Marie-Éline Vincent – “Si le bleu s’envolait…” Mes traces de pas sur le sable d’Alger. 1962-1965

Préface de Mgr Paul Desfarges, archevêque d’Alger.

Postface de Karima Berger.

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

 Dès que j’ai su lire, l’écriture est devenue pour moi une nécessité vitale. D’abord les courts poèmes abandonnés un peu partout, jusque sur le bureau de mon institutrice, sont devenus un journal puis des chansons puis des articles. L’écriture donne son amplitude à ma vie.

Je portais vaguement le projet d’écrire un jour un livre, car j’avais un beau sujet dans mes souvenirs. Ce projet est resté en veille durant toutes ces années où le présent est la priorité, accaparé que l’on est par la vraie vie et le temps que l’on doit consacrer à ceux qu’on aime. Lorsque mes petits-enfants sont devenus adolescents, je me suis demandé quels étaient leurs désirs, leurs passions, de quoi nourrissaient-ils leurs espérances, leurs joies dans ce monde si difficile ? et j’ai repensé à ma propre adolescence en Algérie, à cette période unique et belle.

À l’occasion d’une rencontre avec Sorj Chalendon je voulais lui « donner » mon histoire. Je trouvais incongru de la raconter moi-même. Un amour d’adolescents entre une jeune française chrétienne et un jeune algérien musulman ? Qu’en penseraient mon mari, mes enfants, mes petits enfants ? Sorj m’a écoutée longtemps puis m’a arrêtée net : « Cette histoire, c’est VOUS qui allez la raconter ! » Une porte s’est entre-ouverte. J’hésitais encore mais le récit a commencé à s’écrire dans ma tête malgré moi.

Une année plus tard, un événement s’est produit, qui m’a bouleversée. La porte s’est ouverte toute grande, un flot d’écriture m’a emportée dans son courant. Mes proches ont été mes premiers lecteurs, ils m’ont beaucoup encouragée. Dans ce livre, le témoignage spirituel prend une place importante et en ce sens, j’ai eu la chance de rencontrer Pierre-Yves Camiade directeur des éditions les Oyats, éditeur particulièrement ouvert à cette orientation spirituelle.

Extrait :

Nous allons déguster une crème chantilly au Milk-Bar. Nous choisissons une table à part et nous nous asseyons en face l’un de l’autre.

Ultimes extrémités de ses ailes de géant, il m’offre ses mains à plat pour appeler les miennes.

Se rencontrent nos paumes et se croisent nos doigts.

Et s’enferment nos peurs et s’agrippe l’instant comblé de leur présence.

Et s’écrase l’absence comme on froisse un papier.
Nos mains chantent la vie et font danser l’amour. Nos mains chantent comme elles prient en mêlant leur couleur, leur peau et leur odeur.

Nos mains n’ont jamais su qu’il y avait eu la guerre !

On les regarde ensemble : elles qui nous apprennent comment il faut s’aimer. Nos yeux posés sur elles s’étonnent et s’émerveillent et s’attardent longtemps. Et nous les laissons faire et nous les laissons vivre jusqu’à ce qu’elles s’apaisent sans jamais se quitter après la plénitude de s’être rencontrées.

Nous parlons doucement. S’échappent de nos lèvres nos secrets chuchotés que les arbres retiennent au parfum de leurs fleurs.

 

Parution le 14 septembre 2018. Editions des OYATS

Marie-Éline Vincent, née à Chartres en 1947, vit en Algérie avec sa famille de 1952 à 1965. De retour en France, en même temps qu’elle étudie à la Sorbonne, elle est auteur-compositeur-interprète. En 1970, elle s’installe en Mayenne avec son mari. Pendant 30 ans elle y est professeur de guitare classique et écrit régulièrement des critiques musicales pour le quotidien Ouest-France. Très impliquée dans l’Art Sacré, elle rédige, pour d’autres médias, des méditations et des chroniques d’art religieux.

