Jacques Arènes, prix 2012

Lors de la remise du Prix des Ecrivains croyants le 18 juin 2012 à la Maison de Belgique de la cité universitaire internationale de Paris, c’est Monique Grandjean, secrétaire générale de l’association, qui présenta le livre et le travail de Jacques Arènes, prix 2012 catégorie Essai pour son livre La quête spirituelle hier et aujourd’hui (Le Cerf).

“En vous accueillant ce soir, Monsieur, je regrette de n’avoir pas le talent de dramaturge d’Eric-Emmanuel Schmitt qui fait se rencontrer dans sa pièce « Le visiteur » Freud et Dieu. Vous qui dialoguez, si l’on peut dire, avec l’un et l’autre, j’aurais ainsi aimé mettre en lumière les facettes de vos talents. Psychanalyste, maître de conférence à l’Institut Catholique de Paris et de Lille, au Centre Sèvres, au Centre d’Ethique de la Famille (et cette liste est loin d’être exhaustive), vous nous apparaissez comme le thérapeute des maladies de l’esprit et de l’âme : philosophe, psychanalyste et chrétien tout à la fois.

La Quête spirituelle hier et aujourd’hui, qui reçoit aujourd’hui le Prix Essai des Ecrivains Croyants, est un grand livre, lourd de science et de sagesse, à lire et à relire, à méditer encore et encore ; véritable livre de chevet et je n’ai pas la prétention de le présenter en dix minutes pour en tirer la substantifique moelle. Vous travaillez depuis des années sur les conditions psychiques du fait religieux dans le monde contemporain ; comment articuler le psychique et le spirituel dans l’expérience religieuse, comment penser Dieu aujourd’hui, comment penser la grâce dans une culture de laïcisation des âmes fermées à la transcendance. Nombreux sont les essais qui analysent le paysage religieux d’aujourd’hui, mais seul vous avez eu l’intuition, je cite « que la religion est aujourd’hui en relation forte avec le processus de subjectivation ». En effet l’homme moderne débarrassé de la hantise de la faute, de la culpabilité des temps freudiens, se sent maintenant fragile, victime, blessé et cherche par-dessus tout à se sentir mieux, bien dans sa tête, confortable en lui-même, et la religion est devenue pour lui un espace de construction personnelle : c’est Dieu qui doit combler et nos manques et nos fantasmes.

Je ne parlerai pas davantage de votre livre, du long cheminement historique passionnant qui nous mène de l’homo religiosus à l’homme du XXIe siècle. J’évoquerai seulement en vous l’homme qui se penche sur notre quotidien et s’engage à nos côtés à travers les chroniques de l’hebdomadaire La Vie ou les débats d’opinion des journaux. Je ne citerai que l’article des Débats et Opinions du Figaro daté du 25 mars 2012 concernant la tragédie meurtrière de Toulouse : « L’horreur, dites vous, nous fait cruellement comprendre que ça vaut la peine d’être ensemble et que cette peine partagée retisse ce qui nous unit. Mais dans quelle mesure cette peine pourrait-elle accoucher d’une espérance ? »

Et c’est sur cette question que je vous pose à vous que je termine. Je sais que beaucoup de vos patients, vous consultent, sachant que vous êtes chrétien. Est-ce votre Foi qui vous donne cet optimisme fondamental dont nous avons tant besoin ?”

Monique Grandjean

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