Jean Lavoué – René Guy Cadou, la fraternité au cœur (avec des aquarelles de Bernard Schmitt)

Le mot de l’auteur :

René Guy Cadou (1920-1951) est un poète à la puissance d’éveil sans pareil. D’où lui vient une telle fécondité ? Ce livre chante sa profonde fibre fraternelle. Il fait l’éloge de son étonnante liberté intérieure. Sa vie, son œuvre, telles une comète, ont laissé une trace impérissable dans le cœur de beaucoup. Solidement ancré dans le bocage du pays nantais, avec sa femme Hélène il rayonne aujourd’hui encore au firmament de la poésie française. Ce récit explore les sources de ce destin hors du commun. Il propose des clefs pour saisir la force poétique et spirituelle de cet homme mort jeune mais cependant à jamais présent.

Ce livre vient honorer le centenaire d’une naissance dont nous ressentons, aujourd’hui encore, l’ardente nécessité et la joyeuse nouveauté ! 

Extrait :

Il est un motif moins directement lié à l’œuvre poétique de Cadou qui me fait aussi m’aventurer en ces terres incertaines. C’est qu’il est pour moi un témoin privilégié de ce qu’être habité par le mystère de l’Autre signifie et signifiera de plus en plus en ces temps de croyances vacillantes. D’un bout à l’autre de sa vie, il sera travaillé par la question de Dieu et sa vision ne cessera de se transformer. Avec cependant une belle constance pour l’essentiel : oui au Dieu qui a gravé ses doigts d’amour dans cette terre, et dont bien des pages de l’Évangile sont le pur poème ! Non aux échafaudages métaphysiques cherchant au-delà du réel une perfection qui ne saurait être que mentale et conceptuelle ! Trop éloignée de l’âme poétique de Cadou. Pas de grands rituels extérieurs donc, pas de hiérarchies célestes ou terrestres mais cette assurance d’une main tenue qui ne quitte pas la vôtre, quels que soient les ombres et les brouillards du chemin.

« D’aucuns auront pu s’étonner, écrit Louis Guillaume, qu’il puisse être à la fois chrétien d’inspiration et révolutionnaire d’idées. Il était trop en contact avec la terre des hommes, des bêtes et des plantes pour accepter l’iniquité de notre régime. Il était trop près du ciel pour ne pas croire à cette religion  qu’il rêvait. Ce sont les  René  Guy  Cadou  du monde qui font Dieu. »

 Cadou est une sorte de croyant en cette terre prenant au sérieux l’amour qu’il éprouve pour ce mystère qui l’étreint. Tout pour lui en porte le signe : la beauté et la fragilité du monde, la tendresse de la femme aimée, la musique du poème, la voix confiante des amis… Où chercher ailleurs les traces de cette Présence dont nul dogme, nul concept ne saurait envisager l’ardente proximité ?

C’est ce témoin du Verbe que nous voulons aussi solliciter sans relâche chez Cadou dans ces pages. Cette manière unique de faire résonner, hors tout contexte religieux, et j’allais dire hors croyance, cette foi première dont tout homme est le berger. Chez lui, comme l’écrit Robert Sabatier, « les recherches esthétiques s’abolissent pour que la poésie reflète les émotions d’un homme devant les manifestations de la vie, devant le réel qu’il reçoit avec une humilité passionnée, qu’il transcende par un surréel empreint de religiosité hors de tous les dogmes. » C’est en cela qu’il est sans doute l’un de ces petits prophètes dont notre monde aujourd’hui a tant besoin pour s’affranchir des rigidités doctrinales sans pour autant rejeter cet élan intérieur qui fait de chacun un mendiant d’amour et de silence.

Éditions L’enfance des arbres

À paraître au 1er octobre 2019

Pour toute commande du livre, directement sur le site de l’éditeur, ou en contactant l’auteur. Voir liens ci-après :

Site web éditeur : https://www.editionslenfancedesarbres.com

Mail de l’auteur : jlavoue@gmail.com

Video de présentation du livre

Je cherche un homme en moi à qui parler René Guy Cadou« J'ai cherché à comprendre d'où venaient les accents si sincères, si profonds et si lumineux qui traversent la poésie de René Guy Cadou : où avait-il puisé de telles ressources de création fraternelle qui, malgré l’épreuve de la maladie et son départ si prématuré, auront fait de son existence et de son œuvre une « vie entière », une vie donnée ?Je me suis laissé saisir par l’étonnante modernité spirituelle de cette existence vouée à l’écoute intérieure, à la poésie et au chant. » Jean Lavoué A paraitre au 1er octobre 2019 : René-Guy Cadou la fraternité au coeur, par Jean Lavoué.Éditions L’enfance des arbres, 300 pages, Prix public : 20 euros.Pour toute commande (frais de port 3 euros, 5 euros à partir de 2 exemplaires)——————————————————————————————–NomPrénomAdresse postaleAdresse mailà Jean Lavoué – L’enfance des arbres, 3 place vieille ville, 56700 Hennebontjlavoue@gmail.comhttps://www.editionslenfancedesarbres.com

Publiée par Jeanne Orient sur Mardi 3 septembre 2019

Didier Ayres – Néant

Le mot de l’auteur :

Recherche de l’homme intérieur : voilà en quoi, ce livre Néant, m’a conduit comme en une quête. J’ai procédé lentement, durant plusieurs années, à réduire mon propos à l’ “étantité” de cet homme intérieur, le mien qui ressemble à celui de tous les autres. Il m’a fallu donc resserrer, aller vers l’essentiel, sans éviter une forme d’ascèse, de contemplation du dedans rendue par des termes simples et qui reviennent comme en une obsession. Le néant est ici la dernière visée du livre, lequel cherche dans le peu, la seule expression spirituelle qui vaille pour un livre.

