Michel Barlow – L’Evangile en relief

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Il est fréquent qu’une page d’évangile ne soit pleinement compréhensible qu’en référence à son contexte historique, culturel… biblique, aussi. Il est devenu banal de souligner qu’un texte évangélique est très souvent tissé de citations, de réminiscences ou d’allusions au Premier Testament. Les premiers lecteurs ou auditeurs des évangiles n’avaient sans doute pas de peine à reconnaître toute cette « épaisseur » biblique du texte évangélique… à la différence de bien des chrétiens du XXIe siècle ! C’est donc un « évangile en relief » que nous proposons ici, en tentant d’expliciter certains de ces jeux de miroir qui apparaissent dans les pages d’évangile proposées à la méditation et à la prédication dans les Églises de la Réforme comme dans l’Église catholique, tout au long de l’année liturgique

Extrait : 

« La liturgie nous fait lire aujourd’hui les tout premiers versets de l’Évangile de Marc. La première phrase – « Commencement de l’Évangile de Jésus-Christ Fils de Dieu » – est à la fois « l’incipit », le titre et une profession de foi dont il faut peser chaque terme. Le mot évangile, d’abord, est riche de sens étymologique (eu-angelion, bonne annonce, de angellô : annoncer. De la même famille : angelos, messager, député et par extension : ange, dans la mesure où les anges dans la Bible sont souvent porteurs d’un message). En grec classique, le terme euangelion désigne une prière ou un sacrifice à l’occasion d’un heureux événement, par exemple la proclamation d’une victoire militaire. Contrairement à ce qu’on entend dire parfois, le terme évangile n’est pas propre au Nouveau Testament. Il est présent notamment en Ésaïe 40.9 où Jérusalem est qualifiée de « joyeuse messagère » (évangéliste !). Et en 52.7, on trouve le verset devenu proverbial : « Ils sont heureux les pas (ou les pieds) du messager de bonne nouvelle…» En Marc, la prédication de Jésus est qualifiée d’ « évangile de Dieu », quelques versets plus loin (1.14). » (L’Évangile en relief, Marc, début du commentaire de l’évangile proposé pour le 2e dimanche de l’avent)

Éditions Olivétan, collection « parole vivante » (2015-2017). Le dernier volume de cette trilogie est paru en octobre 2017.

Michel Barlow est Universitaire retraité (Lettres et Sciences de l’éducation) et théologien protestant. De nombreux ouvrages à thèmes religieux, ces dernières années, essais ou fictions.

Site de mes livres autoédités : barlow.e-monsite.com

Michel Barlow – Roméo et Juliette étaient bien vieux

Pourquoi j’ai écrit ce livre : 

Le livre commence comme un roman : les deux adolescents (imaginés par Shakespeare) ont fait semblant de se suicider, et ils peuvent vivre librement leur amour jusqu’à un âge avancé ! Et c’est en les regardant vivre que le frère Laurent, leur confident, est amené à repenser sa foi… Il se libère peu à peu d’une religion ritualiste et dogmatique, dont leur rigueur fait oublier parfois que le christianisme est d’abord une religion de l’amour ! Le livre s’achève par la comparution de frère Laurent devant l’Inquisition qui, au risque de sa vie, l’amène à préciser le contenu et l’élan de sa foi. Le sous-titre du livre est « la foi insoumise » ! Ce Roméo et Juliette est un bel hommage à l’amour humain, parabole de l’amour de Dieu pour nous, et en écho, de notre amour pour Dieu.

Extrait : 

« Brusquement, le visage de Roméo s’est figé et, avec ce ton de gravité heureuse qui est le sien, chaque fois qu’il me parle de son bonheur d’époux et de père de famille, il s’est interrogé devant nous : « Au fond, ce n’est pas aussi fou que [cela…] de parler à quelqu’un en son absence ! Moi-même, lorsque je suis seul aux champs, dans l’unique compagnie de nos bœufs ou de notre âne, il m’arrive de parler à Juliette, alors qu’elle est à deux lieues de là ! Mais mon élan d’amour pour elle est tellement fort que, dans ces moments de solitude, ma bouche ne peut s’empêcher de lui crier combien je l’aime ! Du fait de la distance, je sais bien qu’elle n’a aucune chance de m’entendre… Enfin, de m’entendre avec ses oreilles, car je suis sûr et certain qu’en fait, elle m’entend ! […]
En entendant roucouler nos éternels tourtereaux, [songeait Frère Laurent], je me disais qu’en fait, lorsque Roméo, dans un grand élan d’amour pour Juliette, lui parle avec la certitude qu’elle l’entend malgré la distance, il est tout à fait dans l’attitude du « priant » qui, malgré la distance – infinie celle-là – qui le sépare de Dieu, élance son âme vers lui. Mais, dans un cas comme dans l’autre, ce qui compte, ce n’est pas ce qu’on dit à Dieu (il le sait déjà !), mais l’élan d’amour qui nous tend vers lui. »