Découvrez ci-après les montages vidéo présentant le livre :

 

Dominique Batota Kissala – Il faut le lire, tome 2, Zaba

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Le capitalisme c’est le diable sur son 31 et la science est son cheval de Troie, me suis-je dit. Chrétien, noyé dans les effets d’annonce des flots de découvertes scientifiques, j’ai cru bon de faire remarquer que beaucoup d’entre elles traduisent en mensonges ou ignorances les savoirs d’hier. Mais, faute de connaissances, beaucoup de chrétiens vouent une aveugle confiance à cette science, alors que, n’est scientifique que ce qui est réfutable. Car l’irréfutabilité est du domaine de la métaphysique.

Alors de quoi nous parle-t-on quand on nous dit qu’un fait est scientifiquement prouvé ?

Pourquoi accorder un tel primat à cette science vassale du capitalisme ? Elle qui traîne ses casseroles d’incomplétude et de réfutabilité peut-elle détenir une vérité ?

Saints de cet âge mauvais, il nous revient de faire la part des choses entre la science des hommes et la Grande Science de Dieu.

Ce livre n’est qu’un tison  que j’ai voulu ajouter dans le foyer des cœurs, afin que grandisse la flamme éternelle en chaque chrétien.

Extrait :

Avant d’aborder ce chapitre, je voudrais donner mon point de vue sur cette symphonie à deux temps qu’exécutent les scientifiques sur l’existence ou la non-existence d’un Dieu créateur. Mon avis sur la création ou l’évolution – partant, sur ces questionnements – est le suivant : si le débat n’est pas puéril, il est pourtant stérile. En effet, les uns veulent expliquer l’inexplicable et les autres cherchent à comprendre l’inexpliqué. Mais une attention certaine nous montre, à la lumière des dernières découvertes scientifiques, que les deux concepts dans leurs ultimes expressions sont intimement intriqués. En fait, la difficulté, dans ce débat, repose sur le fait que les deux camps souhaitent parler de la même chose tout en étant dans deux dimensions différentes. Un explique la chose dans sa genèse antéspatiale et antétemporelle, l’autre,  dans sa réalité spatio-temporelle…

Éditions Jets d’encre

Lire ci-après le communiqué de presse des Éditions Jets d’encre concernant ce livre :

Communiqué de presse

 

Isaline Bourgenot Dutru – L’empreinte du paradis

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Ce livre parle d’une femme, Chiara Lubich, morte il y a 10 ans.

Pour le dixième anniversaire de sa mort, les éditions Nouvelle Cité ont eu l’idée de faire connaître au grand public cette femme au parcours unique et au rayonnement international.

Qui est-elle ? Dès 1948, au sortir de la guerre, en Italie, elle parle de fraternité universelle, un idéal qu’elle puise dans l’Évangile.

Qui est cette femme ? Des hommes politiques ont voulu la rencontrer mais aussi des représentants religieux de grands courants spirituels (imams américains ou algériens, leaders bouddhistes au Japon ou en Thaïlande, hindouistes, juifs…).

Qui est cette femme ? Des milliers d’anonymes adeptes de ces religions mais aussi des agnostiques, des athées, des humanistes adhèrent à la spiritualité de l’unité que Chiara Lubich nous laisse en héritage : tendre à recomposer la famille humaine.

Qui est cette femme ? Aujourd’hui, deux millions de personnes dans 192 pays, se réfèrent aux paroles de Chiara Lubich. Son œuvre, le mouvement des Focolari, approuvé par le Vatican, aura toujours à sa tête une femme.

J’ai tenté d’éclairer le long cheminement de cette aventure spirituelle, celle de l’unité, faite de lumière et de nuits. En donnant vie à Chiara Lubich et à ses compagnons de route, dessinant leur réponse à un appel collectif, d’une ampleur exceptionnelle dans l’histoire de l’humanité, j’ai essayé de rejoindre aussi bien les croyants que ceux sans opinion religieuse.

Extrait :

La spiritualité de l’unité dont Chiara Lubich est l’inspiratrice s’est incarnée à travers le mouvement qu’on a désigné par le terme italien les « Focolari ».

Comment écrire le mot amour ?

                J’ai toujours aimé confronter les civilisations pour comprendre « la physionomie morale et physique des nations », comme le recommandait Baudelaire aux artistes peintres. Je regarde l’idéogramme chinois qui transcrit le mot amour. Les traits qui le composent sont à lire dans un certain ordre. C’est aussi une clé pour saisir le sens intime des relations.

