La mort, pour quoi ? Débat le 27 avril

L’association des Ecrivains croyants tient sa journée de rencontres-dédicaces le samedi 27 avril de 14h à 19h, dans les salons de la mairie du VIe arrondissement de Paris. Durant ce temps d’échanges, les lecteurs pourront rencontrer une centaine d’auteurs qui se reconnaissent dans les statuts de l’association. Ceux-ci précisent que le livre et la littérature sont conçus comme un espace possible de dialouge avec la société et entre les trois religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l’islam. Fondée en 1979 par Olivier Clément, André Chouraqui, France Quéré, Claude Vigée, Mohamed Talbi, et d’autres encore, l’association a entretenu ce souci d’un dialogue autour de questions qui ont pu évoluer avec le temps.

pourquoi la mort2Le salon des Ecrivains croyants est toujours l’occasion d’un conférence ouverte au public pour évoquer soit une question de littérature, soit un sujet de société. Cette année, la question de la mort s’est imposée comme étant un sujet d’échanges fructueux entre les religions. “La mort, pour quoi?” est-il demandé aux intervenants. A l’heure ou la fin de vie et l’éventuelle ouverture de l’euthanasie est au programme des réformes législatives, le sujet gagne en urgence. Mais il ne s’agit pas seulement de cet aspect – aussi important et délicat qu’il puisse être. Le thème de la conférence veut aborder “Le regard des religions sur la fin de la vie”. Ainsi, l’âge, la dépendance, la perspective de la fin terrestre, la foi en l’au-delà constituent une vaste ensemble de questionnements possibles.

Trois intervenants présenteront leur propre regard à travers leur tradition monothéiste. Soeur Véronique Margron, dominicaine, théologienne, auteur de plusieurs ouvrages et notamment de Fragiles existences (Bayard) qui lui valut le Prix des Ecrivains croyants 2011, évoquera le regard chrétien en général et catholique en particulier, alors que Kamira Berger, auteur de Eclats d’islam (Albin Michel, 2009) abordera la question selon la tradition musulmane, tandis que le rabbin Victor Malka, auteur du Journal d’un rabbin raté (Seuil, 2009) et des Veilleurs de l’aube (Cerf, 2010) a accepté d’intervenir pour partager l’approche juive de la mort. Le débat sera animée par le philosophe Damien Le Guay, auteurs de nombreux ouvrages et tout récemment de La mort en cendres, la crémation aujourd’hui, que faut-il en penser? (Cerf, 2012).

“La mort, pour quoi ? Le regard des religions sur la fin de la vie”, débat à l’occasion du salon des Ecrivains croyants, samedi 27 avril à 15h30, salons de la mairie du VIe arrondissement de Paris, entrée libre.

27 avril : rencontres dédicaces à Paris

dedicaceL’association des Ecrivains croyants organise sa rencontre-dédicaces le samedi 27 avril 2013 de 14h à 19h dans les salons de la mairie du VIe arrondissement. Une centaine d’auteurs seront présents pour discuter avec leurs lecteurs et dédicacer leurs derniers ouvrages. Près de 500 titres seront réunis pour l’occasion, présentant les nouveautés des membres de l’association, dans des domaines aussi variés que la littérature, la poésie, les essai, les biographies, les livres pour enfants, les témoignages et livres d’entretiens.

Durant toute la rencontre, un marathon de lectures se poursuivra dans un salon spécifique, permettant aux écrivains de mettre leur texte “en voix” et le laisser résonner auprès de leur auditoire.

Fidèle à sa vocation qui fait discuter entre elles les religions et traditions monothéistes que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam, l’association organise à l’occasion de cette journée un débat de 15h30 à 16h30 sur une question d’actualité : “la mort, pour quoi? Quel regard des religions sur la fin de la vie?” Prendront part à cette table ronde Véronique Margron, Karima Berger, Victor Malka, échange animé par Damien Le Guay.

Journée des Ecrivains croyants, samedi 27 avril de 14 à 19h, à la mairie du VIe arrondissement de Paris, entrée libre. Renseignements : ecrivainscroyants@gmail.com

plus d’information : journée ecrivains croyants


 

 

Véronique Margron : le passage à l’écriture

Le 7 juin 2011, dans les salons des Editions Gallimard, Véronique Mafron, auteur de Fragiles existences (Bayard, 2010), recevait le Prix des Ecrivains croyants 2011, catégorie essai. Lors de cette réception, elle expliquait comment elle en était venue à l’écriture. Retour sur une expériences humaine, spirituelle, littéraire.

“Si ce prix me touche spécialement c’est au nom de la finalité de l’association. Vivre « un esprit d’ouverture et de dialogue, ouvrir au sens du mystère et de la transcendance », fait partie de la passion qui aura mené ma vie et ses choix depuis bien 25 ans. Servir la pensée critique, la liberté de conscience, manifester que la foi est intelligente, c’est-à-dire sensible, attentive au réel des femmes et des hommes de toute époque. Bref que Dieu habite ce temps et le désire. Et qu’il réclame des voix, malhabiles mais présentes, pour rendre compte avec douceur et opiniâtreté de son engagement en faveur de tout l’humain et de tout humain.