(extrait de Roméo et Juliette étaient bien vieux… Chapitre V « De la silencieuse musique de la parole aimante et priante. »)

Éditions Olivétan , Janvier 2018 

Michel Barlow est Universitaire retraité (Lettres et Sciences de l’éducation) et théologien protestant. De nombreux ouvrages à thèmes religieux, ces dernières années, essais ou fictions.

Site de mes livres autoédités : barlow.e-monsite.com

Michel Barlow – 12 âneries, Histoires d’ânes de la Bible

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

J’ai une immense sympathie pour un personnage biblique trop oublié : l’ânesse de Balaam qui donne une belle leçon de prophétisme à son maître qui s’est laissé plus ou moins acheter par les ennemis d’Israël. La bête se révolte, refuse d’avancer ; son maître furieux lui donne des coups de bâton, et, saisie par l’émotion, l’ânesse se met à parler et le ramène à sa vraie vocation ! A toutes les pages de la Bible ou presque, un âne paisible d’arrête de brouter pour adresser au lecteur de grands signes amicaux avec ses immenses oreilles : une invitation à broder le fil de son histoire avec tendresse et humour. Mes « âneries » sont de vivantes paraboles de l’amour de Dieu pour toutes ses créatures, et surtout pour les plus affairées et les plus inquiètes : les femmes, les hommes et les enfants humains !

Extrait :

(L’âne de deux jeunes garçons a dû être vendu dans la faillite de la ferme.)
« Le soir même, je me retrouvai attaché à la noria d’un puits : condamné à perpétuité à tourner en rond jusqu’à mon dernier souffle pour actionner un chapelet de godets qui venaient irriguer un jardin d’oasis tout proche. […] Mais, tandis que mon corps seul tourne, tourne comme une machine aveugle, mon esprit s’envole vers mes deux chéris. Je ne les ai jamais revus, bien sûr ; mais avec les yeux du cœur, je les vois sans cesse. […] «Mes chéris ! N’ayez peur de rien, désormais : je serai toujours avec vous. Je vous consolerai de vos chagrins d’amour de jeunes gens ; je vous consolerai de votre désespoir d’orphelins, lorsque votre mère vous quittera et que vous demeurerez pétrifiés devant la tombe fraîchement recouverte. Alors, au milieu de vos larmes, un souffle de vent chaud tiédira votre nuque. Et sans doute le reconnaîtrez-vous : il ressemblera tant à la caresse que je soufflais sur vos larmes d’enfants. Alors, j’en suis sûr, sans comprendre pourquoi, vous vous sentirez rassérénés. Je vous le promets, mes deux chéris, jusqu’à la dernière seconde de ma chienne de vie, je serai avec vous, bien installé au plus doux de votre cœur. Après tout, entre un ange et moi, il n’y a que l’épaisseur d’un G ! » (extrait de Douze âneries, histoires d’ânes de la Bible : « L’âne et les deux orphelins » (d’après Job 24, 3)

Éditions Passiflores, Décembre 2017, llustrations de Sylvie Lucel 

Michel Barlow est Universitaire retraité (Lettres et Sciences de l’éducation) et théologien protestant. De nombreux ouvrages à thèmes religieux, ces dernières années, essais ou fictions.

Site de mes livres autoédités : barlow.e-monsite.com

Michel Barlow – Au Bonheur des anges (Recueil de contes)

Pourquoi j’ai écrit ce livre:

Seize petits récits jubilants qui peuplent le ciel et la terre d’une pléiade d’anges (et d’ « angesses » !). Ces petits êtres « faits de plume et de rêve » sont rigolos, bons vivants, et leur joie d’aimer est contagieuse ! Plus que des contes, ce sont sans doute des paraboles qui donnent à penser et même, si possible, à prier ! Pour mes petits anges, il y a quatre vertus théologales et non pas trois : à part la foi, l’espérance et la charité, il y a la joie « qui doit être le fond de nos vies » !

Extrait :

« Et [en voyant mourir son Fils en croix], Dieu pleure à longs sanglots, dans son amour paternel piétiné. Et les larmes ruissellent sur ses joues comme des perles étincelantes. Et certaines tombent sur les nuages du ciel, grandes masses molles et fertiles où fleurissent les promesses de beau temps comme les colères de l’orage. Dieu sème ses larmes dans les nuages. Et il en germe des anges de lumière.

