Bernard Lecomte : Pourquoi le pape a mauvaise presse

Pourquoi j’ai écrit ce livre

« Les trois « affaires » qui ont assombri en 2009 le pontificat de Benoît XVI – le pataquès autour de l’évêque négationniste Williamson, la maladresse de la Curie après l’avortement de Recife, le malentendu sur le préservatif et le sida dans l’avion du Cameroun – ont créé un profond malaise chez les catholiques français. L’idée de ce livre, né de ma rencontre avec l’éditeur Marc Leboucher, c’était d’expliquer  méticuleusement, concrètement, techniquement, les différents aspects du divorce entre les médias français et le pape. »

Bernard Lecomte

En résumé…VOISIN-Ensemble

Pourquoi le pape, chef spirituel d’un milliard de croyants, est-il si mal traité par les médias ? Pourquoi Benoît XVI est-il aussi impopulaire dans le pays qui fut naguère la « fille aînée de l’Eglise » ? Est-ce le fait de son manque de charisme, comparé à son prédécesseur ? Ou de ses récentes fautes de communication – discours de Ratisbonne, affaire Williamson, drame de Recife, condamnation du préservatif ? Au-delà de sa personne, est-ce le signe que le Vatican n’a pas su s’adapter aux exigences des médias d’aujourd’hui ? Ou que l’Eglise, par méfiance ou par principe, refuse délibérément de jouer le jeu de la communication moderne ? Est-ce, enfin, l’évolution des médias qui les conduit à ignorer peu à peu la nuance, la complexité, la pensée, la mémoire ? Ou bien est-ce l’effet de la sécularisation, de l’inculture religieuse, de l’anticléricalisme, du « politiquement correct » ou de l’individualisme ?

Ancien journaliste à La Croix et à L’Express, ex-rédacteur en chef de la revue Médiaspouvoirs, Bernard Lecomte est un des meilleurs connaisseurs de la papauté contemporaine. Sa biographie de Jean-Paul II, notamment, fait autorité. Stimulé par les questions de l’éditeur Marc Leboucher, il analyse, sans concessions, les rapports qui opposent le pape et les médias. C’est-à-dire l’Eglise et le monde.

Extrait

« L’individualisme progresse par la critique systématique des pouvoirs, de tous les pouvoirs, quel qu’ils soient. Pour préserver sa liberté, il faut prendre du recul, et la dérision est un bon moyen d’afficher cette distance. L’Eglise fait partie de ces entités collectives vite qualifiées d’oppressives parce qu’elles prétendent proposer des valeurs, des références et des règles d’ordre collectif : c’est vrai de la police, des syndicats, de l’école et, parfois, des médias eux-mêmes ! La dérision, c’est le langage naturel de l’individualisme. »

Pourquoi le pape a mauvaise presse, par Bernard Lecomte (entretiens avec Marc Leboucher). Desclée de Brouwer, novembre 2009. 204 p. 16 €.

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