encore largement  à découvrir. A la suite de précédents ouvrages dans la même série, le volume sur Rabbi Chmuel Bornstein propose une traduction de certains passages de son immense œuvre de commentateur de la Torah. L’étude qui précède cette traduction donne quelques clés pour mieux comprendre l’enjeu spirituel de ce commentaire. On y découvre ainsi le sens du Chabbat, si  central pour cette spiritualité, ou encore comment le Tabernacle matériel a son répondant dans l’intériorité humaine. Mais Rabbi Chmuel Bornstein insiste aussi beaucoup sur le « mauvais penchant » à  combattre en soi-même, nous montrant combien la question du mal est prise beaucoup plus au sérieux par les grands spirituels que par les philosophes. Le désespoir est pour lui « la pire des choses » et il n’a de cesse d’enseigner comment déjouer ses ruses qui sont très profondes. La victoire de ce « penchant » consistant à nous convaincre que notre monde, ce qu’il appelle l’En-Bas, n’a aucune ouverture sur ce qu’il appelle l’En-Haut.

Extrait :

               L’En-Haut et l’En-Bas, ce thème tant médité par les Cabalistes et par d’autres penseurs du hassidisme, se trouve sans cesse revivifié chez R. Chmuel Bornstein. Il cherche en effet toujours à unir, à réconcilier, à opérer des synthèses, parfois déconcertantes d’ailleurs.  L’emprise catastrophique du mal sur les psychismes, sur les vies et sur les mondes se manifeste pour lui dans la séparation de ce qui a pour vocation à rester ou à devenir unis et, inversement, dans la confusion entre des réalités qui doivent demeurer séparées. Dans sa perspective œuvrer à l’union – du corps avec l’esprit, de la terre avec les cieux etc. – ne peut se faire sans lutter corrélativement contre les unions néfastes – vouloir que le corps régisse l’esprit, que la terre prenne le pas sur les cieux, que la mort mette son emprise sur les vies dès maintenant etc. Mais rien n’est acquis une fois pour toutes : la vie humaine est aussi une lutte constante sur ces deux plans indissociables.

               C’est la vocation d’Adam d’unir les mondes, celui de l’En-Haut et celui de l’En-Bas, c’est-à-dire d’accueillir le premier dans le second et de faire monter le second vers le premier. Cela commence très concrètement par l’hospitalité donnée à ceux qui passent, par la place faite en soi-même, au cœur de ses biens et de ses pensées, à ceux qui, sans le savoir, portent sur eux le visage de la Présence divine (Chekhina). Si l’être humain est issu du monde en ce sens qu’il récapitule en lui tous les éléments qui le constituent, il se trouve aussi  face à lui par sa forme et il y joue un rôle central de passeur : du Haut vers le Bas et du Bas vers le Haut.

Éditions Arfuyen, 2019

Jean-Pierre Boulic – Laisser entrer en présence

Le mot de l’auteur :

L’indifférence et le relativisme brouillent les repères. Violences et confusions envahissent les mœurs. Le virtuel, tout à sa démesure, oublie l’essentiel. L’immédiateté qu’impose la pensée unique de l’utilitaire conduit à la sclérose du cœur, défie vulnérabilité et finitude. L’esprit, qui guide chaque vie humaine au sein des réalités, est souvent mis à l’écart. Or, tout se joue dans le sens profond du désir humain avec un juste rapport à autrui.

Ce constat exige de revenir d’urgence à l’Être et Laisser entrer en présence sa parole, selon la pensée de Martin Heidegger (1889-1976). C’est la voix de poésie qui est fondatrice de l’être et de l’essence de toutes choses, affirme le penseur.

Le poème rend compréhensible, transcende chaque vision du mystère de nos existences guidées par l’amour. Et celles-ci demeurent en quête de plénitude et de beauté, malgré tout. Ainsi le regard de la poésie découvre ce qui est en genèse en soi et dans le monde, révèle qui est l’homme et sa vocation de gardien de la Terre.

Extrait :

Tu lèves les yeux
Tu regardes les prairies
Où la terre exulte
De ses talus de jonquilles
Des ciels de lumière

Tu lèves les yeux
Vers un pays irrigué
Qui descend vers le ponant
Jusqu’à l’océan
Vêtu d’un souffle de vent

Tu lèves les yeux
Tu restes muet
Devant ces fils de lueurs
Qui ourdissent la beauté
Bénissant le monde.