Un ange qui naît des larmes de Dieu n’est pas fait pour virevolter autour des pauvres joies des humains et de leurs rêves candides. Un ange qui naît des larmes de Dieu ne peut être que l’infirmier de sa miséricorde. Il vole à tire d’aile, d’un bord à l’autre du chagrin du monde, partout où l’on pleure et où l’on fait pleurer Dieu. Les chagrins d’un enfant sont les plus volatils – petits nuages noirs qu’un souffle de tendresse fait s’envoler. Un petit sanglote toutes les larmes de son corps et même bien davantage. Il semble que la pompe à larmes jamais ne tarira. Un ange passe et souffle à son oreille une histoire hilarante. Et voilà qu’au beau milieu d’un sanglot déchirant, le gosse se met à rire comme un petit fou. Ne lui demandez pas pourquoi. Il ne s’en souvient plus : l’ange est déjà reparti vers d’autres larmes à consoler.

Les chagrins d’adulte sont plus difficiles à déloger. Ils font la guerre des tranchées dans les âmes. Ils se barricadent dans des casemates et des châteaux forts de désespoir. Et les anges déménageurs de chagrin s’usent les bras à aller les chercher au cœur du béton. Il arrive même parfois que les pompiers du ciel ne parviennent pas à éteindre les incendies du cœur…. » (extrait de Au bonheur des anges, « Les Larmes de Dieu ou les anges de la miséricorde »).

Éditions Passiflores, Décembre 2017avec des illustrations hilarantes de Sylvie Lucel 

Michel Barlow est Universitaire retraité (Lettres et Sciences de l’éducation) et théologien protestant. De nombreux ouvrages à thèmes religieux, ces dernières années, essais ou fictions.

Site de mes livres autoédités : barlow.e-monsite.com

Michel Barlow : Quand l’Evangile est un enfant

Pourquoi j’ai écrit ce livre

Quand on se promène chaque jour au doux pays de l’Évangile, on devient un familier de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants aussi, qui croisent la route de Jésus, et l’on ne peut s’empêcher parfois de se prendre d’affection pour telle ou tel d’entre eux ! C’est ainsi qu’un jour, je me suis demandé ce qu’avait bien pu devenir ce fils de centurion romain, que Jésus guérit en s’émerveillant de la foi de son père. Ce n’était pas possible : ce petit bonhomme n’avait pu continuer à vivre sa vie d’enfant « comme si de rien n’était », seulement soucieux de gagner ses parties de billes ou d’osselets ! Et je me suis mis à rêver : et si ce jeune garçon s’était mis à suivre le rabbi de Nazareth sur les routes de Palestine ? Quels visages du Christ et de son enseignement aurait-il découverts, avec son intelligence et sa sensibilité d’enfant romain un peu « décalé » par rapport à la culture juive ambiante ? Dans ce roman, tout est imaginaire et tout est authentiquement biblique !

Michel Barlow

barlowEn résumé

Le familier de la Bible reconnaîtra sans peine certains épisodes de 1’Évangile, le nom de certains personnages ; par ailleurs, les apports de l’exégèse biblique, voire de l’archéologie, sont mis à contribution pour tracer de façon réaliste le cadre du récit. Le héros du roman est le fils du centurion guéri par Jésus. L’aventure du rabbi de Nazareth est revue à travers les yeux de cet enfant, joueur, sensible, affectueux comme on peut l’être à son âge.

Extrait

Le petit Rufus qui, comme à l’accoutumée, marchait tout contre Jésus, la tête passée sous son bras, sortit un instant de sa tendre cachette pour déclarer à son ami Iéchoua : «Sur la montagne, rabbouni, je t’ai vu avec mes yeux, tel que mon cœur te voit chaque jour dans la plaine ! Tu es vraiment le Fils de Dieu !”

– L’enfant a raison, déclara Jésus au petit groupe de disciples : c’est parce que vous étiez en prière, parce que rendiez grâce au Père de tout votre cœur, qu’un instant – un instant seulement ! – vous avez été clairvoyants. C’est la prière qui nous fait voir toutes choses avec le regard du Père, comme un reflet de sa Gloire…

– Oh, léchoua ! reprit Rufus en se cachant tout à fait dans les bras de Jésus, j’ai vraiment compris cette fois, non… J’ai vécu ce que je te disais il y a peu de temps : tu es le miroir qui nous renvoie le soleil de Dieu ! Mais, parce que tu nous aimes, nous ne sommes pas éblouis !»

Quand l’Évangile est un enfant, Michel Barlow,  Éditions Golias, juillet 2011, 318 p., 16 €.