Véronique Margron, Prix essai 2011

Le 7 juin 2011 à Paris, lors de la remise du prix des Ecrivains 2011, Colette Nys-Mazure a présenté la lauréate, catégorie essai, Véronique Margron, pour Fragiles existences (Bayard).

margron“Elle sillonne les rues d’Angers dans sa voiture jaune citron, prépare ses cours dans le TGV, court de colloque en conférence…Moraliste réputée, première femme à avoir été doyen d’une faculté de théologie, Sœur Véronique Margron est une dominicaine très demandée. Une religieuse « de plein vent » pour qui l’attention aux questions de société trouve sa source dans le secret d’une prière au pied de la croix.

Ainsi s’ouvrait la conversation qu’a menée Maryvonne Buss avec Véronique Margron pour le mensuel Panorama d’avril. Je n’ai pu m’empêcher de lui emprunter ce portrait à main levée tant il me semble fidèle à la personnalité tout terrain de notre lauréate.

Et cependant cette femme active, ancrée dans la vie d’aujourd’hui, est une questionneuse de grands fonds. L’ouvrage que couronne ce 7 mai le jury des Ecrivains Croyants est une autre conversation, avec Claude Plettner cette fois. Il interroge nos Fragiles existences contraintes d’orienter leur vie dans le dédale des questions de toujours, mais aussi d’une brûlante actualité.

En un peu plus de 150 pages et sept chapitres, elle s’attache au sens contemporain de l’hospitalité , de la parole bonne, de l’ambiguité, de la sagesse et de la folie. Alors que l’axe du monde change, tenter dans ce temps qui est le nôtre, de chercher la place de la conscience et, envers et contre tout, se mettre en quête du bonheur, de la joie.

Sans jargon, mais avec le souci de vulgariser au sens noble du terme, notre théologienne ose affronter les thèmes qui dérangent tels l’euthanasie et marcher sur cette ligne de crête – une expression qu’elle aime- entre les sources bibliques, ecclésiales et les cris de notre époque. Issa, le poète japonais, écrit « En ce monde nous marchons sur le toit de l’enfer et nous regardons les fleurs ». Ainsi fait-elle, confiante sous l’étoile Patience, chère à Supervielle, un autre poète.

D’abord se mettre à l’écoute sans préjugé. Vertu de l’attention qui invite à la prudence, au respect d’autrui, à l’a concentration, et ouvre à l’invention de voies nouvelles. Attention à soi, comme nous y invitait Anne Philippe « Etre à soi-même une présence amie », afin de l’être à l’autre. « Souvent le premier rapport à l’étrange est la relation à soi-même ! »observe Véronique Margron.

Ce qui l’inspire ? l’écoute des sources de la foi , la parole vivante. Eveil, veille et émerveillement, trois mots qu’elle nourrit de sa réflexion et de sa pratique

Avec elle, nous désirons consulter la lumière ; alors, dans notre humus, fleuriront les promesses d’un plus être, d’un mieux être, avec tous.”

Colette Nys-Mazure

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.