Frédéric Brun – Éditions POESIS “Habiter poétiquement le monde” – Anthologie manifeste – Seconde édition augmentée

EDITIONS POESIS

Le mot de l’éditeur :

POESIS réunit dans cette anthologie plus de 150 auteurs de toutes les disciplines, des poètes, des écrivains, des philosophes, des scientifiques ou sociologues qui nous rappellent la nécessité d’Habiter poétiquement le monde, aujourd’hui plus que jamais : Hölderlin, Novalis, Keats, Thoreau, Emerson,  Hugo, Lamartine, Proust, Walser, Camus, Char,  Bobin, Weil, Dickinson, Plath, Hillesum, Adnan entre autres, et des membres de l’association Écritures & Spiritualités comme Colette Nys-Mazure, son président d’honneur François Cheng ou l’un de ses fondateurs, Claude Vigée, récemment disparu.

« Tout ce qu’on fait est un acte de poésie ou un tableau si on le fait avec conscience. Faire pousser une laitue, c’est de la poésie ». Cette pensée du moine zen Thich Nhat Hanh ancre profondément la poésie dans notre quotidien. « Fais de ta maison, fais de ta vie une poésie ! »déclare en 2018 Laurence Vielle, poétesse nationale Belge […] Le moindre de nos gestes a son importance dans un monde qui apparaît de plus en plus imprévisible […] Habitons la terre avec lenteur, émerveillement et humanisme.

« Poésie, la vie future à l’intérieur de l’homme requalifié », ce fragment de René Char est à graver dans nos mémoires avec cet autre « Hâte-toi de transmettre ta part de merveilleux, de rébellion, de bienfaisance ».

[…] Et même si la poésie n’affirme rien de définitif, sa lumière sera toujours là pour nous éclairer. La citation de Yang Wan-li au XIIème siècle clôture cette deuxième édition de l’anthologie-manifeste Habiter poétiquement le monde : « Oubliez les mots, oubliez le sens, la poésie est encore là. »

Frédéric Brun, éditeur.

Extrait :

Un fragment de Claude Vigée

J’allie en moi la tentation du poète qui se veut le danseur de l’instant, le figurant fugitif de l’éphémère sans prix, et la tentation antithétique du sculpteur qui voudrait se faire le danseur immobile de l’éternité […] Être présent au monde tout à la fois c’est recréer en notre finitude morcelée un être humain entier […] Un humain qui ne soit pas seulement fait de dam, de sang qui coule, qui fuit avec le temps, qui brûle avec notre vie et qu’on ne revoit plus ; mais enfin le véritable A-dam, l’homme accompli porté par son initiale sainte et silencieuse, seule garante de notre unité intérieure, Adam fils de l’Aleph qui est la pierre de fondation occulte de tout ce qui surgit un  moment à l’être pour s’évanouir demain soir dans le fleuve joyeux des feux follets célestes.

Éditions POESIS, Septembre 2020

Cliquez ci-dessous pour écouter le Podcast dédié à ce livre (France Inter) :

https://www.franceinter.fr/emissions/philosophie/philosophie-06-novembre-2020

Frédéric Brun – Perla

Le mot de l’auteur :

Peu après la mort de ma mère, Perla, je rencontre la femme de ma vie et devient père pour la première fois. Perla a été déportée cinquante ans plus tôt à Auschwitz. Je tente de comprendre son épreuve et lis de nombreux témoignages sur les camps. Étrangement, au même moment, je me sens attiré par les poètes allemands Novalis, Hölderlin, Schlegel, et le peintre Caspar David Friedrich, qui désiraient attraper l’âme du monde. Avec eux, je trouve l’apaisement et j’essaye de comprendre : comment un même pays a-t-il pu engendrer une poésie aussi pure et la barbarie la plus atroce ?  J’ai voulu écrire un livre de correspondances, sur l’amour, la naissance, la mémoire et la transmission.

Extrait :

Je veux me connecter mais certainement pas au vide de mon époque. Avec son voyage intérieur (Gemüt), Henri* nous apprend simplement à regarder, écouter, ressentir. En nous limitant au visible, nous ne vivons que partiellement. L’invisible est pourtant si proche. Les vivants l’ignorent souvent. La mort de ma mère m’ouvre de nouvelles portes. Ma douleur me fait comprendre que le véritable chemin mène vers l’intérieur et que Perla est toujours en moi. Tout ce que j’écris me tourne vers elle.

