La nuit, le jour, au diapason de la création

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« Même quand, pour soi, la nuit côtoie les ténèbres, le jour revient toujours, il quitte l’immensité obscure et de lève, comme si, après s’être nourri d’elle, reposé en elle, jusqu’à se distraire complètement de sa tâche auprès des vivants, il était prêt désormais à se lever pour les éclairer encore. Cette alternance conditionne la vie, en particulier la vie humaine qui ne peut supporter l’exposition à la plénitude d’un jour privé d’intermittence sans encourir de terribles ravages. Obscurité et clarté sont vitales. Mais c’est bien la pensée que la nuit porte la promesse du jour qui ne cesse de donner et de redonner son dynamisme aux hommes et, parfois en tous cas, de les consoler au terme de leurs jours. Il arrive en effet que celui qui s’en va définitivement dans sa nuit, « rassasié de jours », selon l’expression biblique, s’en remette à d’autres, aux générations nouvelles, pour qu’elles au moins continuent à jouir du jour et de sa clarté et y accomplissent leurs tâches. Cette pensée, rassurante et simple, peut se prévaloir du constat sensible que, malgré la mort des individus, la vie – qui n’appartient ni aux uns ni aux autres – continue. »

Extrait de La Nuit, le jour, page 201, Catherine Chalier, Prix des Ecrivains croyants 2010

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