Agnès Gueuret – Traces johanniques

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

La Bible, cette bibliothèque aux livres multiples et multiformes, qu’un jour l’on aborde et dont on ne peut plus se détacher. Arpenter les textes ; lire et relire ; laisser se forger en soi « une oreille de disciple » ; tenter d’advenir tel cet « arbre planté près d’un cours d’eau » dont parle le psaume, et, pour avoir puisé un instant à la source, oser laisser sa plume chanter au rythme du cœur soudain rassemblé par un souffle dont il ne sait « ni d’où il vient ni où il va ».
Dans ce livre, je me suis arrêtée à réécouter le quatrième évangile, vieux compagnon de mon itinérance. J’y ai retrouvé, inentamées, des questions qui nous taraudent tous : qu’est-ce que la confiance ? À qui faire confiance ? Comment y durer ? Et jusqu’où ? Et j’ai tenté de retracer les pas de mon cheminement à l’écoute du texte johannique dont mes poèmes respectent les lignes tout en se faisant invitation à entrer dans la musique intérieure qu’elles ont suscitée.

Résumé :

Après un court Prologue, le livre se développe en trois grandes parties : 1) La confiance à l’épreuve ; 2) La confiance éprouvée, au sens de « attestée », « vécue » ; 3) La confiance scellée. La structure de chacune des parties s’organise selon un rythme récurrent : trois poèmes ou récitatifs qui respectent le fil du texte évangélique, suivis d’un interlude où le poète s’exprime de façon plus personnelle et située. En 1) sept reprises de cette structure ; en 2) trois reprises ; en 3) une seule reprise. Viennent alors l’épilogue et la coda. Ces pages s’organisent ainsi en livrets à la façon d’un opéra ou d’une symphonie.

Extrait (pris dans un interlude) :

La confiance n’est pas /exempte de questions. / Mais elle a pris appui / sur une résonnance, / une fondamentale / venue de loin frapper / un tambour sur sa peau, /ou pincer en arpège / les cordes d’une harpe / secrètement présente / à l’intime de l’être. / Et le cœur a cédé /sous l’évidence extrême / dont aucune raison / ne saurait rendre compte.

Nul ne sait l’origine, / le déploiement, la fin /de cet accord qui monte /et embrase les sens / au point de les mener / jusqu’au consentement /profond comme la mer / où les eaux se reposent.

Éditions Le Corridor bleu, mars 2018