                « Commencer par les griffes d’un oiseau. Les tracer en haut. Dessiner dessous le toit d’une maison. En dessous du toit, former un cœur, puis terminer par deux mains qui se croisent. »

                Je relis mes notes encore. Je dois creuser le sens. Et très vite, surgit la pensée qui a précédé le signe.

                « L’amour vient d’en haut. Les griffes de l’oiseau vous saisissent. Le toit vous abrite. Le cœur est la seule vibration de la maison intérieure. Les deux mains croisées contiennent le dessin. »

                La seule question qui vaille est celle-ci : À qui sont ces mains ?

                Je repense à ces jeunes filles de Trente au n° 2 place des Capucins. Le point exact de rencontre est là. Tout ce qui précède cette vibration de la maison intérieure est sœur de l’histoire que je viens d’écrire jusque-là. Les deux mains qui se croisent sont l’incarnation de cette vie commune.

                Dans notre monde occidental, ces deux mains qui « contiennent » sont aussi le motif de La Cathédrale de notre immense Rodin, comme une métaphore de la prière ou de l’amour, tant ces deux mots se rejoignent à travers son art.

                Rapidement, le mot qu’on employa pour désigner le n° 2, place des Capucins fut le mot italien qui désigne le foyer d’une cheminée, l’âtre, soit « focolare ». Là où toutes les bûches en se consumant perdent leur forme et leur consistance et ne donnent que lumière et chaleur.

                On appela aussi les jeunes filles qui y habitaient et toutes celles qui les rejoignaient les « focolarines ».

Éditions Nouvelle Cité, Février 2018

Isaline Bourgenot Dutru, professeur des écoles  et écrivaine, approche Chiara Lubich à travers l’histoire, la culture et l’art. Ces différents apports permettent de mieux situer l’élan de ce mouvement international.

Lire ci-après le communiqué de presse des Editions Nouvelle Cité concernant ce livre :

Communiqué de Presse

Diane de Selliers, éditrice, publie : Les Triomphes de Pétrarque illustrés par le vitrail de l’Aube au 16e siècle.

La traduction de Jean-Yves Masson est inédite, les commentaires sur l’art du vitrail sont de Flavie Vincent-Petit et c’est Paule Amblard qui nous accompagne pour révéler les symboles cachés dans les vitraux.
Christophe Deschanel, photographe au moyen de drone pour saisir les ensembles, et au moyen d’échafaudage dans 26 édifices, pour capter les détails.

Pourquoi ce livre :

Depuis toujours, Diane de Selliers rêvait de réunir dans « La Collection » les trois grands maîtres de la poésie italienne du trecento. Après le succès de La Divine Comédie de Dante illustrée par Botticelli (1996) et du Décaméron de Boccace illustré par l’auteur et les peintres de son époque (1999), il restait à publier Pétrarque.

« Poète amoureux », Pétrarque chante sa rencontre avec Laure, dame aux cheveux d’or. Le dédain de la belle fit saigner son cœur. Il offre alors à la littérature les plus beaux vers d’amour et aux lecteurs un pèlerinage de vie humaine.
Ce désir est enfin comblé : Pétrarque rejoint « La Collection » avec Les Triomphes, un long poème d’amour célébré dans toute l’Europe renaissante, aujourd’hui remis à l’honneur.
La traduction inédite de Jean-Yves Masson, écrivain, traducteur, éditeur et poète, rend merveilleusement l’intensité, la musicalité et l’émotion de ce chef-d’œuvre.
Ce poème d’amour et d’espérance nous mène jusqu’à l’Aube où, en 1502, une jeune femme, Jehanne Leclerc, a le cœur en deuil. Elle trouve dans les vers des Triomphes de Pétrarque un réconfort après la mort de son mari. Elle fait réaliser par un maître verrier une adaptation lumineuse du poème, que l’église Saint-Pierre-es-Liens d’Ervy-le-Châtel conserve depuis comme un trésor. Les couleurs éclatantes, la puissance symbolique des détails et la réalisation exemplaire font de cette baie une œuvre exceptionnelle.
Flavie Vincent-Petit, spécialiste du vitrail français, créatrice de vitraux et restauratrice, a rendu son éclat à cette baie unique et a recherché parmi les milliers de vitraux qu’offrent les églises de l’Aube des détails somptueux pour entrer en résonnance visuelle avec le poème. Elle partage ainsi sa passion du vitrail et met en lumière à travers ses introductions et ses commentaires les spécificités et les techniques d’un joyau du patrimoine français.
Paule Amblard, historienne de l’art et spécialiste de l’art chrétien, dévoile les symboles contenus dans les vitraux en reliant le poème aux images et à nos cœurs. Elle propose une lecture éclairante et émouvante de ce chef-d’œuvre.
Notre livre réunit ainsi deux œuvres inédites : un poème et un vitrail, chacun flamboyant de couleurs et d’émotions.

