Christophe Henning et François Soulage : Justice et charité

Pourquoi j’ai écrit ce livre

“Le cadre professionnel m’a permis de rencontrer à plusieurs reprises François Soulage, président du Secours catholique depuis 2008. J’ai toujours été surpris de sa simplicité, de la clarté de son propos, de sa connaissance des dossiers et aussi – n’en déplaise à sa modestie – de la portée de ses analyses. Une parole libre et singulière, tout entière ouverte à la rencontre. D’où venait-il avant le Secours catholique ? Quelle est l’origine de cette vocation ? De longues heures de discussion – de dialogue devrais-je dire plus exactement – ont éclairé une vie d’engagement chrétien, mais aussi politique, économique, militant. Non pas pour en faire un livre d’histoire, mais le témoignage d’une réflexion pour vivre aujourd’hui, et construire la société de demain. Faite de justice, et de charité.”

Christophe Henning

En résumésoulage henning

La justice, tel est le fil rouge de l’engagement de François Soulage. La justice avant la charité. Parce qu’il ne s’agit pas de « faire la charité » aux pauvres mais de leur restituer d’abord ce qui leur appartient. Alors vient le temps de la charité qui est vie fraternelle, communautaire, universelle.

À la source de ce combat, l’Évangile qui conduit au service de la fraternité, cette diaconie que l’Église redécouvre. Engagements politique, associatif, caritatif, ecclésial, familial ne sont finalement que l’expression d’un engagement de foi. « Voici, je fais toutes choses nouvelles », annonce le Christ de l’Apocalypse. Mais cela ne se fait pas sans l’homme. L’avenir est à imaginer.

Extrait

“Quelles sont les mutations qui sont en cours et que nous ne mesurons pas encore ? Il est urgent d’observer les éléments annonciateurs de ces changements, ce que j’appelle les « signaux faibles » dans la société d’aujourd’hui.

Qu’appelez-vous des « signaux faibles » ? De quoi s’agit-il ?

Dans une société où tout est chiffré, budgété, évalué quantitativement et financièrement, on ne se rend plus compte des effets inévitables d’éviction des plus démunis, des personnes qui ne comptent pas et qui n’entrent pas dans le champ de visibilité des décideurs… Ces personnes en difficulté sont dans des situations dramatiques qui tiennent à peu de choses: comment ne pense-t-on pas aujourd’hui à un service minimum de communication ? Comment les demandeurs d’emploi peuvent-ils chercher un travail sans Internet, sans un téléphone portable ? C’est vraiment l’accélération d’une société à deux vitesses.”

Justice et charité, François Soulage, entretiens avec Christophe Henning, Desclée de Brouwer, octobre 2012, 218 p, 18€

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