Colette Nys-Mazure : Noël en ce monde


Pourquoi j’ai écrit ce livre

« J’aime les contes, ceux qu’on me racontait autrefois, ceux que je lis ou  écoute aujourd’hui et ceux que je raconte aux miens. Une forme d’enchantement – rêve et plénitude, sens cachés sous les gestes et les mots.
J’avais envie d’écrire des histoires en jouant sur passé lointain et monde d’aujourd’hui. Noël est un présent perpétuel, une naissance qui bouleverse nos certitudes, fissure nos suffisances, balaie nos désespoirs. Je désirais revisiter l’aventure de Joseph et Marie mais aussi interroger les situations que j’observe dans la rue, les gares, la vie courante, en quête d’un miracle.
Enfin je souhaitais en lire quelques-uns à haute voix pour ceux qui  ne peuvent plus lire ou font de longs trajets en voiture. Et aussi proposer une pièce de théâtre à jouer en famille afin d’offrir autre chose que des objets : un spectacle vivant. »

En résumé…

contes de Noel en ce mondeL’amour qui me manque est celui que je ne donne pas, écrit magnifiquement Henri Bauchau. En ces temps de crise proclamée, quelle espérance fait lever Noël, ce mot d’enfance et de toujours, de naissance et de source ? Et pas seulement pour les chrétiens, mais pour tous ceux qui croient en la vie, épousent son mouvement inlassable.

Ne te détourne pas ! Regarde-moi, j’existe ! je suis une personne, réclame chacun dans le secret. Par les villes, leurs places, leurs gares grouillantes, tant de solitaires vont errant, en quête d’un geste de sympathie. Heureusement, ils sont nombreux, les hommes et les femmes de bonne volonté qui leur répondent et changent, parfois à leur propre insu, le cours terne des désespoirs. Si tu accueilles un de mes petits, c’est moi-même que tu accueilles.

Dix ans après la publication des Contes d’espérance, Colette Nys-Mazure qui aime Courir sous l’averse brosse quelques aventures de notre quotidien où l’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable. Elle revit les étapes du mystère sacré et propose un texte à jouer en famille.

Extrait :

« Déjà l’enfant lui a sauté au cou.

– Tu viens me garder ce soir ? Tu me raconteras la crèche? Tu…

– Attends,Emmanuel ! Laisse donc Éric !

Et s’adressant à lui.

– Vous nous raccompagnez ?

Éric a chargé l’enfant sur ses épaules. Les mains potelées dans leurs moufles lui font un collier vert. Dieu que c’est bon !

– Vous n’êtes pas rentré chez vos parents pour Noël ?

– Je veux étudier dans le calme, je redouble.

Elle n’insiste pas : la voix blanche est suffisamment éloquente. Ils se sont engagés dans la Verte Voie. Les crincrins s’estompent.Chaque fois qu’Éric venait veiller sur Emmanuel, il était surpris de découvrir une sorte de village à proximité de la ville de béton. Les voici devant le Petit Béguinage de la Lauzelle.

– Entrez un instant.

Emmanuel s’est endormi. Éric le fait glisser et le garde au creux de ses bras. Lumières de l’arbre près de la crèche, bougies rouges, table dressée avec soin. Il ferme les yeux un instant. La porte du bureau s’ouvre.

– Mais c’est Éric ! Soyez le bienvenu.

Devant lui, le grand Jos rieur. Il l’étreint avec naturel.

– Il m’a aidée à la gare, dit Mary, effondrée dans un fauteuil. Heureusement qu’il était là. Les magasins, la veille de Noël, c’est de la folie ; je n’en peux plus.

– Vous restez avec nous, assure Jos en ajoutant un couvert.

Emmanuel réveillé a répondu oui avant Éric. Qui pourrait décevoir un enfant ? »

p.80-81

Noël en ce monde, Contes pour aujourd’hui, Colette Nys-Mazure, accompagné d’un CD, Desclée de Brouwer-Lethielleux, novembre 2009

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