Aux bras ouverts – Dominique Bouffies

Préface : Dom Hugues de Seréville

Le mot de l’auteur

En écho à Monologue à l’intime présence (éd. Unicité 2016) ce texte s’appuie sur de nombreux aphorismes… Il réfléchit le dialogue du Christ d’avec les cœurs, « dialogue » initié par la Croix ; « dialogue » figuré par Ses bras ouverts, « dialogue » de tendresse du Cœur versé, avec l’offense, « dialogue » de la Lumière et du Sacrifice, avec la misère et l’indigence, « dialogue » de l’Humilité avec la vanité : « L’évangile » dérisoire du « moi » s’opposant bien souvent au Saint Évangile de la Croix… »

Un écrit de « désincarnation » est ainsi proposé, comme une invitation au vivre en Christ… Hors la forme littéraire « sage » et convenue, une écriture « de réception » est ici posée, en fait, une juxtaposition de textes venus en grâce de chaque jour vécu dans l’étonnement à la Croix glorieuse ; une écriture « libre » dans sa louange à Dieu ; petite « eucharistie » de la phrase reçue, venue au calice du silence prié…

« Oui, il y a du feu, de l’ardeur et du désir d’aimer en ces lignes inspirées de la contemplation et qui peuvent mener au plus grand amour… À fréquenter ces pages, on recevra en partage, non seulement l’amour de la croix comme chemin sûr de vie spirituelle, mais encore grande espérance et consolation. » Dom Hugues de Seréville

Extrait

Totalement confiés au Père par le Fils, attendus aux confins de l’Esprit, nous quittons en esprit l’idée de direction, pour une entrée dans le pur abandon, l’absolue confiance qui est parfait renoncement à soi…

L’oubli de la pensée de direction nous donne tout entier à la Volonté Père… La Croix offre « nourriture » d’Esprit (Eucharistie : « Chair » de Croix) aux cœurs s’abandonnant…

La Sagesse fait « lien » entre les choses, les pensées, les êtres… La Sagesse fait « lien » parce qu’elle est Amour…

Mettre tout en lien c’est affranchir notre humanité, l’affranchir du chaos de ce monde, de la multiplicité, de la triste vanité, c’est la porter en Unité, c’est rejoindre en esprit le « Tout » créateur qui est « Lien » suréminent.

Mettre en lien toutes choses c’est donner du sens, c’est entrer dans le Sens premier éternel… Faire du « lien » c’est opérer le renversement de l’absurde ; renversement de ce qui divise, sépare, laisse indifférent, misérable…

Le Sens, l’Être (Dieu) n’est pas dans le morcellement, mais bien dans le Rassemblement des esprits purifiés qui fait Lumière et Vie… La mise en lien de nos pensées, nos paroles et nos gestes fait paraître le Sens… De tout ce que la Grâce nous donne à entendre et voir, gardons précieusement la tendresse de Sa Croix… Regarder et aimer cette « course » de Lumière et de Vie, bras ouverts du Ressuscité que le soleil du jour nous rappelle sans cesse dans le creux de conscience déposée par l’Esprit, et que la nuit essaye en vain de couvrir de son voile, de convertir au vide…

Aux bras ouverts – Dominique Bouffies Éditions Unicité,  avril 2021 http://dbouffies.canalblog.com

AMBLARD Paule – Les Enfants de Notre-Dame

Pourquoi j’ai écrit ce livre ?

J’avais envie de raconter une histoire romanesque avec une dimension spirituelle. J’aime la forme des contes qui cachent, sous le récit, une symbolique profonde. Il fallait que j’entraîne le lecteur dans une aventure qui soit un voyage à la fois lointain et intérieur. J’ai choisi le décor du Moyen Âge pour raconter l’histoire de trois jeunes personnages Agathe, Hélix et Eliezer qui voient leurs destins liés à la suite d’un accident. Les voilà entraînés dans une suite éperdue de rebondissements, qui se révèle tout à la fois quête intérieure et affrontement contre des forces hostiles, recherche de soi-même et traversée de la nuit, entre douceur et violence. Dans le Paris du Moyen Âge, cité lumineuse et inquiétante, où se côtoient marchands et truands, alchimistes et recluses, mendiants et enlumineurs, il s’agit de faire face au danger, de se construire, de trouver des raisons de vivre et d’aimer.

Extrait :

Quand il a ouvert la porte, il flottait encore dans l’air les pestilences des linges souillés et des chairs putréfiées. Hugues s’est mis à tousser et s’est frotté les yeux, surpris par la lumière à laquelle il n’était plus habitué. L’Homme vert s’est rapproché dans sa cape couleur des bois qui couvrait son vêtement. Il portait un linge noué autour de sa bouche, si bien qu’on ne voyait pas son visage, à part ses yeux clairs qui l’observaient. L’homme était grand, avec des mains larges couvertes de gants. Un large chapeau couvrait sa tête, laissant s’échapper, çà et là, des mèches de cheveux noirs. De toute sa personne émanait une odeur de camphre et de lavande.

