Voeux 2019 de la Présidente d’Écritures et Spiritualités

Au nom de l’association, je vous adresse à chacune et chacun mes vœux très chaleureux.

Que cette année nouvelle porte nos écritures vers une humanité plus grande, dans le soin de Dieu, de la terre et des hommes. 

Nous aurons la joie de découvrir la beauté et la diversité de nos créations, lors du Salon du Livre qui se tiendra le 1er décembre au Collège des Bernardins, et tout au long de l’année, au cours de rencontres littéraires et poétiques autour de nos auteurs.

Que 2019 soit pour nous tous œuvre de paix, de confiance et de partage.

Christine Ray, Présidente

Olga Votsi – L’escalier, Poèmes métaphysiques

Présentation et traduction du grec moderne par Bernard Grasset, Châtelineau (Belgique)

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Il y a près de 20 ans, Renée Jacquin, traductrice et ancienne rédactrice en chef de la revue de culture hellénique Ho Lukhnos, m’adressait, tapés à la machine à écrire, les poèmes d’Olga Votsi qui avaient été refusés par son éditeur, non pas en raison de leur qualité littéraire moindre mais parce qu’ils avaient été jugés trop mystiques. Regrettant leur absence de son anthologie, elle me les confiait, comme d’aucuns jettent une bouteille à la mer. Après les avoir lus, j’ai rangé soigneusement ces poèmes et laissé le temps du mûrissement passer. Quelques années plus tard, j’en ai proposé la publication d’extraits en revues. Comme je les relisais, je me disais qu’en retravaillant la langue de traduction de Renée Jacquin, on pouvait donner encore plus de force poétique à ces poèmes d’Olga Votsi. Par ailleurs le qualificatif de mystiques ne me semblait pas réellement approprié : c’étaient plutôt des poèmes de nature métaphysique qui cherchaient derrière la nature le souffle de la surnature, par-delà le fini l’infini.

Si je connaissais le grec ancien, appris à l’âge adulte, j’ignorais le grec moderne qui en est assez différent. Me plongeant dans l’étude, avec dictionnaires et grammaires du grec moderne, j’ai retraduit les poèmes qui m’avaient été confiés et auxquels j’ai ajouté d’autres poèmes choisis librement dans les œuvres poétiques complètes d’Olga Votsi. L’ensemble a été réuni sous le titre de L’escalier, Poèmes métaphysiques. Tout en me montrant attentif à la lettre, je me suis efforcé de restituer le souffle poétique d’Olga Votsi, figure originale et authentique de la poésie grecque contemporaine.

Extraits :

Il y avait l’amour[1]

Il y avait le merveilleux battement de grandes ailes,

entouré comme d’une quiétude céleste,

la fleur unique qui vibrait contre le mur du Malheur.

Il y avait l’amour de l’homme.

Une infime ligne blanche comme écume, passagère,

emporte aujourd’hui en son miracle de vie le Malheur rebelle

qui voulait tout entier se cacher dans sa tendre clémence,

sa pure blancheur,

pour se métamorphoser, lui aussi, en blanc dans l’aube nouvelle.

[1] L’Estrade (1988).

Le grand infini[2]

Dans les cavités des grottes,

les sombres anfractuosités des rochers,

sous des ombres gigantesques

brillent par milliers les yeux de la vie,

or inestimable,

silencieuse mer stellaire.

Sans voix, ils restent immobiles

à travers les brèches des ténèbres,

dans leur silence de miel,

la muette fougue de l’émerveillement,

car au fond d’eux se sont arrêtés

le Grand Infini,

le Vaste Monde.

[1] Poèmes épars (1994).

Liberté[3]L

Dans la vaste mer de ta liberté tu vogues

avec pour unique voile ton âme,

ta volonté.

Ton ami de toujours, le ciel,

ne t’abandonnera jamais,

jamais dans les rochers ne t’écrasera.

[1] Poèmes épars (1995).

Éditions Le Taillis Pré – 2018


Vincent Morch – À la recherche du Dieu vivant

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Le sens de toute existence tient à la quête de la vie en plénitude. Ce que, tous, nous recherchons, c’est de nous sentir pleinement vivants.

Mais, immédiatement, des questions surgissent. Qu’est-ce qu’être pleinement vivant ? Comment se fait-il que nous n’ayons pas accès à cet état de façon spontanée ? Et, surtout, comment l’atteindre ?

Depuis que les êtres humains ont accédé à la conscience d’eux-mêmes, ils ont apporté à ces questions des réponses très variées. La culture occidentale contemporaine, comme toutes les autres, tente de répondre à ces interrogations. Comme toutes les autres, elle valorise tel ou tel aspect de l’existence, telle ou telle expérience, et les désigne comme des clés, ou des portes d’entrées, vers l’expérimentation de la vie absolue.

