Événement aux Bernardins : ART, FRAGILITÉ, LIBERTÉ / QUAND LA FRAGILITÉ ENTRE EN SCÈNE

Les Bernardins offrent une scène aux plus fragiles pour qu’ils manifestent aux yeux de tous combien l’expression artistique contribue à la restauration des corps, à la communion des cœurs, à la manifestation de l’inaliénable dignité de l’homme ouvert à la beauté. « Quand je suis faible c’est alors que je suis fort » (2 Co 12, 10). Que ce paradoxe de l’apôtre Paul nous donne à méditer et soutienne notre espérance. Mgr Michel Aupetit, Archevêque de Paris.

Rendez-vous le 27 JAN 2019 de 15H00 à 17H00 au Collège des Bernardins (Paris)

Entrée libre dans la limite des places disponibles

Voeux 2019 de la Présidente d’Écritures et Spiritualités

Au nom de l’association, je vous adresse à chacune et chacun mes vœux très chaleureux.

Que cette année nouvelle porte nos écritures vers une humanité plus grande, dans le soin de Dieu, de la terre et des hommes. 

Nous aurons la joie de découvrir la beauté et la diversité de nos créations, lors du Salon du Livre qui se tiendra le 1er décembre au Collège des Bernardins, et tout au long de l’année, au cours de rencontres littéraires et poétiques autour de nos auteurs.

Que 2019 soit pour nous tous œuvre de paix, de confiance et de partage.

Christine Ray, Présidente

Olga Votsi – L’escalier, Poèmes métaphysiques

Présentation et traduction du grec moderne par Bernard Grasset, Châtelineau (Belgique)

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Il y a près de 20 ans, Renée Jacquin, traductrice et ancienne rédactrice en chef de la revue de culture hellénique Ho Lukhnos, m’adressait, tapés à la machine à écrire, les poèmes d’Olga Votsi qui avaient été refusés par son éditeur, non pas en raison de leur qualité littéraire moindre mais parce qu’ils avaient été jugés trop mystiques. Regrettant leur absence de son anthologie, elle me les confiait, comme d’aucuns jettent une bouteille à la mer. Après les avoir lus, j’ai rangé soigneusement ces poèmes et laissé le temps du mûrissement passer. Quelques années plus tard, j’en ai proposé la publication d’extraits en revues. Comme je les relisais, je me disais qu’en retravaillant la langue de traduction de Renée Jacquin, on pouvait donner encore plus de force poétique à ces poèmes d’Olga Votsi. Par ailleurs le qualificatif de mystiques ne me semblait pas réellement approprié : c’étaient plutôt des poèmes de nature métaphysique qui cherchaient derrière la nature le souffle de la surnature, par-delà le fini l’infini.

Si je connaissais le grec ancien, appris à l’âge adulte, j’ignorais le grec moderne qui en est assez différent. Me plongeant dans l’étude, avec dictionnaires et grammaires du grec moderne, j’ai retraduit les poèmes qui m’avaient été confiés et auxquels j’ai ajouté d’autres poèmes choisis librement dans les œuvres poétiques complètes d’Olga Votsi. L’ensemble a été réuni sous le titre de L’escalier, Poèmes métaphysiques. Tout en me montrant attentif à la lettre, je me suis efforcé de restituer le souffle poétique d’Olga Votsi, figure originale et authentique de la poésie grecque contemporaine.

Extraits :

Il y avait l’amour[1]

Il y avait le merveilleux battement de grandes ailes,

entouré comme d’une quiétude céleste,

la fleur unique qui vibrait contre le mur du Malheur.

Il y avait l’amour de l’homme.

Une infime ligne blanche comme écume, passagère,

emporte aujourd’hui en son miracle de vie le Malheur rebelle

qui voulait tout entier se cacher dans sa tendre clémence,

sa pure blancheur,

pour se métamorphoser, lui aussi, en blanc dans l’aube nouvelle.

[1] L’Estrade (1988).

Le grand infini[2]

Dans les cavités des grottes,

les sombres anfractuosités des rochers,

sous des ombres gigantesques

brillent par milliers les yeux de la vie,

or inestimable,

silencieuse mer stellaire.

Sans voix, ils restent immobiles

à travers les brèches des ténèbres,

dans leur silence de miel,

la muette fougue de l’émerveillement,

car au fond d’eux se sont arrêtés

le Grand Infini,

le Vaste Monde.

[1] Poèmes épars (1994).

Liberté[3]L

Dans la vaste mer de ta liberté tu vogues

avec pour unique voile ton âme,

ta volonté.

Ton ami de toujours, le ciel,

ne t’abandonnera jamais,

jamais dans les rochers ne t’écrasera.

