Claire Daudin : Mon roman juif

Pourquoi j’ai écrit ce livre

“Il y a des rendez-vous manqués, des rencontres qui n’ont pas lieu dans l’Histoire, ou seulement sous la forme de la persécution. Mais dans le livre, tout est possible, et c’est pour cela que j’écris. C’est pour cela que, moi la chrétienne, j’ai écrit Mon roman juif, où des univers qui s’étaient ignorés jusqu’aux temps de mes grands-parents se rejoignent en la personne de mes héros, Ariel et Olympe, chacun invitant l’autre à le suivre, à le connaître, à le reconnaître dans sa différence et sa proximité.”

Résumé…mon roman juif

Mon roman juif, ma romance, ma belle histoire. Celle de deux adolescents qui n’auraient pas dû se rencontrer, Olympe, issue de la vieille chrétienté française ; Ariel, survivant qui s’ignore d’un monde anéanti, le shtetl polonais. Chacun est pour l’autre une incitation au départ. Pour l’autre, chacun va quitter la maison de ses pères, « vers un pays que je te montrerai ». De la Montagne sainte-Geneviève aux faubourgs de Lublin, des versions latines aux récits hassidiques, Olympe se lance à la poursuite de l’ami énigmatique, le garçon qui marchait trop vite dans les couloirs du lycée. C’est à Moissac qu’Ariel, par un étrange détour, trouvera le secret de ses origines. Sous le regard de Jérémie, le prophète sculpté dans la pierre. Récit poétique où s’entrelacent visions oniriques et souvenirs de lectures, Mon roman juif traverse les générations, les frontières, les mondes, pour ouvrir un espace où ce qui était séparé se rejoint, ceux qui était perdus se retrouvent et s’unissent « sous le ciel tendu comme un dais ».

Extrait

Dans la voiture, Olympe a laissé glisser la carte. Elle ne fait pas attention au chemin, elle ne suit plus le trajet. L’air qu’ils respirent, douceur de l’air. La lumière les nimbe. Le silence, que pas un mot ne fissure, les enveloppe. Les enfants à l’arrière, comme ils sont sages ! L’un à côté de l’autre, et qu’importe où ils vont. Que cette heure jamais ne s’achève… Ce jour glorieux, qu’il dure à jamais ! Un instant, son regard effleure le bras de celui qui conduit. La lumière sur sa peau si pâle, la lumière les auréole. Promesse tenue, perfection, plénitude. Elle ne sait même pas où on est.

Le bonheur d’Olympe est si plein, il emplit l’habitacle. C’est Ariel qui conduit. De tout temps il sait où l’on va, dans les couloirs du lycées il la précède et la guide. Un jour, elle le perd. Au volant, il ne s’explique pas qu’elle soit là, avec leurs enfants, dans cette voiture qui les mène inexorablement vers Septfonds. Ton bonheur, Olympe, me fait taire et me fait réfléchir. Faire le bonheur d’une femme, c’est toujours quelque chose… Et maintenant, où est-ce que je t’emmène avec moi ?

Mon roman juif, Claire Daudin, Cerf, mars 2011, 107 pages, 13 €.

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