Néanmoins, à mon sens, deux grandes caractéristiques la distinguent : elle s’est détachée de tout référent transcendant et place son espérance dans les progrès des technologies.

Autrement dit, le salut ne peut que s’accomplir ici-bas, et il prend de plus en plus la forme d’une sacralisation absolue de la subjectivité. Comme un petit dieu aristotélicien, il s’agit de jouir de soi-même sans entrave, dans une pleine transparence de soi à soi. Tout ce qui peut venir troubler cette jouissance narcissique doit être, d’une manière ou d’une autre, congédié.

Quant au second point, il engendre désormais des comportements hautement contestables : les progrès des biotechnologies permettent désormais d’appliquer sur l’enfant à naître, dès le premier stade de sa conception, des grilles de lecture permettant de juger a priori ce que serait son « potentiel de bonheur » – de décréter s’il a, ou non, le droit de voir le jour.

Mais qu’en sait-on en réalité ?

Au nom de quoi s’arroger ce droit de vie et de mort ?

Car, au fond, la conception de la vie qui permet de trancher si radicalement le fil d’existences n’ayant pas même eu le temps de prendre forme reste largement non questionnée.

Plutôt que de me consacrer à une entreprise critique, j’ai préféré m’atteler à une tâche qui me paraissait beaucoup plus belle, et plus constructive : m’interroger sur la manière dont la tradition judéo-chrétienne conçoit la vie du Dieu qu’elle révère, ce Dieu qu’elle désigne régulièrement comme le « Dieu vivant ». Car s’interroger sur la manière dont ce Dieu est vivant, c’est s’interroger sur la vie que, selon cette tradition religieuse, nous sommes tous appelés à partager – une vie qui accomplit notre dimension relationnelle.

Extrait :

La source de notre personne n’est pas en nous-mêmes : elle est dans ce regard d’amour que rien ne peut rebuter, dégoûter ou décourager. Fonder l’universalité de la réalité personnelle des humains ne réside donc pas dans la simple croyance que tout être humain est une personne – car il est en effet, dans certains cas, bien difficile de le croire – mais dans la croyance que quelqu’un portera toujours sur lui un regard d’amour inaltérable. S’ancrer dans cette croyance fait que si nous pouvons douter que tel ou tel est une personne, nous ne doutons pas qu’un autre que nous le (re)suscite en permanence ainsi. Cet « Autre » constitue le principe et la source de tout « être en relation », quand bien même il n’aurait jamais pu articuler la moindre parole, ou conçu la moindre pensée.

Éditions Salvator, Août 2018

Jean Lavoué – Quatre recueils poétiques

 

Pourquoi ces recueils :

Ces quatre recueils rassemblent les poèmes partagés au jour le jour sur les réseaux sociaux et sur mon blog L’enfance des arbres www.enfancedesarbres.com ces dernières années.

Levain de ma joie

…est une sorte de journal poétique de l’année 2017-2018. Ce recueil est enrichi de pastels de Nathalie Fréour. Il est préfacé par Yves Fravalo.

Fraternité des lisières

…rassemblent des « poèmes pour la paix » faisant référence aux attentats qui depuis 2015 ont marqué la France, à la question des migrants, à l’avenir de la planète… Ce recueil est illustré de gravures de Mary-Françoise Hachet de Salins

Chant ensemencé

…est le récit, au cours de l’année 2017, d’un apprivoisement de la maladie. Ce recueil est accompagné d’une lecture, poème par poème, d’Yves Fravalo. Des dessins noirs de Nathalie Fréour illustrent ce recueil.

Nous sommes d’une source

…est un parcours poétique et spirituel inspiré par la source évangélique. Ce recueil est enrichi de gravures de Serge Marzin.

Extraits :

Quand tu reviens de loin
Telle une arche sauvée
Dans la sève des arbres
Le ciel est toujours bleu
(Levain de ma joie)

J’aime les sourciers
Qui percent le secret des mondes
Echappent aux croûtes mortelles
Aux rigidités stériles
Aux sécheresses exemplaires
(Chant ensemencé)

Si tu veux fleurir au printemps
Ô mon frère
Fais comme l’arbre en hiver
Assouplis tes croyances
Allège ton credo
(Nous sommes d’une source)

S’ils t’amenaient à douter
De l’humanité qui est en toi
Alors ils auraient réussi leur crime
(Fraternité des lisières)

Éditions L’enfance des arbres, 2018

Vidéo de présentation :

 

Quelques échos…

Pierre Tanguy 

C’est encore une fois le Chant qui domine dans ce livre, chant synonyme de vie en plénitude que le poète François Cheng salue chez Jean Lavoué. « Ce vrai chantre, ce grand témoin, à l’heure indécise, bien avant l’aube, nous arrache à notre sommeil ». 

