Martine Digard – Grenouille entre en Oraison

Le mot de l’auteur :

Qu’est-ce que l’oraison ? L’oraison est-elle d’emblée silencieuse comme le dictionnaire l’indique ? Non. Au contraire c’est une bataille de pensées virevoltantes, de retour à la concentration, un combat entre l’effort et l’abandon dans la confiance, et puis on n’a pas le temps, ou bien c’est trop long et on s’en va avant la lumière ! Bref croire que c’est facile est une erreur, mais se passer de la lumière, ah non ! Donc, voilà, dans ce petit recueil, l’auteur a essayé de livrer un chemin d’oraison : il est très intime et il n’est pas menteur…  il est vécu. Les dernières pages ont été écrites au temps du covid 19.

Extrait :

Plusieurs fois, je me suis laissée distraire. J’ai repris le premier texte du jour, le livre de la Sagesse. Il était écrit : C’est par la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde. J’étais étonnée. Car je n’ai jamais pensé au mot « jalousie » en ce qui concerne le diable. J’ai toujours pensé que, comme Prométhée, Satan avait volé le feu sacré pour prendre le pouvoir sur les humains. Plutôt « prise de pouvoir » que « jalousie ». La jalousie entraîne une relation affective entre Dieu et le diable à laquelle je n’avais jamais pensé. Puis, perplexe, je suis revenue à mon oraison.

J’ai repensé au Cœur Sacré de Jésus et de son affection pour nous les humains, si peu capables de la recevoir. Alors j’ai voulu servir le Seigneur en devenant à nouveau l’autoroute par laquelle il pouvait combler les âmes désolées. J’ai accepté de prolonger l’oraison qui semblait s’achever, juste pour « servir ». Il ne se passait rien, je ne pensais à rien de spécial, il n’y avait rien d’extraordinaire comme parfois (rarement) la suspension des pensées par exemple. Rien. Juste le « service ».

C’était le tablier de la prière…

Saint Léger Editions. Juillet 2020

Mail de l’auteur : mdigard@hotmail.com

Martine Digard s’est livrée avec humour dans Confession d’une Grenouille de de bénitier. (Saint léger Ed. 2018)A présent, elle raconte avec sincérité comment se déroule une oraison.

Martine Digard – Confession d’une grenouille de Bénitier

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Fidèle à la messe, je suis obligée de reconnaître que je la trouve ennuyeuse, répétitive, tristounette et mal chantée. A cause de mon désir ardent, non de l’abandonner, mais de la voir évoluer, ou du moins de mieux la vivre, j’essaie, non sans un peu d’humour et quelques sautes d’humeur, de redonner sens aux mots de la liturgie, aux gestes, au rituel, aux paroles de l’offrande et de l’Eucharistie… L’Evangile aussi – bien que je me dise d’abord : oui, je le connais par cœur – si j’ouvre mon cœur et mon intelligence, finit par me questionner…Et petit à petit tout reprend sens et vie.

Extrait:

Sainte Elisabeth de la Trinité, tu disais à Dieu en parlant de ton cœur : Que je ne vous y laisse jamais seul. Et tu écrivais à ta mère : On trouve le Bon Dieu partout, à la lessive comme à l’oraison. Alors sur le chemin du retour, je m’enfonce en Dieu, le seul qui me reste que j’aime et qui m’aime…et m’aime et me comprend. Peu à peu, je sens la Présence. Ce n’est pas l’eau vive, c’est la brûlure du feu. C’est là que je dois être.

Pour partager le feu.

Excusez-moi, mais la cloche de l’église sonne. C’est l’heure de la messe….Je suis une grenouille de bénitier : j’y vais, j’y vais !

Publié le 17 Août 2018 aux Éditions Saint-Léger

L’auteure, Martine Digard, est mariée, quatre enfants, agrégée de Lettres, a enseigné dans des lycées publics pendant une quarantaine d’années. Elle a suivi parallèlement des cours de théologie au Collège des Bernardins. Auteure d’un premier livre publié à L’Harmattan (Lettre à tous ceux qui cherchent Dieu, Oct. 2014), elle enseigne aujourd’hui un cours d’études bibliques aux étudiants et s’occupe du catéchuménat et du néophytat de sa paroisse.

 

Martine Digard. Lettre à Tous ceux qui cherchent Dieu

Pourquoi ce livre ?

J’ai longtemps enseigné dans des lycées publics où j’ai rencontré beaucoup d’amis  agnostiques. C’est en pensant à eux, mais aussi à ceux qui ont tout oublié et qui reviennent à Dieu, ou à des catéchumènes  que j’accompagne et même à des amis croyants, que j’ai senti le besoin d’écrire, de transmettre ou de dire simplement ma foi, en un petit ouvrage assez facile à lire mais bien renseigné.

couverture digard

 

Résumé

Le livre se décline en chapitres courts guidés par le fil conducteur invisible de l’intuition. En reprenant les questions fondamentales de la foi chrétienne (pourquoi la vie ? la mort ? le mal ? va-t-on en enfer ? qu’est-ce que le corps du Ressuscité ? le souffle de l’Esprit Saint ? Où est la joie ? etc…), j’ai essayé de montrer qu’il s’agit d’une histoire entre Dieu et l’homme, une histoire chaotique, pleine d’échecs et de recommencements. J’ai voulu témoigner de ce que Dieu n’est pas seulement l’objet de spéculations intellectuelles, mais le sujet d’une rencontre intérieure, que nourrit une parole jamais stérile, jamais muette, toujours féconde : la parole biblique.

 

Extrait

Le Seigneur m’enseigne que l’étranger est mon frère. Il m’enseigne que tout autre est mon frère. Le rabbin Philippe Haddad dit que  autre –  a’her en hébreu – se construit à partir de a’h : frère. Car, dit-il, dans l’esprit biblique tout autre est mon frère, puisque nous descendons d’Adam et Eve, créés par le Dieu unique. Pour le chrétien, un frère de sang est proche parce qu’il est de même chair mais l’étranger, comme le frère, est proche parce qu’il est du même Corps. Si Jésus est le Fils de Dieu, nous sommes appelés à être Fils adoptifs : Vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier : Abba ! Père ! L’Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu. C’est ainsi que Jésus est le premier-né d’une multitude de frères (Rm 8,15 ; 29). Nous sommes frères en Jésus-Christ. L’autre est alors davantage que le destinataire d’une loi charitable. Il est, en Jésus-Christ, mon Corps. Même différent, ou parce que différent, l’autre, dans son union au Corps du Christ m’enrichit de sa différence. Si d’emblée, il est détestable, je peux le présenter à Dieu dans ma prière. Il devient alors un frère.

 

Lettre à Tous ceux qui cherchent Dieu, Ed. L’Harmattan. Novembre 2014.