Jean-Pierre Boulic. Ouessant sans fin

Ouessant sans fin

Pourquoi j’ai écrit ce livre ?

Ouessant sans fin, fruit d’un long compagnonnage avec l’île, souhaite donner en partage le goût d’un regard contemplatif sur la condition insulaire avec l’intuition qu’elle rejoint toujours celle de tout homme, de toute femme. Il s’agit aussi d’aller au-delà des apparences, de livrer une expérience, Petite musique d’île/Ce beau mystère d’être homme. Même de suggérer, voir, toucher les choses et recevoir en écho l’affirmation du Pape François : « La nature est pleine de mots d’amour » (Laudato si’). Face aux assauts de violence, aux excès ténébreux qui surgissent parfois des parages de l’île, vient alors le poème. Itinéraire spirituel, aussi éloge de la gratitude, avec des mots inattendus, il éveille une capacité à reconnaître les bienfaits de la création, ce premier don qui nous est fait ; il s’attache à discerner et mettre en lumière la tendresse du visage et la beauté en vérité d’un lieu sans détresse sans tristesse, incarnant ainsi le vers célèbre de Rainer Maria Rilke : « Être ici est splendeur ».

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Extraits

C’est un rien surgi à la frange
Des ciels et courants fous
Roche d’oiseaux et de couleurs
Une île sans âge sans arme
Comme le perce-neige
Sous la longue étole du vent.

L’île ruisselle de bruyères
D’un étonnant silence
Près des murs ou des haies
Où de brefs parterres de roses
Écoutent le bouche à oreille
De l’océan et des nuages.

Si haute si fière au ponant
Sur la paroi des horizons
Éprise d’être au monde
Il y a Ouessant
Et l’âme de sa patience
Sans angoisse au cœur de l’immense.

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Tu auras fixé une île
De signes ensoleillés
Et de ferventes mouettes
Dans le livre sur la page.

Tu auras donné ton encre
Au souffle de l’océan
Qui rumine va et vient
Sans cesse au regard de l’homme.

Tu auras ouvert les yeux
Aux nuages au-dessus
Des lichens et des bruyères
À toute amarre du cœur.

Vois rien ne manque à ton île
Qui est aussi le royaume
De la parole où surgit
Ce qui demeure invisible.

 

Ouessant sans fin – Minihi Levenez Éditeur – 88 pages – 15 €
distribution : Minihi Levenez – 29800 TREFLEVENEZ

Jean-Pierre Boulic, né en 1944, vit en Finistère. Il a publié, depuis 1976, une vingtaine de recueils de poèmes (particulièrement aux Éditions La Part Commune et Minihi Levenez Éditeur) et écrit plusieurs livrets de cantates (notamment La Cantilène de Dom Mikael). L’ensemble de son œuvre a été distingué à plusieurs reprises.