Geneviève de Simone-Cornet

Un livre bouleversant de lucidité et d’abandon. Jean Lavoué est fragile mais vivant encore, et il nous donne «jusqu’au chant du silence/le grain de la parole/en semence de vie/en levain de la joie». A nous de tendre l’oreille. 

Sylvie Reff

Un grand merci de votre bouleversant Chant ensemencé ! J’avoue que cette lecture m’a renversée…Vous avez rédigé en état d’incandescence, offert à la pureté de cette parole qui vous traverse. Cruel de songer au prix de sa beauté. 

Jean-Claude Coiffard

Oui, l’essentiel, voilà ce à quoi nous nous amène toute la poésie de Jean LAVOUE. Voilà vers quels signes nous entraînent les mots du poète, vers les graffitis de la joie. Vers la clameur des sources. Vers l’eau pure des fontaines. Vers les larmes de l’enfance éclairant les jardins de la nuit. 

Yves Fravalo

L’écriture pour Jean Lavoué, on le voit, n’est pas une occupation seconde, une occupation de loisir, elle est au cœur de sa vie, elle est le cœur de sa vie, elle constitue proprement sa façon d’être au monde.

Joseph Thomas 

Poète et sourcier de l’âme, Jean Lavoué est une plume fraternelle, toujours transparente. Il vous rejoint dans vos propres fragilités, inquiétudes et doutes. Il vous embarque dans la belle fraternité des poètes… C’est ainsi qu’il célèbre la vie quotidienne  et éternelle.

Gilles Baudry

Tu es un écrivain majeur en Bretagne. Ce qui me touche, c’est que c’est le poème (et non la prose) qui vient te prendre par la main… La poésie est vraiment ce qui demeure quand tout semble s’amenuiser et qui nous arrache à l’inessentiel.

 

Sophie Barut – Je rentrerai avant la nuit

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Croire en l’avenir. Aimer l’instant que nous vivons. Comprendre les règles du jeu. Beaucoup de mystères que je tente d’aborder dans ce témoignage. Vingt-cinq ans, jeune mariée et architecte d’intérieur, l’avenir était tracé. Jusqu’à ce que mon mari Cédric, parti à vélo, percute une Corsa noire…. « Je rentrerai avant la nuit » m’avait dit Cédric. Il est rentré oui, à l’hôpital et dans le coma. Une nouvelle vie à accepter, à reconstruire, à espérer… un second souffle à demander ! Je  raconte ainsi comment notre vie conjugale a repris avec un mari au comportement différent certes, mais profondément le même. « J’essaie de me battre contre les handicaps de mon mari, avec lui, non pas me battre contre lui, voilà l’enjeu ! » Des moments de doute, de colère, de révolte, qui toujours ont pu déboucher sur un chemin d’espérance, de patience et de confiance. « Tu vas te battre pour moi et je me battrai pour toi ».

« J’aurais aimé entendre une épouse de traumatisé crânien expliquer que le bonheur est encore possible, que l’amour peut tout […] Et aussi que Dieu ne nous abandonne jamais, qu’il faut apprendre à ne jamais lâcher sa main, jamais, que la vie reste belle au milieu de cette terrible épreuve, qu’il faut laisser le temps au temps et ne pas s’angoisser pour un avenir qu’on ne tient pas »

Extrait :

«  Cet accident nous a fauchés en plein vol, stoppés net dans notre histoire d’amour naissante. Il a fallu construire sur de nouvelles bases, tellement inattendues et déroutantes. Tout était à découvrir.

Pas à pas nous avons avancé. Main dans la main. Yeux dans les yeux. Jour après jour.

Lorsque tu voulais tout laisser tomber, je te suppliais de te battre par amour pour moi, parce que nos vies étaient inexorablement liées et que mon bonheur était de te voir sourire. Ton désespoir m’aurait submergée. Alors tu te relevais et par amour tu reprenais le combat, pour me donner une belle vie, pour nous donner une belle vie.

Si nous avions su ! Si nous avions su il y a vingt ans toutes les batailles qui nous attendaient, nos nuits sans sommeil, notre énergie dépensée, notre travail remis cent fois sur le métier, nous serions peut-être tombés d’épuisement avant même de commencer. Mais nous aurions surtout sauté de joie en voyant quels cadeaux la vie nous réservait, et quelles belles victoires nous allions remporter…

Si nous avions pu voir où ce combat allait nous mener, nous l’aurions sans doute remporté avec plus d’ardeur et de force encore. 

C’est cette ardeur, c’est cette force que j’aimerais transmettre maintenant, pour que jamais ne s’éteigne la petite flamme de l’espérance. »

Éditions Nouvelle Cité, 1er mars 2018

Sophie BARUT, architecte d’intérieur, épouse de Cédric, devenu handicapé à la suite d’un traumatisme crânien. Elle signe ici son premier livre. Elle apporte régulièrement sa contribution à l’Office Chrétien des personnes Handicapées (OCH).

