Olivier Le Gendre : Etre père, j’y crois

Pourquoi j’ai écrit ce livre

“Les enfants d’une même famille sont différents les uns des autres par leur propre nature et parfois par choix pour se différencier, pour trouver une existence propre, pour être eux-mêmes, même si c’est par réaction au modèle de l’aîné. Fais-je suffisamment de place à leur différence ? Ne suis-je pas tenté de penser que ce qui a marché pour le premier doit pouvoir marcher pour les suivants ? Alors que, bien entendu, il n’en est rien. Le père est un spécialiste du sur-mesure et en aucun cas un grossiste de prêt-à-porter…”

Olivier Le Gendre


 En résuméle gendre

“Le père adopte son enfant et a pour but d’en faire un être libre ; il agit pour un jour ne plus être utile.” Être père n’est pas acquis d’avance : il faut un certain investissement, une réelle présence, une attention à l’autre reconnu comme fils ou fille. Qu’il soit de la même chair ou pas, l’enfant se trouve « adopté » par cet élan paternel. Une formidable aventure humaine dont on parle peu, car elle ne sort pas de la famille. Olivier Le Gendre, marié, père de cinq enfants, propose aussi une méditation sur Dieu le Père : au fil des rencontres et anecdotes, sa foi se fait convaincante, respectueuse et partagée. Paternelle en quelque sorte.

Extrait

“Je suis père parce que je ne porte pas l’enfant avant qu’il soit né, et parce que je m’efface jour après jour. Je commence à être père quand je sens l’enfant qui pèse dans mes bras, et parce que j’en accepte le poids.

Je suis père et je ne suis pas la personne la plus importante pour cet enfant qui naît. Je suis en retrait ; l’enfant a besoin de sa mère avant de me connaître.

J’accepte de n’être pas au centre de la photo traditionnelle prise à la maternité. Ce sont l’enfant et sa maman sur lesquels est braqué l’objectif. Et c’est très bien comme ça. De cet effacement relatif du départ naît toute vie de père sur la terre. Car il faut décider de devenir père alors qu’être mère est naturel.

L’homme peut-être géniteur sans le savoir, sans l’accepter ou le reconnaître, en le niant ou en le négligeant. La femme sait qu’elle est mère, et elle l’est donc obligatoirement. »

Etre père, j’y crois, Olivier Le Gendre, Bayard, avril 2014, 144 p., 13 €.

 

 

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