Éditions Diane de Selliers, Octobre 2018

Christiane Conturie – Heureux les enseignants ! Des pistes pour se ressourcer

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Je viens de publier un livre intitulé Heureux les enseignants !, après avoir publié, il y a un peu plus de dix ans, Enseigner avec bonheur. Lier ainsi l’idée de bonheur à l’exercice du métier d’enseignant peut paraitre un peu naïf, voir un brin provocant dans le contexte où nous vivons. Les media parlent régulièrement de l’échec de l’Ecole, et les enseignants français sont censés être penauds devant les résultats des enquêtes internationales PISA dans lesquelles la France se classe de manière décevante. Il est vrai que le métier s’exerce souvent dans des conditions difficiles et que la frustration ou la fatigue peuvent parfois l’emporter sur le goût du bonheur.
Et pourtant, nos enfants ont le droit d’avoir devant eux des adultes heureux de venir vers eux et de les retrouver chaque jour, souriants, bienveillants, et exigeants parce qu’ils les croient capables du meilleur. Le secret de la réussite des élèves, n’est-ce pas d’abord un enseignant-qui-y croit ?
Pour entretenir cette flamme intérieure, les enseignants et les éducateurs ont besoin de se ressourcer. L’expérience de nombreux groupes d’échanges avec des enseignants et des éducateurs m’a convaincue de l’importance de s’arrêter par moments pour prendre du recul et réfléchir à ce qu’on engage dans sa pratique quotidienne ; le partage avec d’autres et la lecture de textes porteurs nous aident à donner du sens à ce que nous vivons et à renouveler les convictions qui nous habitent.
Pour donner et redonner sans cesse du sens à notre métier d’enseignant, à notre mission d’éducateurs ou de parents, il nous faut remonter à la Source qui nous fait vire et porter un regard d’espérance sur les jeunes générations. Nous avons besoin d’une spiritualité de l’éducation.

Extrait : 

(Où puiser la force :  )

… La vraie force n’est pas une toute-puissance. Elle assume au contraire ses limites et ses fragilités, et fait face courageusement aux obstacles. Le fort authentique trouve dans sa faiblesse les ressources pour faire face et ne pas sombrer. Il ne nie pas ses faiblesses : il en fait un creuset où se forge sa volonté.
Une jeune femme professeur, qui vit de grandes épreuves dans sa vie personnelle et familiale, dit trouver sa force dans ses relations avec ses élèves. Elle s’exerce à rester ferme mais ouverte, à ne pas s’arcbouter sur ses positions, à se reconnaitre parfois vulnérable et à lâcher du lest. Il arrive qu’un cours que l’on a, malgré soi, moins bien préparé que d’autres se passe très bien. On s’est rendu plus disponible à la qualité des relations. Il y a aussi une force dans le lâcher-prise.
On peut même dire que la « force » suppose la vulnérabilité. Ne pas reconnaitre sa vulnérabilité, c’est être « fanfaron » ! La force s’exerce quand on doit dépasser ses peurs, affronter des résistances, se heurter à des pesanteurs ou à des lassitudes. On peut alors être courageux en réagissant à ce qui nous a touchés et risquerait de nous abattre.
Il faut le dire aux jeunes pour les aider à accepter leurs limites, passer du temps avec eux, se rendre attentifs, pour faire éclore, en particulier chez ceux qui sont découragés, des forces nouvelles auxquelles ils ne croyaient plus.
La manière d’exercer la « force » compte beaucoup. Pour un professeur, la façon dont il traite les plus faibles et les plus fragiles de ses élèves en dira plus que bien des discours. La force morale est contagieuse.

