Claude-Henri Rocquet : La vie de saint François d’Assise

Pourquoi j’ai écrit ce livre

J’allais publier Lanza del Vasto, serviteur de la paix aux Editions de L’œuvre. L’éditeur avait le projet de consacrer un livre aux fresques de Giotto à Assise. De mon côté, aux éditions Franciscaines, j’avais écrit François et l’Itinéraire, sur une peinture de Van Eyck qui figure saint François recevant les stigmates, et sur l’une des fresques d’Assise : Saint François parle aux oiseaux. Cette fois, il s’agissait de commenter l’une après l’autre les vingt-huit fresques – chacune des scènes – de l’église haute de la basilique franciscaine.

Claude-Henri Rocquet

En résuméfrancois assise

Giotto a une trentaine d’années lorsqu’il reçoit la commande de raconter la vie de saint François en suivant le récit qu’en fit saint Bonaventure. Ma tâche était de donner à entendre l’action représentée, qui, le plus souvent, n’est pas évidente pour ceux qui n’ont pas lu Bonaventure. Mais on ne retrace pas la vie de saint François sans être conduit à la méditer. Et comment regarder Giotto sans désirer dire son génie, sa modernité, le ciel bleu et le bleu du ciel terrestre naissant après l’or de Byzance ?

Extrait

François et le sultan, l’épreuve du feu

Il s’est avancé seul, et comme nu, sans autres armes que la foi, l’espérance, vers le sultan retranché dans sa forteresse. Il a franchi les lignes et les bivouacs. Les flèches des sentinelles l’ont frôlé, sans l’atteindre. Arrêté, on l’a battu. Les soldats du sultan s’étonnent de ce fakir, de ce soufi, qui leur sourit comme s’il était leur frère revenu d’une terre très lointaine. Et en effet, il est leur frère. Sa gentillesse et son audace, sa douceur, ont attendri les plus durs de ses gardiens. On ne retient pas un ange en otage. Les murs de sa prison tomberaient comme s’effeuille une rose. Et voici qu’il chante, dans la langue de son pays, comme s’il était parmi les siens, un cantique de grâce et de louange à son Seigneur et le prie comme nous prions le nôtre. N’aurions-nous donc qu’un seul et même Seigneur ? Il n’est pas besoin de comprendre ses paroles pour entendre qu’il parle au ciel et que le ciel l’inspire de même qu’il se reflète, lune, étoiles, soleil, dans l’eau limpide et pure de nos vasques, dans le miroir du cœur empli d’amour.

Vie de saint François d’Assise selon Giotto, Claude-Henri Rocquet, photographies d’Erich Lessing, Editions de L’œuvre, 80 p., 45 €.

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