Spectacle poétique : Cantique de l’ineffable

Écritures&Spiritualités présente un spectacle poétique en l’honneur de François Cheng de l’Académie Française, Président d’honneur de notre association.

CANTIQUE DE L’INEFFABLE
La joie dans tous ses états

Vendredi 15 Juin à 19 h
Espace Poveda
4 Rue Léopold Robert 75014 Paris – M° Vavin

Avec :
Claudine Chériez, mezzo-soprano
Marc Bouriche, lecteur-récitant
Alexandro Barcelona, accordéon
Sur des textes de:
François Cheng, Christian Bobin, Rabindranath Tagore,
Lydie Dattas, Hafez, Jean Grosjean.

PARTICIPATION LIBRE
(Nombre de places limité mais nous tenterons d’accueillir tout le monde)
Inscription recommandée avant le 01 Juin:
philippe.baudasse@ecrituresetspiritualites.fr

 

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Jean-Marie Kerwich, l’ami trop tôt disparu.

« Je m’en allais les poings dans mes poches crevées ; J’allais sous le ciel, Muse ! Et j’étais ton féal ; » Ces deux vers de « Ma bohème » de Rimbaud sont pour moi l’épitaphe que j’eusse aimé graver sur votre tombe, ils vous ressemblent, ils sont à votre image.

 

 

Vous êtes né à Paris en 1952 dans une famille de gitans piémontais ; vous avez longtemps vécu dans le cirque de vos parents où vous avez connu le froid, la faim, les coups aussi donnés par votre père au long de votre apprentissage pour jongler et cracher le feu. Ces coups ont ouvert votre âme à toutes les compassions et à toutes les effluves exhalées de la vie .

Je vous ai connu lors d’un appel téléphonique de l’écrivain Christian Bobin transporté après avoir lu votre « Evangile du Gitan »,disant de votre essai « Le Livre qui manquait à la Bible, entre les imprécations de Job et les espérances de David ; chaque texte de son livre est un paquet d’embruns qui ouvre violemment la fenêtre de l’âme ».

A mon tour, je m’immergeais dans votre parole qui m’enthousiasma et très vite j’organisais autour de vous une rencontre de lecteurs dans une librairie amie. Un an plus tard, le comité du jury de l’association des écrivains croyants d’expression française vous plaça sur sa liste pour son prix littéraire de l’année et parmi une sélection très riche de 13 romans et essais vous receviez le Prix des Ecrivains Croyants d’Expression Française 2009. Ce n’était pas votre première reconnaissance ; pour votre précédente création « L’ange qui boîte « le grand musicien Yehudin avait écrit une laudatio et le poète Jean Grosjean en avait fait son livre de chevet. Votre chant de poèmes rimés est à la fois profond et lyrique ; je voudrais en retranscrire toutes les flammes ; je citerai seulement celles que je préfère « Chaque jour le divin me transmet ses messages à moi le gitan illettré. Mon âme s’attablait et je la regardais écrire. L’idée de Dieu était bonne : créer l’homme pour ne plus être seul dans cet univers infini et avoir un fils dans ses bras. J’ai trahi mon identité de gitan ; j’ai laissé mes poèmes dans la jungle littéraire, j’aurais dû les garder avec moi et les faire lire par les feuilles d’automne ou le vent. Pourtant je ne suis pas un écrivain, je suis un arbre qui marche. Je n’ai pas écrit de livre, j’ai tracé des routes ».

Eh ! Non cher ami, vous n’avez trahi personne, vous avez seulement jeté vos poèmes au vent qui les a portés aux hommes de la cité où on les chante encore aujourd’hui pour notre plus grand bonheur. A Dieu, c’est avec les anges que vous conversez.

Monique Grandjean, Vice-présidente d’Écritures & Spiritualités

Hommage à Jacques Mulliez

Adieu Jacques.

Notre ami Jacques Mulliez est décédé le 6 avril dernier.

 

Le vide est immense
Aussi grand que sa foi
Aussi grand que sa joie.

