Le Goncourt pour Jérôme Ferrari et… saint Augustin

Le jury du prix Goncourt a couronné à l’issue du deuxième tour Jérôme Ferrari pour son roman Le sermon sur la chute de Rome (Actes Sud). Ce n’est pas abusif d’y associer saint Augustin, tant la figure de l’évêque d’Hippone hante les pages de cette fiction, jusqu’à même donner son titre au roman primé. C’est ce sermon de décembre 410 qui a inspiré à Jérôme Ferrari cette fable tragique du monde en perdition, reprenant un large passage en exergue :

Tu es étonné parce que le monde touche à sa fin? Etonne-toi plutôt de le voir parvenu à un âge aussi avancé. Le monde est comme un homme : il naît, il grandit et il meurt. (…) Dans sa vieillesse, l’homme est donc rempli de misères, et le monde dans sa vieillesse est aussi rempli de calamités.(…) Le Christ te dit : le monde s’en va, le monde est vieux, le monde succombe, le monde est déjà haletant de vétusté, mais ne crains rien : ta jeunesse se renouvellera comme celle de l’aigle.” (Saint Augustin, semon 81)

Déjà sélectionné pour le Prix des Ecrivains croyants 2010 avec Où j’ai laissé mon âme (Actes Sud), Jérôme Ferrai aurait pu, cette année encore figurer parmi les prétendants au prix de l’association…. Tout comme la Rwandaise Scholastique Mukasonga et son roman Notre-Dame du Nil (Gallimard), qui remporte le prix Renaudot. C’est dire si les questions spirituelles et l’ouverture à la littérature francophone – deux des fondements du prix des Ecrivains croyants – sont aujourd’hui reconnus dans la littérature contemporaine.

Christophe Henning
président du jury du Prix des Ecrivains croyants

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