Colette Nys-Mazure : Courir sous l’averse

Pourquoi j’ai écrit ce livre
« J’aime la nouvelle, son incision dans le tissu du temps, sa force sans débordement, sa tenue. J’aime suggérer  plutôt que décrire ou expliquer. Qu’elle crée un moment de rêve, qu’elle surprenne ou creuse un abîme, elle nous abandonne avant que nous ayons pris conscience à quel point nous avons touchés.
Courir sous l’averse, c’est un souvenir d’enfance : le plaisir de lever le visage vers la pluie vive, de défier la prudence et les interdits des grandes personnes ; le courage aussi d’affronter l’adversité. »

Colette Nys-Mazure

En résumécourirsouslaverse-nysmazure

Des femmes, des hommes rêvent, se croisent, courent sous l’averse. Quel que soit leur âge, ils éprouvent doutes et désirs, peurs et plaisir. Ils tentent de vivre au plus près d’eux-mêmes. L’enfance n’est jamais loin de la mémoire. Les obstacles et les revers du quotidien les bousculent parfois gravement, mais ils traversent, vont de l’avant. Sur le quai d’une gare, dans une chambre de malade, crié ou chuchoté, s’élève l’appel à la rencontre vraie. Pour Victor Hugo, la forme, c’est le fond qui remonte à la surface. Sous le travail de l’écriture, aussi précise qu’une broderie, se dévoile la quête de l’amour sans mesure auquel nous aspirons tous.

Écrivain, Colette Nys-Mazure a notamment publié Célébration du quotidien, L’âge de vivre, Perdre pied, Feux dans la nuit. Elle collabore à de nombreuses revues et compte un large public de fidèles tant en France qu’en Belgique et au-delà, grâce aux traductions.

Extrait :

« Il disait ma douce; elle bronchait sous ces deux mots accolés comme une caresse, une
main tendre flattant l’encolure, un souffle à l’oreille. Il chuchotait ma douce, elle frissonnait,
aurait voulu qu’il dise Toi, ma douce, prononce son prénom; qu’il tienne compte d’elle, de sa
personne, et pas seulement comme d’un bien meuble. Oui, elle avait peur, pressentait le danger,
flairait la menace, mais elle se laissait séduire, elle fondait sous son soleil: ma douce. Que ferait-il de la violence qui fermentait en elle, exploserait un jour peut-être ?
»

Courir sous l’averse, Colette Nys-Mazure, , Desclée de Brouwer, coll. Littérature ouverte, octobre 2009, 184 p., 14 €.

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