Nabil Ziani – Les Berbères dans la Bible

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

La question de l’origine des berbères est posée depuis des lustres. Les peuples d’Afrique du Nord et leur territoire ont régulièrement été désignés par des noms différents. Les habitants de l’Afrique du Nord se posent publiquement des questions sur leur origine, identité et civilisation. Aujourd’hui encore, ces questions restent posées, puisqu’il y a une grande divergence sur leur origine et sur leur parcours.
Le fait que ce fut un berbère qui ait été choisi pour aider Jésus à porter sa croix, et que ce fut un autre berbère qui ait pillé le temple de Salomon m’a interpellé et m’a poussé à rechercher dans le texte biblique des traces de la présence d’autres berbères et d’en tirer des conclusions si possible. En ma qualité de documentaliste de formation et journaliste de profession, il m’importait de mettre à la disposition des chercheurs et du public un autre document susceptible de contenir des informations jamais exploitées sur ce peuple mystérieux que personne n’arrivait à cerner.
Ma lecture de la Bible m’a permis de retrouver des traces de présence de ce peuple dans différentes parties du Tanakh et du Nouveau Testament, même si, ni les noms « amazigh », et « Berbère », n’y figurent. Il était donc crucial de trouver l’appellation biblique de ce peuple, et de remonter jusqu’à l’ancêtre de tous les peuples d’Afrique du Nord. Tout comme Abraham fut le Père des hébreux, qui a été celui des berbères ? Comment ce peuple a-t-il évolué, et pourquoi sa trace a-t-elle quasiment disparu de l’Histoire officielle et son identité modifiée. Quel est la place des berbères dans le développement de la civilisation humaine, et ultimement, quel serait son avenir ? C’est après cinq années de recherches, dont trois à temps plein que j’ai décidé de partager mes découvertes afin d’en débattre ouvertement.

Extrait :

La Bible est un livre unique. Il a été écrit par une quarantaine d’auteurs différents sur une période de quinze siècles. Les écrits de Moise datent donc, d’il y a environ trois mille cinq cents ans. Or, c’est dans les livres de Moise, la Torah, ou le Pentateuque que les premières traces des berbères sont apparues. Plus tard, dans les livres des Rois, Ceux des Chroniques et dans les livres des prophètes vont apparaître d’autres mentions des berbères, avant que le Nouveau Testament ne prenne le relais. Ces textes ont donc existé depuis trois mille cinq cents ans.

Plusieurs prophètes de l’Ancien Testament mentionnent les berbères dans leurs écrits, en les nommant soit Puth, soit Libyens. Il s’agit des prophètes Jérémie, Ezéchiel, Daniel et Nahoum.
Esaïe, les nomme Pul. De plus, certains textes, sans les nommer semblent y faire allusion. Il en est ainsi, également dans le nouveau testament. C’est une époque plus proche de nous, et ses acteurs ont été plus souvent cités dans la littérature occidentale, en omettant, toutefois, de mentionner leur berbérité.
Les acteurs berbères du Nouveau Testament sont les suivants : Simon de Cyrène, sa femme, Alexandre et Rufus, ses fils ; Lucius de Cyrène ; Un certain Jean, et sa mère, Marie.

Éditions Tatamis, Août 2018

L’auteur est Documentaliste de formation et journaliste de profession. Il a publié entre autres une version en Français des Quatrains d’Omar Khayyam.

Nabil Ziani : Robaeyyat, les quatrins de Omar Khayyam

Pourquoi j’ai écrit ce livre ?

J’ai écrit ce livre pour faire connaître les œuvres de Khayyam, mais aussi sa pensée philosophique qui demeure une préoccupation humaine. Et pour partager le cheminement de quelqu’un d’autre, qui a eu les mêmes réflexions et le même parcours, mais qui a su trouver la voie du salut.

En résuméQuatrins

Omar Khayyam est un auteur musulman atypique. Il est à la fois un homme de sciences, mathématicien, astronome, et un érudit en religion. Mais en même temps, un poète et un libre penseur. Grâce à son statut de « savant », il osa défier les religieux de son époque, en publiant des textes poétiques connus sous le nom de Robaeyyat. Il y abordait deux thèmes majeurs : le vin et les femmes, y ajoutant des pensées religieuses et philosophiques.

J’ai aimé Omar Khayyam à cause du courage qu’il avait à remettre en question la pensée statique et les dogmes religieux. Il avait le courage de dire, malgré les risques encourus. Beaucoup aimaient en secret ce qu’il disait, et publiaient à leur tour des quatrins qu’ils écrivaient eux-mêmes, tout en les attribuant à Khayyam, par manque de courage.

J’ai cherché à faire le tri dans tous les quatrins qui trainent ça et là, et qui sont attribués à Omar Khayyam. J’ai voulu, au travers de ce travail, faire ressortir sa véritable pensée. Au cours de mes recherches, j’ai réalisé qu’un autre penseur et philosophe, ayant vécu plus de vingt siècles avant lui, avait déjà emprunté le même chemin, fait des expériences similaires. Il a développé ces mêmes thèmes, également sous forme de poésie. Il s’agissait de Salomon, fils de David, Roi d’Israël. Roi et prophète. En comparant les écrits des deux personnages, on se rend compte que la quête de vérité ronge tout le monde. Tout Homme passe sa vie à rechercher la Vérité, Dieu ou un sens à sa vie. En fin de compte, les deux hommes finissent leur vie différemment.

 

Extrait

Khayyam :

On me dit: “Ne bois plus, Khayyâm! »

· Je réponds: “Quand j’ai bu,

· J’entends ce que disent les roses,

les tulipes et les jasmins.

· J’entends, même,

ce que ne peut me dire ma bien-aimée.”


 

Salomon :

Je résolus en mon coeur de livrer ma chair au vin,

Tandis que mon coeur me conduirait avec sagesse,

Et de m’attacher à la folie

Jusqu’à ce que je voie ce qu’il est bon pour les fils de l’homme de faire sous les cieux

Pendant le nombre des jours de leur vie.

Robaeyyat, les quatrins de Omar Khayyam, Nabil, Ziani, Hermeneia-éditions, novembre 2013.