Hommage à Claude Vigée

Claude  Vigée, poète, de l’Ouvert et de l’errance,  est mort le 3 octobre dans sa centième année. 

Avec ses amis  le théologien Olivier Clément,  le philosophe musulman Mohammed Talbi ou l’islamologue Eva de Vitray-Meyerovitch,   il était l’un des fondateurs en 1977 de l’association française des écrivains croyants d’expression francophones  (AECEF)   devenue Ecritures &spiritualités en 2015.

Au nom du bureau et  des membres de l’association,  nous exprimons à sa famille nos vives condoléances et notre gratitude à l’égard de celui qui fut tout au long de sa vie, préoccupé de « descendre  dans la mine du langage, pour en arracher la roche et le minerai ».  Une voix essentielle pour le XXème siècle,  un veilleur pour le XXIème siècle.

Il disait de la prière qu’elle était  « écouter aux portes du silence ». Ainsi de sa poésie,  de sa vie d’homme, vécue comme un combat avec l’ange. 

C’est toujours quelqu’un d’autre,

le Toi silencieux qui se parle en moi-même.

Parfois je m’arrache à l’écoute qui est prière

Et je chante en son nom dans la langue empruntée

A la bouche des morts. Pour lui en moi, pour lui,

Que me traduit

Dans la gorge d’autrui ».

Destin du poète, in Poèmes choisis,  Poésie Points.

Il aurait eu 100 ans en 2021. 

Ecritures &spiritualités  lui rendra hommage  lors d’une rencontre et de lectures au cours de cette année anniversaire.

Une vie d’exils


Né  Claude Strauss,  à Bischwiller (Bas-Rhin) le 3 janvier 1921, Claude  Vigée est issu d’une famille juive établie en Alsace depuis plus de trois siècles.

Ayant terminé ses études secondaires à Strasbourg en 1938, il est expulsé d’Alsace avec tous les siens à la suite de l’occupation nazie.  Étudiant en médecine à Toulouse, il participe à l’organisation de la résistance,  d’octobre 1940 à fin 1942.

Sous le beau nom de plume de Claude Vigée,  (Vie-j’ai),  il publie ses premiers vers dans la revue résistantePoésie 42, chez Pierre Seghers, à Villeneuve-lès-Avignon. Il y rencontre Louis Aragon et Pierre Emmanuel, qui restera son ami.

Réfugié aux Etats-Unis au début de 1943, Il enseigne la littérature française dans différentes universités américaines et correspond avec T. S. Eliot et André Gide. Il rencontre Saint-John Perse, Jorge Guillen, Gaston Bachelard, Albert Camus, Paul Celan.

Arrivé en Israël durant l’été 1960, il enseigne la littérature française et comparée à l’Université hébraïque de Jérusalem jusqu’en 1983.  Il se lie d’amitié avec le philosophe Martin Buber, l’historien Gershom Scholem et le poète Léah Goldberg.   Depuis sa retraite, prise en 1984, il partageait son temps entre Jérusalem et la France.

Invité par le cardinal Lustiger, il avait été en 2006, la première personnalité de confession juive à prendre la parole à Notre-Dame de Paris, dans le cadre des Conférences de Carême.

Claude Vigée a reçu divers prix littéraires français et étrangers, notamment le grand prix de poésie de l’Académie Française, Goncourt de  la Poésie.

Son œuvre  de traducteur est immense.

La compagnie des poètes, sur  France  Culture,  lui consacre une émission spéciale vendredi 16 octobre à 15h. 

Prix Écritures & Spiritualités 2020

Nous avons le plaisir de vous informer que le prix 2020 a été décerné par notre jury sous la présidence de Sylvie Germain à:

Valérie Zenatti, Dans le faisceau des vivants, Éditions de l’Olivier

Cliquez ci-dessous pour lire le communiqué de presse de l’événement. Vous découvrirez également la mention spéciale attribuée par le jury aux éditions Arfuyen

Bernard Perret – Quand l’avenir nous échappe

Le mot de l’auteur :

L’essentiel de ce livre a été écrit pendant le confinement. Quand j’en ai conçu le projet, personne ne se doutait qu’une pandémie venue de Chine allait prendre une dimension catastrophique et devenir l’événement majeur de ce début de millénaire. Le changement climatique, en revanche, était dans toutes les têtes et il l’est plus que jamais. Gagné par la conviction désespérante que nous ne changerions pas de trajectoire avant d’y être contraints, je me proposais de réfléchir au rôle des événements dramatiques dans l’avancée de la civilisation et aux ressources philosophiques et spirituelles susceptibles d’aider à donner du sens à une vision apocalyptique de l’histoire humaine. Étrange rencontre entre une idée et une réalité qui la rattrape et la dépasse !