Éditions Salvator, 2018

 

Christiane Conturie a été professeur de lettres et effectue des missions de formation pédagogique, éducative et spirituelle dans le réseau des Centres Madeleine-Daniélou. Membre de la communauté apostolique Saint-François Xavier, elle co-anime un parcours de formation pour enseignants et éducateurs intitulé « Heureux les enseignants ». Elle est l’auteur du livre « Enseigner avec bonheur » (Éditions Parole et Silence).

Gaële de La Brosse – L’esprit des Pélerinages. Photos de Loïc Mazalrey. Préface de Jean-Christophe Rufin

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Depuis mon adolescence, j’arpente les chemins de pèlerinage. C’est ainsi que je me suis rendue à pied à Fatima, Rome, Assise, Saint-Jacques-de-Compostelle et, en France, à Chartres, Vézelay, la Sainte-Baume, Nevers, Tours, Lalouvesc ; puis, dans ma Bretagne natale, à Sainte-Anne-d’Auray, Pontmain, le Folgoët, Le Vieux-Marché ou Rumengol.
Ayant voulu partager ces moments si essentiels vécus lors de ces marches, j’ai ensuite consacré toutes mes activités professionnelles à ce thème qui était devenu ma « colonne vertébrale », notamment dans les domaines de la presse, de l’édition et de l’organisation d’événements. J’ai ainsi écrit plusieurs ouvrages sur ces chemins de spiritualité, notamment le Guide des chemins de pèlerinage (Presses de la Renaissance, 2017), mais je n’avais jamais exploré ce qui faisait la force de ces sanctuaires et ce qui caractérisait la démarche du pèlerin lorsqu’il s’y rendait. Ainsi, quand les éditions Gründ m’ont proposé d’écrire le texte d’un livre sur « l’esprit des pèlerinages », illustré par les superbes photographies d’un jeune photographe talentueux, j’ai accepté volontiers.
Cet ouvrage suit donc les traces des pèlerins sur les emblématiques chemins de Saint-Jacques et dans quelques grands sanctuaires de France (Chartres, Lisieux, Lourdes, Sainte-Anne-D’auray, Les Saintes-Maries-de-la-Mer). Par des images empreintes d’humanité et de sacré, il saisit le caractère universel et intemporel de la démarche pérégrine et donne à voir l’intensité des instants privilégiés qui illuminent le cœur des pèlerins.

Extrait :

Marqué par [son] éveil, le pèlerin ne s’arrêtera pas en si bon chemin : il revient pour mieux repartir. Tant qu’il n’a pas trouvé sa véritable demeure, il reprend la route. À l’instar de saint Benoît Joseph Labre, errant de sanctuaire en sanctuaire, ou des « fols en Christ » en Russie, nombreux sont nos contemporains qui enchaînent les pèlerinages. On les appelle « les pèlerins multirécidivistes ». Croient-ils que, comme l’affirme une tradition, chaque pèlerinage rapproche du but final, la Jérusalem céleste, ce Paradis qui se manifestera à la fin des temps ? Souhaitent-ils secrètement finir leur vie en chemin ? Après son deuxième pèlerinage à Chartres, Charles Péguy écrivait : « Ce serait beau de mourir sur une route et d’aller au Ciel tout d’un coup. » Et Humbert Jacomet cite les paroles d’un prêtre à des jeunes qui voulaient le suivre : « Nous partons à Saint-Jacques pour mourir. » La métaphore est belle, tout autant que le rituel initiatique qui clôt le pèlerinage, au cap Finisterre. Là, le jacquet brûle ses vêtements encore tout maculés de la poussière du chemin. Par cet acte symbolique, le vieil homme laisse place à l’homme nouveau. Si le pèlerinage a partie liée avec la mort, c’est donc parce qu’elle est une étape nécessaire vers la renaissance, vers un nouveau commencement.

Éditions Gründ, en librairie le 18 Octobre 2018