Nathalie Bauer, prix 2012

Lors de la remise du Prix des Ecrivains croyants le 18 juin 2012 à la Maison de Belgique de la cité universitaire internationale de Paris, c’est Christophe Henning, président de l’association, qui présenta le livre et le travail de Nathalie Bauer, prix 2012 catégorie Littérature pour son livre Des garçons d’avenir (Ed. Philippe Rey).

“Président du conseil général de l’Aveyron, maire de Rodez, il fut élu sénateur dès 1946 … au bénéfice de l’âge puisqu’il obtint exactement le même nombre de voix que son concurrent. Tout à la fois chirurgien et hommes politique réputé, qui siégea au palais du Luxembourg jusqu’en 1971, ce n’est pas cet homme-là que vous avez voulu nous raconter, Nathalie Bauer, mais cet étudiant en médecine qui a pataugé dans la boue des tranchées et les affres de la guerre, qui s’est enlisé dans les entrailles de la terre et les viscères des mourants. Raymond Bonnefous, 22 ans, promis à un bel avenir, n’est autre que votre grand-père et le narrateur de votre roman.

Traductrice d’italien, vous vous faites romancière et interprète des joies et combats de ces garçons sacrifiés. A partir des carnets de votre grand-père et de nombreuses photos qu’il a prises durant cette Grande Guerre, vous avez retracé fidèlement et romancé avec délicatesse cette jeunesse sacrifiée qui voulait vivre. Bonnefous, Declercq, Morin doivent porter secours aux blessés effroyablement mutilés, éventrés, gueules cassées, agonisants… Mais les carabins insouciants sont aussi  prompts à quelque chevauchée dans la campagne, aux permissions dans les cafés-théâtre parisiens, aux amours tissés avec la charmante Zouzou…

Bref : je ne veux pas dévoiler cette histoire qui nous a ému, touché, enthousiasmé. Ce n’est pas (seulement) la figure de l’aumônier – aussi intéressante soit-elle – qui vous vaut aujourd’hui de recevoir le 33e prix des Ecrivains croyants. Des garçons d’avenir célèbre, en quelque sorte, l’indéfectible attachement à la vie. Au plus profond de l’enfer, vos personnages trouvent les ressources d’une vie encore possible, par l’amitié, le quotidien appréhendé dans sa brutale réalité mais aussi dans une intelligence de cœur. Ce n’est pas seulement un livre historique : c’est une histoire universelle. La Grande Guerre, la der des der, nous a fait entrer dans le monde contemporain, et ne nous épargne pas des questions existentielles qui traversent toute vie humaine : la mort, la vie, la souffrance, la confiance. Dieu, en filigrane. Cette pâte humaine est travaillée avec une rare qualité d’écriture. Nous ne sommes pas les seuls à le remarquer : vous faisiez partie de la dernière sélection du prix Femina, vous avez reçu la semaine dernière le Grand Prix du roman décerné par la Société des gens de lettres. Je suis d’autant plus heureux de vous remettre le prix des Ecrivains croyants que vous partagez avec nous – par votre écriture romanesque mais aussi par votre travail de traductrice – le souci de la langue française, de la littérature. Votre écriture, Nathalie Bauer, est sensuelle et limpide, habile à peindre la nature fut-elle meurtrie qu’à dépeindre la nature humaine, dans ses profondeurs et ses éclats. Pour tout cela, merci !”

Christophe Henning

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