                    *****

Éditions La Part commune – Mars 2019
http://www.lapartcommune.com
editionslapartcommune@gmail.com

Page personnelle de l’auteur : http://perso.numericable.fr/npodt

Agnès Charlemagne : Articles de La Croix et le Pèlerin

Agnès Charlemagne, auteur de plusieurs livres, notamment  “Comment parler de spiritualité avec les adolescents ? “, a animé un atelier lors du Salon du Livre Jeunesse de l’association. La Croix et le Pèlerin lui ont consacré de belles pages. Agnès Charlemagne est membre du conseil d’administration de Écritures & Spiritualités.  

Article de La Croix :

« Si Dieu n’existait pas, comment serait le monde aujourd’hui ? »

Article du Pèlerin

“ Dieu se révèle dans le dialogue ”

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Agnès Charlemagne : Bibliographie

A. Charlemagne : Comment parler de spiritualité avec les adolescents

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“Comment parler de spiritualité avec les adolescents” Editions Salvator – 2017

Résumé: Réflexions et conseils pour discuter des sujets existentiels, de Dieu et de la théologie chrétienne avec des adolescents, accompagnés de témoignages d’animateurs. ©Electre 2019

“Les ateliers : 30 rencontres d’éveil spirituel avec les adolescents”
Editions Salvator – Collection T’es où ?- 2017

Résumé: L’auteure explique sa méthode, pas à pas, pour faire parler et dialoguer les adolescents sur des sujets existentiels, sur Dieu et sur la théologie chrétienne. ©Electre 2019

“T’es où ? : des ados parlent de Dieu ” Editions Salvator – 2015

Résumé:Une méthode pédagogique pour discuter des sujets existentiels, de Dieu et de la théologie chrétienne avec des groupes d’adolescents. Des citations bibliques et des thèmes divers (religion, métaphysique, société) sont commentés et illustrés de réflexions d’élèves, croyants ou non, d’un collège marseillais. ©Electre 2019

Rabbin Pauline Bebe : Pensée face aux attaques récentes touchant nos frères juifs

La violence des paroles et des actes qui touchent nos frères juifs en ce moment en France nous bouleverse.  A ces attaques,  le rabbin Pauline Bebe propose de répondre par une pensée plus haute.  

“Etre juif, 

C’est affirmer l’égale dignité de tout être humain, c’est se battre pour la liberté partout où règne l’oppression, c’est permettre à tous de respirer une fois par semaine, de rêver et de s’émerveiller, c’est dire que la vie passe au-dessus de toute considération et se battre pour elle, c’est dire que la question est plus importante que la réponse, c’est dire que chacun a le droit d’étudier, de manger, d’avoir un toit au-dessus de sa tête.
Et si nous croyons à ces valeurs, nous serons fiers de les porter sans dire sans cesse que nous sommes des victimes.

Apprendre donc, et enseigner, partager pour ne plus porter cette étrangeté sur le visage, la rendre accessible sinon aimée par celui qui me dé-visage.
C’est parfois à moi de me redonner la dignité que l’autre m’a enlevée en sachant d’où je viens, qui je suis et ce que contiennent mes livres, ce que mes ancêtres ont dit, ce que mes sages me soufflent à l’oreille.
Et puis il faut faire ensemble, tisser des liens avec ceux qui ne sont pas les mêmes car lorsque l’on marche ensemble, lorsque l’on mange ensemble, lorsque l’on rit ou l’on pleure, que l’on partage ses passions, ses secrets, on ne peut plus se haïr.
C’est au moment où l’on veut se replier qu’il faut précisément aller vers l’autre et lui dire, regarde moi dans les yeux, regarde dans mon cœur et dans mon âme, n’est-ce pas le même café que nous buvons jusqu’à la lie, le même ciel vers lequel nous levons les yeux, la même terre que foule nos pieds, le même Dieu qui nous a créés. ”

Rabbin Pauline Bebe

Cycle de rencontres littéraires E&S : Marc Leboucher et Vincent Morch

En partenariat avec l’Espace Poveda qui nous accueille, Écritures & Spiritualités propose un nouveau cycle de rencontres littéraires, mettant en dialogue deux auteurs ayant récemment publié, deux voix porteuses d’un souffle spirituel ou poétique.

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Jeudi 21 Mars – 19h

Entrée libre 
Réservation souhaitée : colson.bernadette@orange.fr  
Espace POVEDA – 4, Rue Léopold Robert, 75014 Paris