Lire ci-après le communiqué de presse des Éditions Nouvelle Cité concernant ce livre :

Communiqué de Presse

 

Florence Bosviel – Et toi Grand-mère, en quoi tu crois ?

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

La nécessité d’écrire ce livre s’est soudain imposée à moi, comme une évidence ! L’écriture fait partie de ma vie depuis de longues années. Et les circonstances familiales ont fait le reste.

Chrétiens tous les deux, mon mari et moi avons élevé nos enfants dans la foi qui est la nôtre, considérant qu’elle était un pilier de vie essentiel. Ceux-ci ont fait de même avec leurs propres enfants. Avec une exception pour notre dernier fils, dont la femme est musulmane : ils ont choisi d’accompagner leurs filles, encore petites, dans les deux traditions, et de les laisser choisir plus tard.  

Mais les temps ont changé. Six de nos petits-enfants baptisés ont aujourd’hui entre 27 et 16 ans. Leurs positionnements sont très variés, mais ils ont majoritairement pris leurs distances par rapport à la foi de leur enfance. J’ai vraiment senti que pour le fossé se creusait : ils avaient grandi, et leur foi n’avait pas évolué avec eux. Ce constat a fini par m’interpeller profondément.

Pour toutes sortes de raisons, notamment du fait d’un certain éparpillement géographique, nous avions vraiment peu l’occasion d’approfondir le sujet. Qu’à cela ne tienne : les mails et les échanges par WhatsApp allaient effacer l’obstacle matériel. Restait à cerner les obstacles spirituels : je leur ai donc proposé de m’envoyer toutes les questions qui jouaient en eux le rôle de frein, de désintérêt, d’incompréhension, voire de révolte…

Je m’engageais bien sûr à leur répondre. Mais je leur demandais surtout de me renvoyer ma copie lorsque mes réponses leur sembleraient peu pertinentes, insuffisantes, voire obscures… car ils allaient être les premiers lecteurs de ce qui, dans mon esprit, pouvait devenir un livre. L’aventure aurait tout à fait pu garder une dimension familiale… mais voilà, je savais bien que notre histoire n’avait rien de singulier ! Nous pouvions, ensemble, rejoindre d’autres jeunes, d’autres parents, d’autres grands-parents. Avant l’éditeur, iIs seraient donc mes premiers critiques !

Extraits:

“Tout le savoir du monde ne suffirait pas à faire naître la foi en toi. Réfléchis à la manière dont se sont créées tes amitiés : tu n’as pas eu besoin de preuves. Quand une relation naît entre deux êtres humains, ils commencent par prendre le temps de se connaître. C’est en cheminant ensemble que l’amitié ou l’amour se tissera entre eux. C’est pareil pour la foi.”

“Toute personne capable d’amour vrai est proche du vrai Dieu. Qu’il s’agisse de celle qui a une autre religion, comme de celle qui se passe de Dieu, soit qu’elle ne puisse en conscience se prononcer sur son existence (elle est agnostique), soit qu’elle affirme ne pas croire en lui (elle est athée).”

“Sans la Résurrection, Jésus ne serait plus qu’un prophète. Sa mort n’aurait fait qu’ajouter de la désespérance au monde. Il aurait laissé un enseignement propre à susciter une foule de sympathisants, y compris chez les non croyants. Mais la foi chrétienne n’aurait plus de raison d’être.”

“La communion n’est pas de la magie (…). Cette présence et cette nourriture ne sont réelles que si tu reçois le pain avec une faim qui témoigne de ton manque, donc de ta disponibilité. Et dans la confiance en son pouvoir de transformation. Car (…) le pain de l’Eucharistie est l’aliment qui vient redynamiser ta capacité d’aimer.”

“Pour inscrire Dieu dans ta vie, n’hésite pas à lui parler au beau milieu de tes journées. Le silence ambiant est rare, mais tu peux très bien t’adresser à lui dans le métro. Essaie de faire un peu de silence intérieur, d’arrêter la bousculade de tes pensées. Mais si elles continuent à tourbillonner, sers-toi d’elles. Tout peut être sujet de prière.” 

(A propos du scandale du mal) : “Comment continuer de demander des comptes à celui qui a choisi de partager notre condition ? Loin d’être une puissance qui écrase l’humanité dans l’indifférence, il vient se batte à ses côtés.”

Editions du Cerf. Mars 2018.

Florence Bosviel est chrétienne, de tradition catholique. Professionnellement, sa vie s’est organisée autour de deux axes : la psychologie et le journalisme. Mère et grand-mère, elle s’est toujours sentie interpellée par la question de la transmission de la foi. Elle a également publié « Quand tout bascule, où va la vie ? » (Salvator).