Salon des Ecrivains croyants : des textes en lecture

Parce que les textes peuvent résonner, les mots prendre corps, il faut donner de la voix à l’écrit. Durant tout le salon des Ecrivains croyants qui aura lieu le samedi 17 mai à la mairie du VIe arrondissement de Paris, le salon de lecture permet aux écrivains de mettre en voix leurs derniers textes. Une rencontre, une pause, un souffle proposés aux visiteurs.

Les lectures se déroulent en continu (excepté l’interruption de la conférence).

Horaire : 14 – 15h/16h15 – 18h15 : 12 lectures

 

14h : Emmanuel Godo pour La Conversation, une utopie de l’éphémère (PUF)

14h15 : Claire Daudin pour Dernières nouvelles du Christ (Le Cerf)

14h30 : Anne Ducrocq pour Quand je suis faible, je suis fort (Bayard)

14h45 : Alain Durel pour L’archipel des saints (Albin Michel)

interruption…………..

16h15 : Cecilia Dutter pour Un cœur universel, regards croisés sur Etty Hillesum (Salvator)

16h30 : Patrice Obert pour Un projet pour l’Europe (L’Harmattan)

16h45 : Colette Nys-Mazure pour Le soleil, ni la mort, Vallotton (Invenit)

17h : Christophe Henning pour Christian de Chergé, moine à Tibhirine (Médiaspaul)

17h15 : Violaine Barthelemy au nom de l’Association Charles Péguy notre jeunesse (1910) et Le porche du mystère de la deuxième vertu (1912)

17h30 : Olivier Lemire pour Chemins d’Assise, l’aventure intérieure (Bayard)

17h45 : Christiane Rancé pour François, un pape parmi les hommes  (Albin Michel)

18h : Jean-Michel Touche pour Bienvenue dehors ! (Salvator)

18h15 : FIN

Claire Daudin : Mon roman juif

Pourquoi j’ai écrit ce livre

“Il y a des rendez-vous manqués, des rencontres qui n’ont pas lieu dans l’Histoire, ou seulement sous la forme de la persécution. Mais dans le livre, tout est possible, et c’est pour cela que j’écris. C’est pour cela que, moi la chrétienne, j’ai écrit Mon roman juif, où des univers qui s’étaient ignorés jusqu’aux temps de mes grands-parents se rejoignent en la personne de mes héros, Ariel et Olympe, chacun invitant l’autre à le suivre, à le connaître, à le reconnaître dans sa différence et sa proximité.”

Résumé…mon roman juif

Mon roman juif, ma romance, ma belle histoire. Celle de deux adolescents qui n’auraient pas dû se rencontrer, Olympe, issue de la vieille chrétienté française ; Ariel, survivant qui s’ignore d’un monde anéanti, le shtetl polonais. Chacun est pour l’autre une incitation au départ. Pour l’autre, chacun va quitter la maison de ses pères, « vers un pays que je te montrerai ». De la Montagne sainte-Geneviève aux faubourgs de Lublin, des versions latines aux récits hassidiques, Olympe se lance à la poursuite de l’ami énigmatique, le garçon qui marchait trop vite dans les couloirs du lycée. C’est à Moissac qu’Ariel, par un étrange détour, trouvera le secret de ses origines. Sous le regard de Jérémie, le prophète sculpté dans la pierre. Récit poétique où s’entrelacent visions oniriques et souvenirs de lectures, Mon roman juif traverse les générations, les frontières, les mondes, pour ouvrir un espace où ce qui était séparé se rejoint, ceux qui était perdus se retrouvent et s’unissent « sous le ciel tendu comme un dais ».

Extrait

Dans la voiture, Olympe a laissé glisser la carte. Elle ne fait pas attention au chemin, elle ne suit plus le trajet. L’air qu’ils respirent, douceur de l’air. La lumière les nimbe. Le silence, que pas un mot ne fissure, les enveloppe. Les enfants à l’arrière, comme ils sont sages ! L’un à côté de l’autre, et qu’importe où ils vont. Que cette heure jamais ne s’achève… Ce jour glorieux, qu’il dure à jamais ! Un instant, son regard effleure le bras de celui qui conduit. La lumière sur sa peau si pâle, la lumière les auréole. Promesse tenue, perfection, plénitude. Elle ne sait même pas où on est.

Le bonheur d’Olympe est si plein, il emplit l’habitacle. C’est Ariel qui conduit. De tout temps il sait où l’on va, dans les couloirs du lycées il la précède et la guide. Un jour, elle le perd. Au volant, il ne s’explique pas qu’elle soit là, avec leurs enfants, dans cette voiture qui les mène inexorablement vers Septfonds. Ton bonheur, Olympe, me fait taire et me fait réfléchir. Faire le bonheur d’une femme, c’est toujours quelque chose… Et maintenant, où est-ce que je t’emmène avec moi ?

Mon roman juif, Claire Daudin, Cerf, mars 2011, 107 pages, 13 €.