[1] Poèmes épars (1995).

Éditions Le Taillis Pré – 2018


La nouvelle lettre d’Écritures & Spiritualité : L’Essentiel n°9

En cette nouvelle année 2019, l’association Écritures & Spiritualité est heureuse d’adresser à chacune et chacun ses très chaleureux voeux.

“…Que 2019 soit pour nous tous oeuvre de paix, de confiance et partage.”
Christine Ray, Présidente

Nous vous invitons à découvrir la nouvelle lettre d’Écritures & Spiritualité : L’Essentiel n°9

L’Essentiel résume les actualités majeures de l’association et permet aux auteurs adhérents de noter sur leur agenda les prochains événements auxquels ils sont conviés.

Vœux de Noël 2018 E&S

Ps 35,10 : « … en toi est la source de vie,
par ta lumière nous voyons la lumière »

En ces temps où les  chrétiens célèbrent  la naissance du Dieu, enfant né dans la nuit et l’exil,  nous vous adressons à tous des vœux très chaleureux. Dans cette errance des peuples, dans la fragilité de nos vies, nous espérons et cherchons à tâtons la lumière promise à tous. Écritures & Spiritualités  souhaite à chacun de partager inlassablement l’espérance d’une paix sans cesse à construire.

Christine Ray, présidente

Vincent Morch – À la recherche du Dieu vivant

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Le sens de toute existence tient à la quête de la vie en plénitude. Ce que, tous, nous recherchons, c’est de nous sentir pleinement vivants.

Mais, immédiatement, des questions surgissent. Qu’est-ce qu’être pleinement vivant ? Comment se fait-il que nous n’ayons pas accès à cet état de façon spontanée ? Et, surtout, comment l’atteindre ?

Depuis que les êtres humains ont accédé à la conscience d’eux-mêmes, ils ont apporté à ces questions des réponses très variées. La culture occidentale contemporaine, comme toutes les autres, tente de répondre à ces interrogations. Comme toutes les autres, elle valorise tel ou tel aspect de l’existence, telle ou telle expérience, et les désigne comme des clés, ou des portes d’entrées, vers l’expérimentation de la vie absolue.

Néanmoins, à mon sens, deux grandes caractéristiques la distinguent : elle s’est détachée de tout référent transcendant et place son espérance dans les progrès des technologies.

Autrement dit, le salut ne peut que s’accomplir ici-bas, et il prend de plus en plus la forme d’une sacralisation absolue de la subjectivité. Comme un petit dieu aristotélicien, il s’agit de jouir de soi-même sans entrave, dans une pleine transparence de soi à soi. Tout ce qui peut venir troubler cette jouissance narcissique doit être, d’une manière ou d’une autre, congédié.

Quant au second point, il engendre désormais des comportements hautement contestables : les progrès des biotechnologies permettent désormais d’appliquer sur l’enfant à naître, dès le premier stade de sa conception, des grilles de lecture permettant de juger a priori ce que serait son « potentiel de bonheur » – de décréter s’il a, ou non, le droit de voir le jour.

Mais qu’en sait-on en réalité ?

Au nom de quoi s’arroger ce droit de vie et de mort ?

Car, au fond, la conception de la vie qui permet de trancher si radicalement le fil d’existences n’ayant pas même eu le temps de prendre forme reste largement non questionnée.

Plutôt que de me consacrer à une entreprise critique, j’ai préféré m’atteler à une tâche qui me paraissait beaucoup plus belle, et plus constructive : m’interroger sur la manière dont la tradition judéo-chrétienne conçoit la vie du Dieu qu’elle révère, ce Dieu qu’elle désigne régulièrement comme le « Dieu vivant ». Car s’interroger sur la manière dont ce Dieu est vivant, c’est s’interroger sur la vie que, selon cette tradition religieuse, nous sommes tous appelés à partager – une vie qui accomplit notre dimension relationnelle.

Extrait :

La source de notre personne n’est pas en nous-mêmes : elle est dans ce regard d’amour que rien ne peut rebuter, dégoûter ou décourager. Fonder l’universalité de la réalité personnelle des humains ne réside donc pas dans la simple croyance que tout être humain est une personne – car il est en effet, dans certains cas, bien difficile de le croire – mais dans la croyance que quelqu’un portera toujours sur lui un regard d’amour inaltérable. S’ancrer dans cette croyance fait que si nous pouvons douter que tel ou tel est une personne, nous ne doutons pas qu’un autre que nous le (re)suscite en permanence ainsi. Cet « Autre » constitue le principe et la source de tout « être en relation », quand bien même il n’aurait jamais pu articuler la moindre parole, ou conçu la moindre pensée.

Éditions Salvator, Août 2018