François Cassingena Trévedy : Etincelles III

Pourquoi j’ai écrit ce livre

« Étincelles III » est la suite naturelle de « Étincelles » (2004) et « Étincelles II » (2007), puisque aussi bien c’est la même nécessité intérieure, la même « observance » (au sens quasi monastique du terme) qui me pousse à consigner, tard dans la soirée, ce petit peu de lumière aperçue, reçue, devinée, qui donne à chaque jour son prix et appelle un fraternel partage. Les étincelles sont des « élucubrations », au beau sens antique du terme, c’est-à-dire des choses écrites à la clarté de la chandelle. Les « Étincelles » sont intégralement originaires de la nuit, s’alimentent à son mystère et n’ont pas d’autre dessein que d’y faire retourner. Écriture spontanément, volontairement fragmentaire qui construit peu à peu une totalité, sans que celle-ci, totalitaire, emprisonne le moins du monde. Car si chaque étincelle est un atome de sens, l’intervalle – le blanc, ou l’espace intersidéral – qui sépare les étincelles est lui-même provocateur de sens à l’infini. L’ouvrage en son entier se conçoit comme un firmament, un océan, une forêt où chacun trace librement son chemin, ou chacun trouve un chemin pour lui tout particulièrement approprié. Livre « interactif », donc, dans tous les sens du terme. Depuis qu’elles sont parues, en leurs trois livraisons successives, les « Étincelles » ont engagé dans le public une sorte de processus nucléaire : elles se colportent grâce à l’amitié et engendrent des amitiés.”

Frère François, monastère de Ligugé

Résumé

etincelles cassingena« Étincelles III » reflète l’évolution sensible d’une pensée en questionnement incessant et multiple. Philosophie, théologie, esthétique, exégèse, éthique, politique, poésie, musicologie : tout fraternise ici de manière symphonique. Tout en un, dans la reliure des saisons amoureusement senties et inlassablement évoquées. Apparemment intemporel (c’est sur le temps cosmique et liturgique qu’il s’articule), le livre est très foncièrement adressé au monde contemporain, moyennant un regard critique qui se veut aussi et par-dessus tout un regard de tendresse. La très longue préface d’ « Étincelles III », écrite par l’auteur lui-même, est un texte capital qui, méditant sur le statut « social » du regard contemplatif, jette les fondements d’un portrait du christianisme dans le monde d’aujourd’hui et de demain. Expression d’une « colère », d’un « orage » passager qui n’est pas sans évoquer la VIe symphonie de Beethoven, « Étincelles III » est incontestablement un livre engagé. Destiné à soutenir la réflexion et l’oraison des hommes et des femmes de ce temps, « Étincelles III » est une œuvre littéraire travaillée dans son architecture subtile (thèmes récurrents, entrelacés) comme dans ses plus petites unités. La langue française cherche à s’élever au degré d’un véritable exercice spirituel.

Extrait

Laisser après soi des livres, laisser après soi des arbress. Laisser des arbres à la fortune de l’océan des hommes.

(…) Dans l’ordre de l’écriture, comme en celui de l’existence qui la porte, lorsqu’on s’est aperçu que l’on habitait bien chétivement les grands mots, l’on se met en devoir et en plaisir d’habiter spacieusement les petits. Ce n’est pas seulement que l’on se sente de plus en plus en retrait sur les grandeurs véritables, mais l’on se sent aussi de plus en plus à l’étroit dans les grandeurs artificielles.

Etincelles III, février 2010, éditions Ad Solem, 480 p., 29 €.

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