Nos auteurs écrivent

Habiter spirituellement le monde, écrire aux confins du jour, de la nuit,  de soi-même…

Face au brouhaha

Face au brouhaha des images/ À l’ennuagement des esprits/ Au tapage des sons Quoi de plus essentiel/ Que de faire entendre un ciel d’enfance/Une blessure muette/ Des branches de silence/ Des rires éclatants et des voix familières/ Une cour de ferme aux fleurs d’éternité/ Des champs offerts aux rumeurs de la mer/ Des haies de saules aux feuillages argentés/ Des nuits confiées aux vents frais aux étoiles/ Un printemps de coquelicots/ Des matins dépliés en nappes de soleil/ Des chansons qui sortent des poitrines/ Une parole poudreuse de la poussière des chemins/ Des sourires qui sauvent des gestes fraternels/ Une table pour le partage/ Des oiseaux accordés à la joie ?

Jean Lavoué, 21 novembre 2020

Hymne à mes amis artistes

Où est la Beauté ? Est-elle l’expression de la nostalgie d’un monde d’avant où tout était perfection, où l’empreinte du divin se dévoilait sans retenue ?

J’imagine que la musique est d’essence divine car les anges ont chanté avant les hommes et que la danse est le tressaillement d’une âme heureuse, que la poésie rejoint le Verbe qui a engendré toutes choses ainsi que tous les arts qui racontent la vie des hommes.

La recherche de la Beauté, est-elle un ardent désir d’illuminer la vie, de la sanctifier même ?

À travers son cœur mis à nu, est artiste celui qui refuse l’idée que l’humanité soit défigurée à jamais malgré la marque des souffrances abyssales et des profonds désespoirs dont il est témoin.

D’où me vient mon imagination ? De celui qui m’a créée ? Alors je rêve que Dieu contemplant l’art des hommes, comme une nouvelle création autant imprévisible qu’enchantée, nous souffle qu’il s’ennuie profondément quand un artiste ne se met pas au travail.

Isaline Bourgenot Dutru

Isaline Bourgenot Dutru – L’empreinte du paradis

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Ce livre parle d’une femme, Chiara Lubich, morte il y a 10 ans.

Pour le dixième anniversaire de sa mort, les éditions Nouvelle Cité ont eu l’idée de faire connaître au grand public cette femme au parcours unique et au rayonnement international.

Qui est-elle ? Dès 1948, au sortir de la guerre, en Italie, elle parle de fraternité universelle, un idéal qu’elle puise dans l’Évangile.

Qui est cette femme ? Des hommes politiques ont voulu la rencontrer mais aussi des représentants religieux de grands courants spirituels (imams américains ou algériens, leaders bouddhistes au Japon ou en Thaïlande, hindouistes, juifs…).

Qui est cette femme ? Des milliers d’anonymes adeptes de ces religions mais aussi des agnostiques, des athées, des humanistes adhèrent à la spiritualité de l’unité que Chiara Lubich nous laisse en héritage : tendre à recomposer la famille humaine.

Qui est cette femme ? Aujourd’hui, deux millions de personnes dans 192 pays, se réfèrent aux paroles de Chiara Lubich. Son œuvre, le mouvement des Focolari, approuvé par le Vatican, aura toujours à sa tête une femme.

J’ai tenté d’éclairer le long cheminement de cette aventure spirituelle, celle de l’unité, faite de lumière et de nuits. En donnant vie à Chiara Lubich et à ses compagnons de route, dessinant leur réponse à un appel collectif, d’une ampleur exceptionnelle dans l’histoire de l’humanité, j’ai essayé de rejoindre aussi bien les croyants que ceux sans opinion religieuse.

Extrait :

La spiritualité de l’unité dont Chiara Lubich est l’inspiratrice s’est incarnée à travers le mouvement qu’on a désigné par le terme italien les « Focolari ».

Comment écrire le mot amour ?

                J’ai toujours aimé confronter les civilisations pour comprendre « la physionomie morale et physique des nations », comme le recommandait Baudelaire aux artistes peintres. Je regarde l’idéogramme chinois qui transcrit le mot amour. Les traits qui le composent sont à lire dans un certain ordre. C’est aussi une clé pour saisir le sens intime des relations.

                « Commencer par les griffes d’un oiseau. Les tracer en haut. Dessiner dessous le toit d’une maison. En dessous du toit, former un cœur, puis terminer par deux mains qui se croisent. »

                Je relis mes notes encore. Je dois creuser le sens. Et très vite, surgit la pensée qui a précédé le signe.

                « L’amour vient d’en haut. Les griffes de l’oiseau vous saisissent. Le toit vous abrite. Le cœur est la seule vibration de la maison intérieure. Les deux mains croisées contiennent le dessin. »

                La seule question qui vaille est celle-ci : À qui sont ces mains ?

                Je repense à ces jeunes filles de Trente au n° 2 place des Capucins. Le point exact de rencontre est là. Tout ce qui précède cette vibration de la maison intérieure est sœur de l’histoire que je viens d’écrire jusque-là. Les deux mains qui se croisent sont l’incarnation de cette vie commune.

                Dans notre monde occidental, ces deux mains qui « contiennent » sont aussi le motif de La Cathédrale de notre immense Rodin, comme une métaphore de la prière ou de l’amour, tant ces deux mots se rejoignent à travers son art.

                Rapidement, le mot qu’on employa pour désigner le n° 2, place des Capucins fut le mot italien qui désigne le foyer d’une cheminée, l’âtre, soit « focolare ». Là où toutes les bûches en se consumant perdent leur forme et leur consistance et ne donnent que lumière et chaleur.

                On appela aussi les jeunes filles qui y habitaient et toutes celles qui les rejoignaient les « focolarines ».

Éditions Nouvelle Cité, Février 2018

Isaline Bourgenot Dutru, professeur des écoles  et écrivaine, approche Chiara Lubich à travers l’histoire, la culture et l’art. Ces différents apports permettent de mieux situer l’élan de ce mouvement international.

Lire ci-après le communiqué de presse des Editions Nouvelle Cité concernant ce livre :

Communiqué de Presse