Et pourtant, comment Novalis, les poètes allemands et les généraux de Hitler ont-ils pu pousser sur le même arbre généalogique ? L’âme germanique du dix-huitième siècle nous renvoie à la nature, à l’infini, à la quête d’un idéal, d’un absolu. Victor Klemperer, dans LTI, la langue du IIIe Reich, analyse le verbe sich entgrenzen qui signifie anéantir toutes les frontières de sa personnalité, ne faire qu’un avec l’univers, se dépasser, briser ses chaînes, évoluer en toute liberté. Ces termes nous mènent autant au fascisme qu’au romantisme !

*Personnage principal, apprenti poète, du roman inachevé de Novalis, Henri d’Ofterdingen.

Éditions Poesis, octobre 2020

Frédéric Brun est l’auteur de quatre livres : Une trilogie avec Perla (2007), Goncourt du premier roman, prix Marie-Claire-Blais au Québec, Le Roman de Jean (2008), et Une prière pour Nacha (2010) pour lequel il a reçu le prix Écritures et Spiritualités, ainsi qu’une biographie Novalis et l’âme poétique du monde (2015), finaliste du prix Femina essai. Perla a été traduit dans plusieurs pays européens et aux États-Unis. Publié en Allemagne en février 2020 à l’occasion du 75e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, il rencontre un bel accueil critique. Ce roman est un peu la première pierre des éditions Poesis créées en 2015

Frederic Brun, Novalis et l’âme poétique du monde

Pourquoi j’ai écrit ce livre

« La poésie est le réel véritablement absolu. C’est le noyau de ma philosophie. Plus c’est poétique, plus c’est vrai » a écrit Novalis. Dans ses livres, il nous propose un voyage dans le royaume d’une poésie, que l’on appelle « originelle », « absolue » ou « infinie ». Fasciné par la courte vie de cet être non seulement poète, mais aussi religieux, philosophe, et scientifique, je suis parti sur ses traces en Allemagne, dans le cadre d’une Mission Stendhal. Mes recherches m’ont permis de présenter son parcours sous la forme d’un roman biographique. Mon travail d’écriture est arrivé à la même période que mon désir de créer les éditions Poesis, qui vont se consacrer à la relation poétique avec le monde. Novalis était ainsi l’auteur idéal pour les premières parutions de cette maison d’édition.

couv novalis

Résumé 

Friedrich von Hardenberg, plus connu sous le nom de Novalis est l’un des poètes les plus purs qui ait jamais existé. Ce livre alterne le récit de sa vie, l’étude de son œuvre, sa réception par de nombreux auteurs à l’heure des grands bouleversements du siècle dernier et des réflexions sur sa modernité qui demeure toujours d’actualité.

Extrait

“La religiosité est au centre des réflexions des premiers romantiques depuis la parution d’un livre Discours sur la religion de Friedrich Daniel Ernst Schleiermacher. Selon ce théologien, Dieu et le monde ne font qu’un…Novalis s’enthousiasmera pour cette doctrine dès sa parution en 1799. Son esprit s’enflamme en lisant son manifeste. Né protestant, ardent défenseur du christianisme, sensible au panthéisme de Spinoza, il imagine l’arrivée d’une religion nouvelle et d’une révolution spirituelle. Le cercle d’Iéna estime désormais que Novalis est le plus mystique, le plus religieux d’entre eux. Il incarne peu à peu, au fil du temps et de ses écrits, un « Christ romantique ». La religion du cœur lui correspond parfaitement. Seul l’amour peut faire surgir le meilleur de nous. Seul l’amour peut nous permettre de développer nos qualités. Seul l’amour peut améliorer notre relation avec le monde et nous unir de manière magique avec lui. Seul l’amour peut faire éclore le génie poétique.”

 

Frédérique Brun présentera son livre le 20 mai à L’espace Harmattan Invitation-Poesis

Un patient travail d’écriture récompensé

L’association des Ecrivains croyants organisait lundi 20 septembre une rencontre débat autour “des livres, des prix, des écrivains” à l’espace Bernanos (Paris). Cette manifestation était organisée en partenariat avec le Syndicat des libraires de littérature religieuse. Deux membres de l’association, primés en cette année 2010, avaient accepté de participé au débat.

Claire Daudin, Grand Prix Catholique de littérature et Prix des journées du livre chrétien à Tours, a expliqué comment “Le Sourire” (éditions du Cerf) était un texte qui s’était imposé à elle. La gravité du sujet – un enfant touché par la maladie dès la naissance – ne l’avait pas empêchée de voir tout ce qu’il y avait d’amour entre ce fragile enfant condamné et ses parents. Un livre d’espérance, qui a donc retenu l’attention de deux jurys, ce que l’auteur a accueilli avec joie. C’était pour Claire Daudin, une forme de reconnaissance précieuse… qui n’avait pas d’incidences sur son travail,et très peu sur la vie commerciale de son livre.