Extrait :

« Ce serait mal comprendre l’objet de ce livre que d’y voir un scénario de transition écologique. Il a plutôt pour objectif paradoxal de faire apparaître notre incapacité à concevoir un tel scénario au vu de ce que l’on peut connaître du fonctionnement des sociétés contemporaines. Mais ce diagnostic pessimiste est contrebalancé par la conviction que nous ne cessons jamais de nous réinventer, individuellement et collectivement, sous la pression des événements. Pourquoi, dès lors, vouloir scruter l’avenir ? Parce qu’il n’est jamais inutile de dessiner des figures d’un monde possible, de produire des éléments d’imaginaire collectif qui pourront être utilisés le moment venu pour inventer des réponses à des crises que nous n’aurons pas su éviter. »

Editions Desclée de Brouwer, 24 septembre 2020

Bernard Perret est essayiste. Ses travaux touchent des sujets très variés : questions économiques et sociales, écologie, anthropologie sociale, christianisme. Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels : L’Économie contre la société (avec Guy Roustang ; 1993 ; rééd. 2001) ; La Logique de l’espérance (2006) ;  Vers une raison écologique (2011) ou Penser la foi chrétienne après René Girard (2018).

Interview : “À la lumière du silence” – Brigitte Maillard reçoit Gilles Baudry.

“À la lumière du silence” ©️ et cette rencontre dans le cadre « Les escales de Jeanne » ©️ ou une façon d’aller chercher un bout de conversation plus loin encore, vers la mer, dans les terres, dans tout ce qui peut venir des autres, porté par d’autres. Le bout du monde, c’est l’autre. Le monde de l’autre…

Cette première escale se fait en belle terre de Bretagne… Et c’est Brigitte Maillard qui prend le témoin cette fois. .. « A la lumière du silence » ©️ nous dit-elle, pour cette rencontre avec Gilles Baudry, dans le paysage de l’Abbaye Saint-Guénolé de Landévennec.

Gaële de La Brosse – Petite déclaration d’amour aux anges nos compagnons de route.

Le mot de l’auteur :

Cette Petite déclaration d’amour aux anges, nos compagnons de route est mon livre le plus personnel, et il est particulièrement important pour moi : j’ai commencé sa rédaction le lendemain du décès de mon père, et je l’ai achevée un an après, le jour anniversaire de ce décès.

Pendant toute cette période, il m’a accompagnée, et mes anges m’ont réservé de nombreux clins d’œil (ou clins-Dieu ?). Ils ont été non seulement mes compagnons de route, mais aussi mes compagnons de confinement. Et ce sont d’excellents et de fidèles amis !

Née sous leur ascendance (ael signifiant « ange » en breton), je me suis toujours intéressée à ces êtres ailés, m’attachant à les reconnaitre derrière chaque surprise de la vie. Je dialogue avec eux, je les implore, je les remercie ; et il m’arrive de les houspiller quand ils volettent trop loin de moi. Aussi, lorsqu’un éditeur m’a proposé́ de leur consacrer un livre, j’ai volontiers accepté. Cette proposition arrivait d’ailleurs dans une période assez confuse. Et les anges m’ont permis de me reconnecter à moi-même, de retrouver le chemin de mon « essence-ciel ». J’ai alors eu cette intime confirmation : ces « compagnons de route » – selon la belle expression de Cyrille d’Alexandrie – ne sont pas seulement nos intermédiaires avec le Ciel, mais également avec la part céleste qui est en nous. En un mot : ils nous donnent des ailes ! C’est cette facette des anges que je vous invite à découvrir pour que vous puissiez à votre tour les reconnaitre, les accueillir et faire un bout de chemin avec eux.

Extrait :

Dans cette foule d’anges qui peuplent notre langage ou notre univers, je voudrais citer tous ceux qui nous apparaissent quotidiennement, a fortiori lorsqu’on pense à eux. Je veux parler des clins d’œil qu’ils nous font à travers, par exemple, le nom d’un commerce, le prénom d’une personne, le titre d’un livre ou d’un film. En voici quelques illustrations notées dans mon carnet de bord alors que je travaillais sur cet ouvrage. Une amie m’invite à diner dans le 9e arrondissement de Paris : « Au restaurant La Table des anges, propose-t-elle. Tu verras, la nourriture y est divine ! » Le lendemain, je déjeune dans un restaurant tibétain, et que vois-je sur la porte ? La vignette d’un ange ! Je rentre chez moi, et ma voisine me demande de transmettre sa clé́ à l’une de ses collègues. « Elle s’appelle Angela », précise-t-elle. Deux jours après, une artiste me demande d’écrire un texte qui illustrerait l’une de ses peintures : « Pour toi, me dit-elle, j’ai choisi le Mont-Saint-Michel, je pense que ça t’ira ? » Le même jour, une amie pèlerine en marche vers Jérusalem m’écrit qu’elle a fait dire une messe pour mon père au Monte Gargano, autre sanctuaire dédié́ à l’archange. Et le dernier clin d’œil de la série sera breton. En me promenant sur le port finistérien de Kersanton, proche de chez moi, je remarque un bateau plus gracieux, plus élancé́, plus aérien que les autres. Je m’en approche, j’en fais le tour et je découvre finalement son nom, élégamment inscrit en lettres rouges : Vent d’anges. « Les anges sont taquins ! » plaisante Marie-Édith, une amie à qui je m’étais empressée d’envoyer la photo de ce navire béni des dieux.