Je suis venue à l’écriture par des chemins buissonniers. Membre de l’Ordre de Saint Dominique, ma prédilection va depuis toujours à la parole. La Parole de Dieu avant tout, méditée, scrutée, priée, aimée. Une Parole qui abrite les détresses et les joies de chacun et de tous. Qui n’exclue jamais. Elle raconte notre aventure. C’est elle qui fonde ma propre parole, studieuse et engagée. Que ce soit à la faculté de théologie, avec des groupes de travail, de professionnels, de responsables en Eglise, de chrétiens qui se vivent à la marge de l’institution, en public, ou enfin dans l’intime de conversation. J’essaie de faire en sorte que ma parole soit fondée, libre et responsable. Surtout qu’elle participe à donner espérance et goût de vive. Bref qu’elle soutienne la vie et les tentatives de vivre, de mieux vivre. De survivre parfois à tant de chagrins.

Ce sont donc ces auditeurs aux multiples visages – et la ténacité d’éditeurs et éditrice qui ont rendu possible le passage difficile à l’écriture, dans une continuité profonde avec mon travail intellectuel, académique comme avec tous mes implications. Le projet : offrir de quoi penser soi-même en proposant quelques balises, soutenir le pas de l’existence fragile de l’autre, transmettre le goût de ce Dieu qui aime l’humain et désire le meilleur pour lui. D’un Dieu donné au monde. Écriture marquée d’une obsession qui l’a rendue souvent laborieuse, lente : celle du mot le plus juste possible.

Dans ce livre, comme dans les précédents, ai-je été attentive, parfois jusqu’à une forme d’angoisse, afin que chaque mot soit au plus prêt de ma pensée, de sa ma sensibilité et que ces pages puissent être reçu par l’autre sans brutalité. S’approcher timidement de la vérité, sans violence ni dureté. Laisser entrevoir que la quête de la vérité pratique, de la vérité éthique, celle de l’agir, de l’inclination de l’existence, se fait ensemble, auteur et lecteurs.

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Véronique Margron, Prix essai 2011

Le 7 juin 2011 à Paris, lors de la remise du prix des Ecrivains 2011, Colette Nys-Mazure a présenté la lauréate, catégorie essai, Véronique Margron, pour Fragiles existences (Bayard).

margron“Elle sillonne les rues d’Angers dans sa voiture jaune citron, prépare ses cours dans le TGV, court de colloque en conférence…Moraliste réputée, première femme à avoir été doyen d’une faculté de théologie, Sœur Véronique Margron est une dominicaine très demandée. Une religieuse « de plein vent » pour qui l’attention aux questions de société trouve sa source dans le secret d’une prière au pied de la croix.

Ainsi s’ouvrait la conversation qu’a menée Maryvonne Buss avec Véronique Margron pour le mensuel Panorama d’avril. Je n’ai pu m’empêcher de lui emprunter ce portrait à main levée tant il me semble fidèle à la personnalité tout terrain de notre lauréate.

Et cependant cette femme active, ancrée dans la vie d’aujourd’hui, est une questionneuse de grands fonds. L’ouvrage que couronne ce 7 mai le jury des Ecrivains Croyants est une autre conversation, avec Claude Plettner cette fois. Il interroge nos Fragiles existences contraintes d’orienter leur vie dans le dédale des questions de toujours, mais aussi d’une brûlante actualité.

En un peu plus de 150 pages et sept chapitres, elle s’attache au sens contemporain de l’hospitalité , de la parole bonne, de l’ambiguité, de la sagesse et de la folie. Alors que l’axe du monde change, tenter dans ce temps qui est le nôtre, de chercher la place de la conscience et, envers et contre tout, se mettre en quête du bonheur, de la joie.

Sans jargon, mais avec le souci de vulgariser au sens noble du terme, notre théologienne ose affronter les thèmes qui dérangent tels l’euthanasie et marcher sur cette ligne de crête – une expression qu’elle aime- entre les sources bibliques, ecclésiales et les cris de notre époque. Issa, le poète japonais, écrit « En ce monde nous marchons sur le toit de l’enfer et nous regardons les fleurs ». Ainsi fait-elle, confiante sous l’étoile Patience, chère à Supervielle, un autre poète.

D’abord se mettre à l’écoute sans préjugé. Vertu de l’attention qui invite à la prudence, au respect d’autrui, à l’a concentration, et ouvre à l’invention de voies nouvelles. Attention à soi, comme nous y invitait Anne Philippe « Etre à soi-même une présence amie », afin de l’être à l’autre. « Souvent le premier rapport à l’étrange est la relation à soi-même ! »observe Véronique Margron.

Ce qui l’inspire ? l’écoute des sources de la foi , la parole vivante. Eveil, veille et émerveillement, trois mots qu’elle nourrit de sa réflexion et de sa pratique

Avec elle, nous désirons consulter la lumière ; alors, dans notre humus, fleuriront les promesses d’un plus être, d’un mieux être, avec tous.”

Colette Nys-Mazure