Extrait :

C’est par la clarté que commence mon chemin. Car je suis pareil à des eaux, des miroirs. Par nature. Je ne me distingue que par la description. Je sais que je suis hôte, passager de cette nef, voyageur d’un séjour bref. Le reste du chemin demeure ténébreux et incomplet. Avancer ainsi, dans la matière si blanche de la page, est une vraie métaphore. Me savoir par moitié parcouru, et par l’autre parcourant, reste du registre du mystère, de l’énigme.

Cette part d’obscurité, cette route aveugle devant moi, ressemble toujours à la part inconnue – un ailleurs que le langage ne saisit pas complètement. Autrement dit, il ne me reste que le caractère énigmatique de tout langage qui se prononce…. Ce qui me sauve de la ténèbre, c’est le poème, la page et la description. Ce qui m’agrandit, multiplie ma vision.

TARABUSTE EditeurJuin 2019

Didier Ayres est né le 31 octobre 1963 à Paris et est diplômé d’une thèse de troisième cycle sur B. M. Koltès. Il se consacre principalement à la poésie. Il a publié essentiellement chez Arfuyen. Il écrit aussi pour le théâtre. L’auteur vit actuellement en Limousin. Il dirige la revue L’Hôte avec sa compagne. Il gère les ateliers d’écriture créative à l’université. Il chronique sur le web magazine La Cause Littéraire et Recours au poème.

http://www.m-e-l.fr/didier-ayres,ec,796

Pauline Dumail – La vie est un parfum, respirez-là !

Le mot de l’auteur :

Il y a 10 ans, j’ai commencé à écrire une histoire.  Un hommage à nos cinq sens, et plus particulièrement au sens olfactif. Mais j’étais alors une néophyte.

Quelques années plus tard j’ai découvert l’olfactologie ou le pouvoir émotionnel des senteurs. De magnifiques rencontres s’en sont suivies, et une nouvelle palette que j’ai construite, et construis encore de jour en jour.

L’histoire s’enroule autour de 4 parfums que nous avons créés avec Valérie Autard, un « grand Nez » d’aujourd’hui. Quatre créations au plus proche des personnages, dans une liberté absolue, belle et grisante, entre fiction et réalité…

L’écriture m’a emmenée dans le monde des parfums, mais aussi dans d’autres domaines tels que la science, l’enseignement, l’environnement, l’économie, la spiritualité, autant de sujets qui ont provoqué lectures, rencontres et engagements de ma part sous diverses formes.

Extrait :

Le futur lointain – les retrouvailles

Un nouveau rêve passe au-dessus de Tara. Son épuisette à l’œuvre, elle découvre avec joie que c’est Celle qui Voit Loin qui lui rend visite.

– Bonjour Tara…

– Que c’est bon de te sentir près de moi. Les messages que j’ai reçus me disent que je dois sortir de la Terre, mais je ne suis pas prévue dans l’expédition…

– Mais tu n’as pas besoin du vaisseau pour y aller Tara. Tu as déjà voyagé dans l’univers beaucoup plus loin que ça !

– Oui, mais je me laissais porter, ce n’était pas moi le pilote.

– Bien sûr que si c’était toi. Tu as atteint un niveau aujourd’hui qui te permet de faire ce voyage. Il te coûtera de l’énergie, beaucoup d’énergie, mais tu peux le faire. Pour cela il te faut élever ta vibration.

Éditions Kawa, 2017

Pauline Dumail est aromathérapeute et créatrice de parfums

http://paulinedumail.com/index.php/litterature/

Robert Jean-Daniel – Prédelle, bandeau & Cie

Le mot de l’auteur :

Il y a déjà quelques années que je vais régulièrement à St-Hugues-de-Chartreuse, avec toujours un plaisir renouvelé de m’arrêter devant chacun des tableaux, des sculptures et de l’agencement général de l’église de St-Hugues. J’y ai souvent accompagné des équipes de catéchètes, une chorale ou l’autre, des équipes pastorales, etc. L’œuvre d’Arcabas n’en finit pas de me dire du neuf, de m’ouvrir à d’autres questionnements. Et surtout, c’est tout simplement BEAU ! 

Dès lors, est monté en moi la nécessité de dire avec des mots ce que je vois et ce que cela évoque en moi. En plus, j’ai pu avoir quelques commentaires par Arcabas lui-même et sa théologie me parle particulièrement. D’ailleurs elle transparaît dans son œuvre. 

