Jean-Pierre Boulic : Je vous écris de mes lointains

Pourquoi j’ai écrit ce livre

Je pense que de ce qui fut, rien ne s’efface ; de chaque histoire d’homme, tout sédimente et devient expérience de vie. Les événements, des rencontres, les lectures et leur écho, le monde et toutes les émotions que suscitent ces faits, tracent en chacun un paysage, une réalité insaisissable qui fait sens et donne toute sa saveur au présent. Le poème qui, par définition, touche à l’imperceptible, a pour vocation justement de suggérer, de révéler, avec sa petite musique, les impressions, les couleurs, les images qui en découlent. Fruit du cœur à cœur avec cette expérience jamais achevée, toujours en cours d’accomplissement, il est émerveillement de vivre et gratitude. Ce recueil voudrait simplement, dans la douceur de l’amour, donner en partage une mèche de vie, comme l’a dit un poète au sujet de la poésie.

Jean-Pierre Boulic

En résuméboulic

Les poèmes en prose de Je vous écris de mes lointains présentent un itinéraire de vie s’étendant sur plus de trente ans en tableaux brefs, semblables à ceux d’une exposition, à travers villes et ports, campagne, îles et océan, aube, crépuscule, souvenirs, songes, souffrances, pardons, joie…tableaux d’une vie en quête de la Source. En seconde partie, Carnet d’un poète scrute signes et prodiges de l’Écriture et des événements pour entendre courir la Parole afin de naître, naître enfin de lumière et de beauté.

Extrait

Je vous écris de mes lointains, d’un horizon empli du sel des embruns ; je vous écris avec l’encre des souvenirs, de la pluie sur la joue, de la tendresse dans les lignes des mains. La saison sombre est à son comble ; les hurlements de la houle frappent sans fin la drisse de l’ouvrage. En secret, des îles me font escorte. Un feu s’allume sur la falaise… Gouttes en sourdine sur le caillebotis des mots, notes épinglées au fil des nuages. J’écris sans trouble des mots qui filent avec les ailes du silence. Ouvert à l’inconnu, j’accepte d’être dessaisi et dépassé. J’aime consentir à la voix des prémices. J’entends maintenant l’équinoxe glisser sur la peau de mes mains crevassées où pique le sel des embruns.”

Je vous écris de mes lointains, Éditions La Part commune, novembre 2012, 90 p., 13 €.

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