Christophe Henning et Alain Richard, Une vie dans le refus de la violence

Pourquoi j’ai écrit ce livre

Faire la connaissance d’Alain Richard ne laisse pas indifférent. Son regard vif et clair, sa simplicité et son enthousiasme sont tels que vous êtes touché sans être intimidé par l’extraordinaire parcours de cet homme fraternel. Lui dire que son chemin pouvait aider les autres, et qu’il fallait le partager, c’était s’exposer à un grand éclat de rire dont il a le secret. Et puis, réflexion faite, Alain Richard a accepté ces longs entretiens qui ont permis l’écriture de ce livre. Alain Richard ne donne pas de leçons : il a accepté de livrer ce qui fut sa vie de prière, de combat non-violent, de fraternité universelle. Raconter « une vie dans le refus de la violence », c’était reprendre patiemment ces rencontres déterminantes, ces engagements sans faille, et ce combat passionnant pour devenir soi-même plus humain.

Christophe Henning

En résumé…refusdelaviolence

Depuis deux ans, dans plus d’une centaine de villes françaises, des citoyens venus de tous les horizons se regroupent sur les places publiques. Ces cercles de silence sont autant de manifestations d’un nouveau genre, censées attirer l’attention du public et des pouvoirs sur la situation inhumaine faite aux étrangers sans papiers dans les centres de rétention.
L’inspirateur de ce mouvement inédit qui est parti de la place du Capitole à Toulouse est un franciscain de quatre-vingt ans, vieux sage à la barbe blanche et au sourire espiègle, personnalité charismatique et en même temps profondément humble. La non-violence du frère Alain Richard, inspirée de l’Évangile, de Gandhi et de la geste du povorello d’Assise, est essentiellement orientée vers la défense des plus démunis. Défense concrète et subversive qu’il a pu exercer, au risque de sa santé et même de sa vie, aussi bien dans les quartiers populaires de Chicago que chez les déshérités du Guatemala, au temps des dictatures les plus sanglantes.
Interrogé par Christophe Henning, journaliste, Alain Richard nous livre avec humour et profondeur le récit de cette vie turbulente, toute entière consacrée à la justice et à la non violence.

Extrait :

Alain Richard : « Il faut beaucoup de temps. La non-violence est faite de constance et de lenteur. Parce que la personne doit patiemment intérioriser et se transformer. Or, vous comme moi, nous ne nous laissons pas faire facilement… Il faut bannir le clinquant de fausses forces. Le pouvoir, le savoir, l’ego, nous leurrent. Ce sont des obstacles à la « force de l’âme ». Soyons clairs : nous n’arrivons jamais à éliminer ces pièges, je le sais très bien ! Je mène le combat depuis des années ! Je reste désagréable par moments, colérique, violent… Mais il faut continuer patiemment, avancer, marcher dans cette direction, fermement, et puis tâcher, simplement, de se laisser remplir par cette force intérieure. (…) Si plus de personnes acceptaient de laisser grandir à l’intérieur d’elles mêmes cette « force de l’âme », au lieu de se lamenter sur les violences et les injustices en faisant confiance en des actions trop « bon marché », alors violences et injustices cesseraient d’avoir tant d’admirateurs et de personnes qui se confient en elles. »

Une vie dans le refus de la violence, Alain Richard, entretiens avec Christophe Henning, Albin Michel, janvier 2010, 272 p., 18 €.

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