— Tu sais pourquoi je viens, a-t-il dit d’une voix sèche et fatiguée, y a-t-il quelqu’un ici, à part toi ?

— A… Aurèle, ma sœur. Elle est couchée, lui a répondu Hugues, la bouche pâteuse, tant les mots sortaient difficilement.

Il a regardé ce jeune homme mal assuré, dans ses vêtements de drap fin, ses mains longues et déjà noueuses, son visage creusé qui rougissait. Et puis, sans égard, il l’a écarté du passage, d’un geste de sa main gantée. Dans la maison, l’inconnu s’est mis à ouvrir le panneau en bois de la fenêtre, fermé depuis des mois. Il y a eu un long grincement du volet raidit par l’inaction.

— Tu ne gagnes rien en restant ainsi dans le confiné. Tout stagne dans l’air obscur et tu ne vois pas la vermine qui s’installe. Maintenant, conduis-moi à Aurèle.

Éditions Salvator, Les Enfants de Notre-Dame, paru le 15 avril 2021

Invitation à écrire : nouveau thème

Voyages immobiles

Quand la  pandémie nous met au défi de franchir les frontières, il nous reste à mettre nos mots derrière ceux du poète. « Pour voyager il suffit d’exister » écrit Fernando Pessoa dans Le livre de l’intranquillité .  (…)  Je  vais d’un jour à l’autre comme d’une gare à l’autre, dans le train de mon corps ou de ma destinée, penché sur les rues et les places, sur les visages et les gestes, toujours semblables toujours différents, comme, du reste, le sont les paysages.  »

Faites-nous  découvrir les voyages et les paysages rêvés, inventés, remémorés  qui vous habitent ou les déplacements intérieurs qui vous animent.

Pour partager vos écrits, merci d’adresser  un texte court (entre 500 et 1000 signes), prose, poésie, réflexion…  à l’adresse suivante colson.bernadette@orange.fr  jusqu’au 15 juin.  
Choisis par un comité de lecture, vos textes  seront publiés tout au long des prochains mois sur le site d’Écritures & Spiritualités et relayés sur les réseaux sociaux.

Amour mystique – Pastel de Nathalie Fréour

Philipe Baudassé – invitation à écrire

Philipe Baudassé, auteur membre de Écritures&Spiritualités nous transmet une invitation à participer à une publication collective sur l’émerveillement.  

La beauté suscite un plaisir admiratif, soit par sa forme plastique, soit par sa noblesse morale, soit par son ravissement pour l’esprit ou pour le cœur, soit par sa conformité à ce qu’on espère… A chacun sa propre conception de la beauté.
Celle-ci vous a ému une ou plusieurs fois dans votre vie. Envoyez-nous un ou deux texte(s) en vers ou en prose accompagné(s) d’une ou plusieurs illustration(s) afin d’évoquer votre expérience de la beauté.

Vous trouverez les modalités dans le document joint.   

Jean-Pierre Vidal – Passage des embellies

Jean-Pierre VIDAL, Passage des embellies, Éditions Arfuyen, 2020

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

J’écris beaucoup, chaque jour, et je publie peu. Je suis conscient de la responsabilité de l’écrivain, qui ne doit en aucun cas mettre de la « fausse monnaie » en circulation. À cette responsabilité m’ont éveillé un dialogue de quarante années avec le poète Philippe Jaccottet et la lecture toujours renouvelée de l’œuvre de Simone Weil, en particulier de ses Cahiers. Ce livre Passage des embellies est une mise à jour par l’écriture des merveilles aperçues au fil des jours et un message de gratitude pour les joies reçues. La gratitude est le sentiment le plus profondément bénéfique, et le geste de dire merci est l’acte essentiel du vivant ouvert à l’événement de la rencontre. D’où le poème qui accompagne ce livre et le ferme dans un geste d’ouverture  : Thanks.

Un extrait :

« Ce livre n’est qu’un « album », comme disait Mallarmé, qui cherchait le livre. Devant cette centaine de cartes à jouer, cartes déjà jouées et remises en jeu sur la table de l’écriture, figures de la vie passante plus que passée, le vertige me prend. Où est l’unité de la vie dans le kaléidoscope d’instants, merveilleux et évanouis ? 

Si la merveille s’effondre, faut-il la récuser comme illusion et perdre confiance ?

Tout vrai livre dessine une ligne de joie refusant l’absurde, tentant d’établir au plus haut la cohérence d’un espoir véridique plus grand que le possible. 

Non, il n’y a pas de « fin de l’attente ». Vivre au présent les merveilles du passé donné et les transmettre à l’avenir qui n’appartient à personne, c’est cela écrire. »

Site de l’auteur : https://www.parlesoupirail.fr

Éditions Arfuyen, https://editionsarfuyen.com/ livre publié en septembre 2020.