Raphaëlle Simon – Être mère, c’est…

Le mot de l’auteur :

Dans ce livre aux courts chapitres, j’ai voulu réhabiliter la maternité, beaucoup plus mésestimée que la féminité… Réalité aux mille facettes, la maternité est une expérience charnelle, faite de sang et de sueur mais aussi une expérience spirituelle, quasi mystique. Être mère, c’est donner la vie, c’est donner un avenir à l’humanité. À partir de quelques exemples de mon expérience personnelle mais aussi en renvoyant à l’expérience de chacune, j’ai souhaité rejoindre les femmes dans leur capacité à être mère, à se faire confiance, à développer leurs compétences et à prendre leur juste place dans une société qui aurait tout intérêt à les valoriser. Un livre qui s’adresse à toutes les mères, quelles que soient leurs racines ou leurs croyances.

Extrait :

« Habitée par la présence d’un autre, – passager clandestin, logé chez l’habitant, gratis ! – la mère accueille l’enfant en son sein, non comme un corps étranger mais comme la chair de sa chair. Désormais, elle n’est plus seule à parcourir les rues, elle n’est plus seule à s’enivrer de la lueur du jour, ni du sommeil de la nuit. Elle porte son petit habitant interne, qui la leste, alourdit son pas, la fait chalouper. Lourde et légère à la fois. Elle a parfois envie qu’il la laisse tranquille, ses petits coups de pied sur la paroi intérieure, comme de naïves tentatives de prouver son existence. De fait, le voilà qui prend de plus en plus de place, rejaillissant comme une lumière provenant du dedans. »

Éditions Salvator, septembre 2020

Raphaëlle Simon est journaliste indépendante, spécialisée dans les domaines famille, société et spiritualité. Elle est notamment l’auteure d’ « Imparfaite et débordée, chroniques d’une maman d’aujourd’hui », Salvator, 2016 et Couples de feu et de foi, Emmanuel, 2020.

Raphaëlle Simon – Couples de feu et de foi

Le mot de l’auteur :

J’ai écrit ce livre, récit de 7 histoires d’amour, qui sont aussi 7 itinéraires de foi pour montrer à quel point le mariage est une vocation à part entière et un véritable chemin de sainteté. Ces 7 couples sont venus à moi plus que je n’ai voulu écrire sur eux. Ils se succèdent sur presque deux siècles, de Frédéric et Amélie Ozanam à Enrico et Chiara Corbella Petrillo, en passant par les époux Leseur, ou encore Baudoin et Fabiola de Belgique… formant ainsi comme une initiation à la spiritualité conjugale, une catéchèse vivante et incarnée du mariage. Je me suis attachée au caractère profondément humain de ces couples, leur rencontre, la manière dont ils s’aiment dans l’intimité, leur rayonnement, parfois en dépit de lourdes épreuves… Des destins ordinaires ou hors du commun, mais des figures toujours inspirantes pour aujourd’hui !

Extrait :

Les époux Ozanam sont passionnément amoureux et manifestent concrètement leur amour, loin des unions de convenance des milieux bourgeois qui ne font pas envie. Frédéric offre des fleurs à sa femme tous les samedis. Il la « fleurit », comme il dit lui-même, « afin que les visiteurs du dimanche soir vissent bien, quand ils viendraient, qu’il y avait chez nous quelque chose qui ne flétrissait pas ». Amélie reçoit en effet le dimanche soir, sous forme de table ouverte. Artistes, intellectuels aux opinions diverses, peintres, étudiants, amis ou famille viennent d’autant plus volontiers qu’Amélie est à l’aise dans le rôle. Les époux ont d’ailleurs conscience de leur amour rayonnant, au-delà de la sphère privée ; c’est même pour eux un témoignage.

Éditions Emmanuel, août 2020

Raphaëlle Simon est journaliste indépendante, spécialisée dans les domaines famille, société et spiritualité. Ses livres veulent rejoindre les aspirations contemporaines. Dernier ouvrage paru : Être mère, c’est… Salvator, 2020.

Plus d’informations : https://www.editions-emmanuel.com/catalogue/couples-de-foi-et-de-feu/

Raphaëlle Simon – Imparfaite et débordée, chroniques d’une maman d’aujourd’hui

Raphaëlle simon 1ère de couv

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Ces petites histoires issues de mon quotidien de mère de famille, sans me départir de mon œil de journaliste, ont été écrites au fil du temps, sous forme de billets pour le site internet de Famille chrétienne. Je n’avais pas l’idée d’en faire un livre, mais en relisant ces chroniques, j’ai réalisé que certains sujets émergeaient, ou revenaient de manière récurrente, et pouvaient continuer de susciter l’intérêt.

Sentinelles de l’Invisible, veilleuses de la vie, gardiennes du temps, les femmes sont aussi celles qui, jour après jour, se donnent. Elles éprouvent fatigue et dispersion, et ont besoin de ressourcement, d’unité, d’intériorité, d’amitié. Celles qui sont chrétiennes oscillent entre le désir de perfection, et la tentation du découragement, mais se savent filles bien aimées du Père, appelées à la sainteté, au cœur même de leur quotidien.

Retrouvant leur centre, leur identité, leur vocation, elles pourront envisager l’œuvre d’éducation comme une manière de faire grandir, avec bienveillance et gratitude.

Prenant leur place dans la société comme citoyennes et comme chrétiennes, les mères sont reliées aux autres dans une ouverture aux souffrances, aux beautés et aux défis du monde contemporain.

Extrait :

Voilà, c’est décidé, je m’accorde une journée de « désert » dans mon mois (mon moi ?) trop encombré. Une page blanche sur mon agenda. Et un rendez-vous illico dans une maison de prière tenue par des religieuses. Cette halte spirituelle, j’en rêve depuis longtemps et attends avec impatience ce temps de repos, de silence et de prière, déchargée de toute obligation.

Le matin du jour dit arrive, et voilà qu’une foule de prétextes viennent freiner mon désir premier : est-ce bien raisonnable de tout planter là pour une journée ? A quoi bon finalement ? Que vais-je faire pendant cette plage vacante ? N’est-ce pas une perte de temps ?

Je fourre dans mon sac plus de livres que je ne pourrai en lire – la peur du vide sans doute – et décide de partir quand même…

Sur le coup, rien d’extraordinaire ne se produit : une journée libre, pendant laquelle j’essaye de lâcher mon quotidien et de me présenter devant Dieu. Silence, méditation, prière, repos aussi. Les fruits viendront plus tard. Une foule d’idées pour un projet sur lequel j’avais peiné longtemps sans aboutir, des rendez-vous que je n’attendais plus et qui se dégagent au bon moment…

Le désert demande toujours un effort : quitter ses habitudes, marcher vers l’inconnu, risquer de se perdre dans l’immensité, accepter le creux, éprouver la soif… et s’apercevoir qu’on est parti trop chargé. Mais le désert est aussi le lieu de la rencontre avec Dieu, qui n’est « ni dans l’ouragan, ni dans le feu, ni dans le tremblement de terre, mais dans la brise légère » (1, R 19, 12)

De même que chez l’enfant, les périodes de régression et de « latence » précèdent souvent un grand bond en avant ou des progrès inespérés, de même il faut passer par le désert et en avoir éprouvé l’aridité pour en mesurer la fécondité.

Imparfaite et débordée, chroniques d’une maman d’aujourd’hui, Salvator, 2016

Raphaëlle Simon est journaliste.