Yann Rollo Van de Vyver et Jigmé Thrinlé Gyatso – Himalaya, Népal, Ermitages en pays Sherpa

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Consacré aux ermitages du maître bouddhiste tibétain Shri Sengdrak Rinpoché et à sa jeune « réincarnation », à la vie simple des habitants des montagnes de la frontière népalo-tibétaine et aux conséquences des tremblements de terre survenus en 2015 au Népal, ce beau livre de photographies et de textes bilingues français/anglais est le fruit d’une collaboration de longue haleine entre le photographe et auteur Yann Rollo van de Vyver et le moine bouddhiste et poète vendéen Jigmé Thrinlé Gyatso (Yves Boudéro). Le Dalaï-Lama signe l’avant-propos et Matthieu Ricard en a écrit la préface. L’historien Laurent Deshayes y présente la tradition érémitique depuis le Bouddha jusqu’à nos jours, Jigmé Thrinlé Gyatso relate la vie de son maître spirituel ainsi que l’histoire de sa lignée et Yann Rollo van de Vyver, par ses clichés, immortalise les traditions de tout un peuple. L’ouvrage propose au lecteur un quadruple voyage :

– Extérieur, dans les montagnes du Népal et à la frontière du Tibet en compagnie de l’ethnie Sherpa et en présence du monde monastique du bouddhisme tibétain.

– Intérieur, par l’ouverture à une compréhension philosophique de la vie et par l’accès à la connaissance du bouddhisme grâce à un riche glossaire.

– Symbolique et artistique, à travers une présentation iconographique et statuaire soigneusement décrite et rythmée par quelques calligraphies tibétaines.

– Ultime, par l’évocation d’une sagesse universelle et plusieurs fois millénaire.

Extrait :

Avant-propos de Sa Sainteté le Dalaï-Lama :

Sengdrak Rinpoché, Ngawang Gyurmé Chökyi Gyaltsen, fut un maître exemplaire qui, presque toute sa vie, mena l’existence d’un moine ermite. Je le connaissais personnellement et il m’impressionnait par son humilité et son engagement pour la pratique. Il était un de ces maîtres appartenant à la tradition qui veut que pour guider les disciples une instruction particulière soit pratiquée jusqu’à ce qu’ils en aient l’expérience spontanée. Alors seulement, ils sont introduits au niveau d’instruction suivant. C’est cette manière de diriger les disciples qui prévalait autrefois au Tibet. […] Avec l’exil, la diaspora tibétaine s’est étendue à de nombreux pays, particulièrement en Inde et au Népal. Sengdrak Rinpoché et ses disciples fondèrent leurs ermitages sur la frontière népalaise, proche du Tibet, pour y vivre et pratiquer en paix. Je suis heureux que ce livre sur la vie simple de Sengdrak Rinpoché et de ses disciples ouvre une fenêtre sur une existence faite de simplicité, de contentement et dédiée à la pratique du Dharma. Tenzin Gyatso, Quatorzième Dalaï-Lama, Le 27 février 2018.

Éditions de l’Astronome http://www.editionsastronome.com

Jigmé Thrinlé Gyatso – L’épine et la fleur

Pourquoi j’ai écrit ce livre :  

La réponse est contenue dans le livre. La réponse est le livre lui-même !
Mais pour répondre de manière plus conventionnelle, je dirais que ma poésie tente d’amener le lecteur à comprendre que l’expérience du réel et l’expérience de l’esprit ne sont pas deux.
Contrairement à mon précédent livre, Présence des fougères, celui-ci a commencé par l’évidence du titre, L’épine et la fleur. Ainsi parfois le titre initie le livre, d’autres fois c’est l’inverse.
Il s’agit ici d’un seul poème qui, à la manière d’une suite musicale ou philosophique, s’élabore, s’improvise ou se décline autour du titre, ici et là par sérendipité comme le poème y fait une fois allusion…
C’est d’ailleurs aussi à partir du titre uniquement que j’ai demandé à l’ami plasticien Gérard Haton-Gauthier de bien vouloir me faire une série de quelques encres. Quel étonnement de constater la correspondance flagrante entre ses sept encres et mon texte !
L’épine et la fleur représentent, entre autres choses, deux facettes de notre humanité. Mon écriture part souvent de la nature pour aller vers l’esprit, tout en développant une certaine critique du comportement de l’humanité vis-à-vis de la nature ainsi qu’une mise en évidence de notre ignorance de la nature de l’esprit.
Je cherche aussi à ce que l’aspect didactique de la pensée soit sublimé par la poétique afin d’amener à une expérience intérieure en même temps qu’à l’expérience du réel dans sa singularité — ici par des références à la côte vendéenne avec sa faune et sa flore — et dans son universalité.
L’épine et la fleur est suivi du poème Charlie s’en tire toute la vie avec le dire et le rire, écrit les 9 et 10 janvier 2015. Trois ans après les attentats de Paris, ce texte reste d’actualité, mais sa part universelle est plus flagrante avec le recul.

Extrait :

tout est là
dans le cœur
épine et fleur

l’épine est pensée
de même la fleur

hors la pensée
où est l’épine
où est la fleur ?

même l’expérience
de l’épine n’est pas l’épine

même l’expérience
de la fleur n’est pas la fleur…

[…]

au cœur du tourbillon enivrant
de la danse cosmique
et microscopique
se cache l’épine
de l’inconnaissance
dont s’émancipe
le corps-esprit
qui s’épanouit
loin des arguties

Éditions de l’Astronome, Mars 2018.

Moine bouddhiste et poète, Jigmé Thrinlé Gyatso a vécu 14 ans en communauté puis 14 ans en retraites solitaires en France et dans l’Himalaya. Auteur d’une douzaine d’ouvrages (http://www.editions-astronome.com/auteur/lama-jigme-thrinle-gyatso/), il vit en Vendée et partage son expérience spirituelle lors de retraites de méditation collectives et lors de conférences en France et en Europe.