Patrick Banon : Le jumeau du Christ

Pourquoi j’ai écrit ce livre

“Après m’être consacré à la biographie romanesque de Flavius Josèphe, il m’a semblé naturel  de faire un bond d’une cinquantaine d’années en arrière pour revenir aux sources de la pensée baptiste et tenter de ressentir et faire ressentir l’atmosphère de ces années où naissait l’espoir. C’est l’humanité de Jean le Baptiste qui m’a touché. Nous avons en effet tendance à emprisonner des personnages dans une dimension mythique alors que c’est la dimension humaine de ces héros qui est extraordinaire. Jean est avant tout un fils, puis un adolescent vivant dans un monde en chaos au bord de la disparition. Homme, il va apporter à son peuple puis à l’humanité en général les clés d’un nouveau monde, avec la conscience d’une renaissance  perpétuelle.  Aujourd’hui, à l’heure où une diversité de cultures cohabite sur une terre désormais partagée,  le message de Jean le Baptiste parait essentiel : c’est bien dans le regard de l’Autre que l’on se découvre soi même.”

Patrick Banon

En résuméLe jumeau du Christ

À l’aube du Ier siècle, la République romaine vit ses derniers jours, le temple de Jérusalem vacille, l’empire se prépare à entrer dans une nouvelle ère. À Jéricho, Hérode le grand persécuteur s’éteint, laissant derrière lui des héritiers qui se déchirent et une nation exsangue. Leur terre occupée, les Juifs voient leur monde disparaître et leur peuple se diviser. C’est dans ce monde à bout de souffle que naît Jean le Baptiste, d’une mère stérile et d’un prêtre sans âge. C’est dans le désert qu’il portera le fer de la parole jusqu’aux rives du Jourdain.  C’est aux frontières de la Terre promise qu’il s’opposera à Hérode Antipas, aux lois romaines et à leurs messagers, Tibère, Séjan, Ponce Pilate. Un héroïsme précurseur éclairé par l’ombre fatale de la princesse Salomé.

Auteur de Flavius Josèphe (2007), Patrick Banon dévoile dans cette épopée initiatique les sources de la révolte de Jérusalem contre Rome et l’émergence de la pensée chrétienne.

Extrait

“La rumeur dorée qui enveloppe Salomé d’un halo de mystère scintille paisiblement, le plat rond posé tel un soleil couchant oublié au bout du monde. Si le messager a galopé sans répit pour lui rapporter la tragédie de son peuple, c’est qu’il désirait plus que tout rencontrer la légendaire fille d’Hérodiade, celle que les ragots accusent depuis une quarantaine d’années d’avoir exigé du tétrarque Antipas la tête d’un prophète sur un plat d’argent. Avec appréhension, le Gaulois lève les yeux vers le fruit défendu, cette femme fatale au sang partagé entre la cruauté d’Hérode le Grand, un ogre davantage qu’un grand-père, et la sainteté de la lignée hasmonéenne des princes-grands prêtres, issue du glorieux Judas Maccabée, qui libéra son peuple du joug séleucide. Judas au surnom en forme de marteau enfonçait dans le crâne de ses ennemis le signe sacré de Yahvé, alors qu’Hérode l’épée au poing n’avait de cesse d’égorger les enfants d’Israël.”

Le jumeau du Christ, Patrick Banon, Presses de la Renaissance, janvier 2010.