Frédéric Brun, auteur de “Une prière pour Nacha” (Stock), Prix des Ecrivains croyants 2010 rencontre prix écrivainscatégorie littérature, confirmait avoir été, lui aussi, porté, poussé, par son sujet. après avoir évoqué la figure maternelle (Perla, Stock, 2007) et le portrait du père (Le roman de Jean, Stock, 2008), c’est donc la tante Nacha qu’il faisait revivre dans cet ouvrage. Avec la difficulté de l’écrivain qui aborde les proches, et l’histoire secrète et perdue de la famille, puisque sa quête l’a conduit sur les traces des aïeux juifs polonais. Un chemin bouleversant, qui interroge aussi la foi en l’homme et, entre les lignes, l’existence de Dieu.

Animés par Pierre-Yves Camiade, président du SLLR, et Christophe Henning, président des Ecrivains croyants, la discussion avec le public permettait ensuite un échange sur le travail de l’écrivain, l’importance des libraires qui sont “passeurs” de livres, et le souhait, pour beaucoup, de faire découvrir des ouvrages écrits dans la solitude, mais qui portent, en eux, une dimension bien plus universelle, le livre répondant ainsi à la quête de sens et d’intériorité.

Des prix, des livres, des écrivains

Plus de deux milles prix littéraires en France chaque année… et encore plus de prétendants. Un livre distingué a-t-il plus de chance de rencontrer les lecteurs? Quelles sont les qualités d’un livre primé? Y a-t-il une écriture qui conduit à la reconnaissance, voire la consécration? Il existe, dans de multiples domaines, des prix littéraires. L’association des Ecrivains croyants décerne un prix depuis plus de trente ans. Quel est l’impact de telles distinctions, pour le rayonnement du livre, mais aussi pour le travail de l’écrivain ?

Rencontre débat à Paris le lundi 20 septembre 2010

Chaque année, plusieurs membres de l’association sont remarqués et primés. Trois d’entre eux, couronnés en 2010, ont accepté de partager cette expérience au cours d’une soirée organisée en partenariat avec les Ecrivains croyants et le Syndicat des libraires de littérature religieuse (SLLR).

Participeront au débat animé par Christophe Henning, président des Ecrivains croyants :

– Pierre-Yves Camiade, président du SLLR

– Frédéric Brun, prix des Ecrivains croyants pour Une prière pour Nacha (Stock)

– Claire Daudin, Grand Prix catholique de littérature pour Le sourire (Cerf)

– Alain Vircondelet, Prix Mediterranée essai pour Albert Camus, fils d’Alger (Fayard)

La rencontre « 2010 : des prix, des livres et des écrivains » aura lieu le lundi 20 septembre 2010 à 19 heures, à l’Espace Bernanos, 4, rue du Havre, Paris 9°, métro Saint-Lazare.

Frédéric Brun : l’histoire se raconte

Voici quelques extraits de l’intervention de Frédéric Brun lors de la remise du Prix des Ecrivains croyants, le 14 avril 2010, dans les salons de l’hôtel de ville de Paris.

Frédéric Brun« Je me sens à la croisée des religions. Ma mère était juive, mais je suis marqué également par la religion de mon père le christianisme. Mon épouse est chrétienne et mes enfants sont baptisés. Cette mixité a été pour moi longtemps une source d’interrogation, mais elle ne m’a pas mené à une foi morcelée bien au contraire. (…)

Spinoza pendant l’écriture d’Une Prière pour Nacha m’a apporté des réponses essentielles. Il existe selon lui une force divine au-delà des rites et des traditions. Dieu est infini, il est partout. Pour accéder au divin, il faut selon ses écrits, vivre avec une certaine forme de béatitude, en trouvant la joie au-delà de nos déceptions. Nous ne pouvons pas changer le monde, mais nous pouvons changer notre relation avec le monde. (…)

je souhaite exprimer ma reconnaissance à mes parents et Nacha pour tout l’amour qu’ils m’ont donné. J’ai écrit dans mon récit que je souhaitais devenir un narrateur qui s’efface derrière l’histoire qu’il est en train de raconter. Perla, Nacha et Jean ont écrit mes livres d’une certaine manière. Devant leur stèle, un rabbin et un prêtre sont venus successivement prier. Leurs enterrements ont été des moments de tristesse, mais aussi de tolérance et d’espérance. Pour eux je souhaite désormais m’effacer et leur envoyer ce prix comme une prière. »

Frédéric Brun

Une prière pour Nacha, Frédéric Brun, Stock, 2010