Extraits :

Effets de serres financières

À Saint-Laurent-du-Pont la danse est morte. Arrivent sans le vouloir des vallées qui menacent d’être belles. Arrivent les montagnes aux yeux vairons, leur alternat de sommets gris et jaunes, céruléens et entourloupés de blanc. Les neiges s’escriment à demeurer entre taches de verdures. Bravement. Elles jouent les prolongations. Absentes en hiver, elles se rattrapent en pestant contre les suies d’en bas. Petites causes et grands effets. Ou l’inverse, elles ne savent plus.

Détroits de pierres

Nous remontons les eaux avec cette oppressante impression de faire le Guiers. Jamais elles n’ont porté nom aussi clairement. Vif ou Mort.
La montagne est fendue à la hache du gel et des rivières.
Le ciel est perdu de vue et perd les eaux. Il faudrait un arbre tombé, pour retrouver le sens d’un horizon.

Éditions des Sables, collection « Rose des sables », Mars 2019

Patrice Obert – Nouvelles Fantasmafictioniriques

Le mot de l’auteur :

Il s’agit de mon deuxième recueil de Nouvelles. Le premier s’intitulait Emotions du quotidien. Avec ce nouveau recueil, je m’aventure dans des zones moins attendues. Une femme entre dans un homme, un torrent surgit d’un ventre et se répand dans la ville, une infirmière plonge son bras dans le trou d’un malade, un homme prépare le 50ème anniversaire de son épouse infidèle, une femme constate une poussière de peau sur le nez de son ami, un étudiant chinois tombe amoureux d’une jeune fille qui se dissimule dans les herbes de la Cité U, un homme fait son footing en bord de mer… Autant de détours pour entraîner dans un univers inattendu, entre fantasme et fiction, dans ces failles, souvent sensuelles, où surgissent les rêves et où se reformulent les vraies interrogations de l’existence.

Pour le militant que je suis, tellement engagé dans l’action et la réflexion, ces nouvelles m’ont apporté un espace/temps de liberté et d’évasion…l’essentiel ?

Extrait de la nouvelle LES GANTS

Un soir, me dit-il, sa maman lui avait expliqué la tradition juive. Les dix doigts des mains correspondaient aux dix commandements gravés par Dieu sur les deux tables de la Loi. Les cinq doigts de la main droite, celle de la miséricorde, représentaient les cinq premiers commandements qui régissaient les rapports de l’humain au Dieu créateur du ciel et de la Terre. La main gauche était celle des rigueurs. Ses doigts symbolisaient les cinq derniers commandements qui organisaient les relations des hommes entre eux et faisaient de l’humain le responsable de l’avenir de l’humanité. Ils lui offraient le choix entre le bien et le mal. Elle avait ajouté, compléta-t-il d’une voix basse, qu’il n’y avait pas de paix sans justice, ni de justice sans pardon.

Éditions La lampe de chevet, Mars 2019

Brigitte Maillard – La simple évidence de la beauté

Le mot de l’auteur :

La beauté du monde est un appel et l’homme cet être de langage y répond de toute son âme. François Cheng

Ce livre, La simple évidence de la beauté,  paru en 2011 aux éditions Atlantica, est une nouvelle édition revue et augmentée. Il est un hommage aux paysages de Bretagne que nous offre le Finistère. Paysages intenses dont la Baie d’Audierne est l’un des joyaux. La splendeur de ces lieux nous aide à être présents au monde, sous une autre lumière. Un jour, sur une plage de la Baie d’Audierne, la beauté s’est emparée de tout mon être. Inoubliable instant car  la beauté a quelque chose d’incroyable à nous dire. Derrière ce monde respire un autre monde…  Cette expérience m’a éclairée. J’ai voulu la traduire en poésie. C’est cela la vraie beauté de la poésie : au lieu de parler de ce qui est, elle chante quelque chose qui est infiniment plus élevé que la réalité et qui pourrait lui ressembler d’avantage : Ivan Tourgueniev 

Ainsi est né en 2011 La simple évidence de la beauté, mon premier recueil aux éditions Atlantica, présenté aujourd’hui dans cette nouvelle édition accompagnée de photographies de ces paysages, fruits de la lumière et de la beauté de notre regard…

Extrait :

Un vent étonné sort de l’être

Poussé par l’étrange

Échevelé comme la mer

Je suis vêtue d’espace

Le temps se replie

Ses baisers me vont droit au cœur

Après avoir défait mon corps

On n’est pas ce qu’on veut être

On naît au fil de soi

Visage à découvert                                                

Souffle du vent

Pensée du monde

La vie revient

Elle est belle

Unique

Semblable à la mort ineffable

Je m’origine plus loin

Au-delà de toute cette histoire

Barbare et solennelle

Plonger dans la nuit noire

Enveloppé de désir

Au loin un ciel en feu

Au cœur un chant d’étoiles

Plonger dans la nuit noire

Y laisser tout son corps

Et surgir des limites

Inondé de lumière

Editions Monde en poésie