Bernard Grasset : Philosophie et exégèse

 

 Pourquoi j’ai écrit ce livregrasset

Après mon essai sur Les Pensées de Pascal, une interprétation de l’Ecriture, j’ai voulu explorer l’horizon qui s’ouvrait à une philosophie en constant dialogue avec la Bible. Telle fut l’origine de Vers une pensée biblique, où ont commencé à se dessiner les axes directeurs de la philosophie exégétique. Dans Bible, sagesse et philosophie, j’ai repris ces axes à travers une perspective sapientielle et me suis efforcé d’en développer les conséquences.

En guise de conclusion à ces recherches, il m’a semblé indispensable d’illustrer concrètement, à partir de thématiques substantielles, ce que peut être la voie philexégitique. J’ai donc choisi quatre domaines de questionnement comme autant d’exercices de pensée biblique : Regards sur le temps ; Regards sur le beau ; De la condition humaine ; L’expérience du mystère. Ce questionnement, ouvert, herméneutique, existentiel. emprunte des chemins qui puisent dans les lointaines origines pour esquisser une renaissance à venir. L’humble chemin de la philosophie – exégèse cherche à écouter encore ces signes qui nous parlent de l’ailleurs et qui rendent le présent plus humain. Porter un regard sur la temporalité, la beauté, interroger l’existence, la vie, en accueillant le mystère, peut témoigner d’une pensée nouvelle, à la fois de la terre et du ciel.

Bernard Grasset

Un extrait


“L’homme qui peut témoigner librement de la vérité et de la beauté, de Celui qui les incarne à ses yeux, est appelé à traduire les signes de l’univers qui l’entoure. Exister se révèle inséparable d’interpréter. Notre vie s’écoule au milieu des signes. La compréhension exige le geste de la traduction. Les signes tracent comme un message caché au sein de la création. Ne pas traduire, ne pas interpréter, c’est s’exiler du sens. Celui qui traduit croit au sens. Si nous sommes immergés au milieu des signifiants sans signifiés, le voyage devient circulaire, sans destination. Si au contraire ces signifiants expriment un signifié, il convient de les interpréter pour donner sens au voyage. L’homme est la seule créature qui peut interpréter, traduire, car c’est la seule créature douée d’esprit. La traduction est l’acte de l’esprit qui recherche la lumière.”

Philosophie et exégèse (Chemins de philexégèse), Bernard Grasset, Nice, Ovadia, Chemins de pensée, 2014

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