Joël Schmidt : Hadrien

 Pourquoi j’ai écrit ce livre

Parce que l’empereur Hadrien est sans doute le plus cultivé et le plus humaniste des empereurs romains, bien plus à mon sens que Marc-Aurèle qui, rappelons-le nous, a été un persécuteur des chrétiens. Or Hadrien, grand voyageur, qui connaît aussi bien les domaines de son empire que les religions qui y sont pratiquées, n’a pas été un persécuteur systématique des chrétiens. Il entretenu même avec certains Apologistes chrétiens des débats qui témoignent de sa curiosité universelle. J’ai consacré à cet effet un assez long chapitre intitulé : la religion d’Hadrien.

 Joël Schmidt


En résuméhadrien

Fils adoptif de l’empereur Trajan, Hadrien (76-138) est légat de Syrie lorsque, à la demande de l’armée, il lui succède en 117. Il rompt aussitôt avec l’impérialisme de son prédécesseur en adoptant une politique défensive sur toutes les frontières de l’Empire. A l’intérieur, son œuvre est durable: il réorganise l’administration en profondeur, partage le pays en quatre districts confié à autant de consulaires, codifie le droit en édit perpétuel. Grand voyageur, cet empereur pacifique a laissé le souvenir d’un homme épris de littérature, de science, d’art et de philosophie. Les ruines de la villa portant son nom, à Tivoli, constituent l’un des témoignages les plus émouvants de l’art romain. A sa mort, Hadrien laisse un empire prospère et en paix. Il aura porté au plus haut l’un des principes de la dynastie des Antonins: ne pas régner par l’hérédité mais selon la loi du meilleur.


 Extrait

“Curieux de tout, y compris de cette religion nouvelle qui l’intrigue, Hadrien apprend à connaître les principaux dogmes du christianisme… C’est pendant l’hiver 125-126 qu’Hadrien reçoit la visite d’un certain Quadratus, alors évêque chrétien d’Athènes, qui lui présente une Apologie des chrétiens. L’Histoire ne dit pas si Hadrien fut impressionné par cette apologie. L’empereur si respectueux de la religion païenne romaine dont il était constitutionnellement le protecteur ne pouvait la trahir, même s’il a été intéressé par l’évêque Quadratus, représentant d’une secte d’origine juive qui fait beaucoup parler d’elle depuis déjà un siècle et demi. Un autre chrétien, Aristide, philosophe et non plus ecclésiastique, vient trouver l’empereur au printemps 126. Il est cette fois impossible à Hadrien d’ignorer la profession de foi de ce philosophe converti au christianisme. L’empereur est trop curieux de toutes les formes de pensée pour ne pas écouter au moins, sans l’approuver, cet apologie qui le renseigne sur une secte qu’il commence à considérer comme une religion en développement sous son règne.”

Hadrien, Joël Schmidt, Perrin, 2014, 360 p., 23 €.

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