Florence Bosviel – Et toi Grand-mère, en quoi tu crois ?

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

La nécessité d’écrire ce livre s’est soudain imposée à moi, comme une évidence ! L’écriture fait partie de ma vie depuis de longues années. Et les circonstances familiales ont fait le reste.

Chrétiens tous les deux, mon mari et moi avons élevé nos enfants dans la foi qui est la nôtre, considérant qu’elle était un pilier de vie essentiel. Ceux-ci ont fait de même avec leurs propres enfants. Avec une exception pour notre dernier fils, dont la femme est musulmane : ils ont choisi d’accompagner leurs filles, encore petites, dans les deux traditions, et de les laisser choisir plus tard.  

Mais les temps ont changé. Six de nos petits-enfants baptisés ont aujourd’hui entre 27 et 16 ans. Leurs positionnements sont très variés, mais ils ont majoritairement pris leurs distances par rapport à la foi de leur enfance. J’ai vraiment senti que pour le fossé se creusait : ils avaient grandi, et leur foi n’avait pas évolué avec eux. Ce constat a fini par m’interpeller profondément.

Pour toutes sortes de raisons, notamment du fait d’un certain éparpillement géographique, nous avions vraiment peu l’occasion d’approfondir le sujet. Qu’à cela ne tienne : les mails et les échanges par WhatsApp allaient effacer l’obstacle matériel. Restait à cerner les obstacles spirituels : je leur ai donc proposé de m’envoyer toutes les questions qui jouaient en eux le rôle de frein, de désintérêt, d’incompréhension, voire de révolte…

Je m’engageais bien sûr à leur répondre. Mais je leur demandais surtout de me renvoyer ma copie lorsque mes réponses leur sembleraient peu pertinentes, insuffisantes, voire obscures… car ils allaient être les premiers lecteurs de ce qui, dans mon esprit, pouvait devenir un livre. L’aventure aurait tout à fait pu garder une dimension familiale… mais voilà, je savais bien que notre histoire n’avait rien de singulier ! Nous pouvions, ensemble, rejoindre d’autres jeunes, d’autres parents, d’autres grands-parents. Avant l’éditeur, iIs seraient donc mes premiers critiques !

Extraits:

“Tout le savoir du monde ne suffirait pas à faire naître la foi en toi. Réfléchis à la manière dont se sont créées tes amitiés : tu n’as pas eu besoin de preuves. Quand une relation naît entre deux êtres humains, ils commencent par prendre le temps de se connaître. C’est en cheminant ensemble que l’amitié ou l’amour se tissera entre eux. C’est pareil pour la foi.”

“Toute personne capable d’amour vrai est proche du vrai Dieu. Qu’il s’agisse de celle qui a une autre religion, comme de celle qui se passe de Dieu, soit qu’elle ne puisse en conscience se prononcer sur son existence (elle est agnostique), soit qu’elle affirme ne pas croire en lui (elle est athée).”

“Sans la Résurrection, Jésus ne serait plus qu’un prophète. Sa mort n’aurait fait qu’ajouter de la désespérance au monde. Il aurait laissé un enseignement propre à susciter une foule de sympathisants, y compris chez les non croyants. Mais la foi chrétienne n’aurait plus de raison d’être.”

“La communion n’est pas de la magie (…). Cette présence et cette nourriture ne sont réelles que si tu reçois le pain avec une faim qui témoigne de ton manque, donc de ta disponibilité. Et dans la confiance en son pouvoir de transformation. Car (…) le pain de l’Eucharistie est l’aliment qui vient redynamiser ta capacité d’aimer.”

“Pour inscrire Dieu dans ta vie, n’hésite pas à lui parler au beau milieu de tes journées. Le silence ambiant est rare, mais tu peux très bien t’adresser à lui dans le métro. Essaie de faire un peu de silence intérieur, d’arrêter la bousculade de tes pensées. Mais si elles continuent à tourbillonner, sers-toi d’elles. Tout peut être sujet de prière.” 

(A propos du scandale du mal) : “Comment continuer de demander des comptes à celui qui a choisi de partager notre condition ? Loin d’être une puissance qui écrase l’humanité dans l’indifférence, il vient se batte à ses côtés.”

Editions du Cerf. Mars 2018.

Florence Bosviel est chrétienne, de tradition catholique. Professionnellement, sa vie s’est organisée autour de deux axes : la psychologie et le journalisme. Mère et grand-mère, elle s’est toujours sentie interpellée par la question de la transmission de la foi. Elle a également publié « Quand tout bascule, où va la vie ? » (Salvator).

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