Editions Suzac, 17 septembre 2020

Gaële de La Brosse est journaliste, éditrice aux éditions Salvator et cofondatrice de la revue et du réseau Chemins d’étoiles. Elle collabore régulièrement à l’hebdomadaire Le Pèlerin et est l’auteure de nombreux ouvrages sur les chemins terrestres et spirituels.

Agnès Charlemagne – Je t’écoute. Petit guide pour transmettre la foi entre les générations. Préface Adrien Candiard

Le mot de l’auteure :

La soif spirituelle des jeunes générations est abyssale mais ils ne savent où puiser. Les adultes cherchent à transmettre leurs convictions mais ils se heurtent souvent à un mur. Nourrie par l’expérience de nombreuses années d’ateliers avec les enfants et les adolescents, je partage dans ce livre la joie que j’ai à me laisser retourner et saisir par l’inattendu de leurs questionnements. Un enfant est envahi par sa question et il confronte l’adulte à ses propres limites, il le conduit au lieu même de ses doutes.

Si nous voulons faire de nos textes sacrés des lectures de vie et non des répétitions mortifères, nous avons besoin des enfants. Quel que soit leur âge et ignorant même que leur recherche rejoint la nôtre, ils nous offrent des éclairages que nous attendons parfois depuis des années. Nous franchissons le territoire du savoir et accédons les uns par les autres à un travail intérieur qui nous convie au cœur de la foi.

« Dialoguer, c’est accepter d’être changé par l’autre », dit le cardinal Duval, archevêque d’Alger. Se taire, rendre le jeune acteur, chercher ensemble, puiser dans l’Écriture, se laisser déplacer par la rencontre… La foi ne se transmet pas, elle se reçoit dans une réciprocité. Destiné aux adultes, parents, grands-parents ou éducateurs, ce livre nous initie à l’exercice libérateur de l’écoute.

Extrait :

« Dans la Bible, les histoires de stérilité sont récurrentes, Sarah, Rachel, Élisabeth. Elles ne sont pas seulement d’ordre biologique, elles questionnent aussi notre honnêteté spirituelle. Nos résistances nous éloignent de Dieu. Adam se cache, Zachée aussi. Nous voulons voir la lumière mais la peur nous retient ; peur de la mort, peur de la nouveauté, peur de l’autre ou de l’étranger qui nous renvoie à nos manques et à nos pauvretés. Peur de la fulgurance et l’insolence des enfants : nous recevons leurs invectives comme des reproches qui agressent jusqu’à notre intimité. L’idée que nous pourrions avoir à nous remettre en question est un frein puissant, entretenue par la peur de souffrir. Les certitudes sont plus confortables. Jusqu’où consentir à la volonté du Père ? On oscille entre le désir de répondre à un appel intérieur et la tentation de préserver sa liberté par toutes sortes de justifications. C’est le combat de Gethsémani : je ne peux pas, je ne veux pas courir de danger, l’effroi me saisit (Mc 14,32-36). Quand oserons-nous comprendre que le ciel commence sur la terre et que le Christ ne cesse de nous inviter ? Dans l’Évangile Jésus ne répond pas aux questions qu’on lui pose. Il pointe une autre question. Il convoque notre choix personnel : comme Adam et Ève, nous sommes responsables de nos décisions. « Adam, où es-tu ? » (Gn 3,9). C’est dit dès la Genèse : que le Royaume advienne en plénitude, cela dépend de nous. »

Éditeur : CRER-Bayard                    Sortie : février 2020

Contact : agnescharlemagne@gmail.com

Formée à l’Institut des Sciences et Théologie des Religions de Marseille, Agnès Charlemagne a travaillé comme Adjointe en Pastorale Scolaire dans un collège catholique de Marseille.

Elle y a développé une méthode pour accompagner les enfants et les adolescents dans leurs questions spirituelles, qu’elle a publiée aux éditions Salvator (T’es où ? en 2015, puis Les ateliers et Comment parler de spiritualité avec les adolescents, en 2017). Conférencière et formatrice, elle tient une fois par mois la rubrique « Dis-moi en quoi tu crois » dans le quotidien La Croix.