Il nous reste sa joie. Contagieuse. Lumineuse.
Car il avait embrassé dans ses dernières années cette vocation rare, inestimable, celle du « passeur de joie » :

« Pourquoi cette joie m’habite-t-elle chaque jour un peu plus au crépuscule de mon existence, attendant dans la paix intérieure, d’accueillir l’aube de ma nouvelle naissance ?
Je devrais être mélancolique puisque je vieillis seul depuis que j’ai trouvé avec effroi dans notre cuisine, un matin d’octobre 2012, mon épouse Céliane décédée brusquement. D’autres êtres qui me sont très chers sont morts. J’ai vécu des épreuves lourdes, physiquement, psychologiquement et affectivement.
Et pourtant, je me sens de plus en plus porteur-passeur-semeur de joie dans une société blasée, sceptique, égoïste, avide de richesses matérielles. (…) Je n’avais pas le droit de garder ce don que Dieu a mis en moi : aimer donner la joie de la Vie ! »

Ces mots sont ceux de Jacques pour présenter son livre Passeur de Joie, (2016) qui a reçu le Grand Prix Témoignage de RCF.

Pour nous , membres d’Écritures&spiritualités,
il était un compagnon de route généreux, convaincu de la force de notre communauté d’écriture, toujours présent à chacun.
Il avait choisi de se mettre au service de l’association avec humilité en se chargeant des relances et des adhésions. Il le faisait avec conviction, humour, gentillesse, drôlerie.
Merci Jacques,
Toto corde !

Les obsèques auront lieu mercredi 11 avril, à 14h30, en l’église Saint-Jean-Baptiste de Peronne (80).

Jigmé Thrinlé Gyatso – L’épine et la fleur

Pourquoi j’ai écrit ce livre :  

La réponse est contenue dans le livre. La réponse est le livre lui-même !
Mais pour répondre de manière plus conventionnelle, je dirais que ma poésie tente d’amener le lecteur à comprendre que l’expérience du réel et l’expérience de l’esprit ne sont pas deux.
Contrairement à mon précédent livre, Présence des fougères, celui-ci a commencé par l’évidence du titre, L’épine et la fleur. Ainsi parfois le titre initie le livre, d’autres fois c’est l’inverse.
Il s’agit ici d’un seul poème qui, à la manière d’une suite musicale ou philosophique, s’élabore, s’improvise ou se décline autour du titre, ici et là par sérendipité comme le poème y fait une fois allusion…
C’est d’ailleurs aussi à partir du titre uniquement que j’ai demandé à l’ami plasticien Gérard Haton-Gauthier de bien vouloir me faire une série de quelques encres. Quel étonnement de constater la correspondance flagrante entre ses sept encres et mon texte !
L’épine et la fleur représentent, entre autres choses, deux facettes de notre humanité. Mon écriture part souvent de la nature pour aller vers l’esprit, tout en développant une certaine critique du comportement de l’humanité vis-à-vis de la nature ainsi qu’une mise en évidence de notre ignorance de la nature de l’esprit.
Je cherche aussi à ce que l’aspect didactique de la pensée soit sublimé par la poétique afin d’amener à une expérience intérieure en même temps qu’à l’expérience du réel dans sa singularité — ici par des références à la côte vendéenne avec sa faune et sa flore — et dans son universalité.
L’épine et la fleur est suivi du poème Charlie s’en tire toute la vie avec le dire et le rire, écrit les 9 et 10 janvier 2015. Trois ans après les attentats de Paris, ce texte reste d’actualité, mais sa part universelle est plus flagrante avec le recul.

Extrait :

tout est là
dans le cœur
épine et fleur

l’épine est pensée
de même la fleur

hors la pensée
où est l’épine
où est la fleur ?

même l’expérience
de l’épine n’est pas l’épine

même l’expérience
de la fleur n’est pas la fleur…

[…]

au cœur du tourbillon enivrant
de la danse cosmique
et microscopique
se cache l’épine
de l’inconnaissance
dont s’émancipe
le corps-esprit
qui s’épanouit
loin des arguties

Éditions de l’Astronome, Mars 2018.

Moine bouddhiste et poète, Jigmé Thrinlé Gyatso a vécu 14 ans en communauté puis 14 ans en retraites solitaires en France et dans l’Himalaya. Auteur d’une douzaine d’ouvrages (http://www.editions-astronome.com/auteur/lama-jigme-thrinle-gyatso/), il vit en Vendée et partage son expérience spirituelle lors de retraites de méditation collectives et lors de conférences en France et en Europe.

Michel Barlow – L’Evangile en relief

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Il est fréquent qu’une page d’évangile ne soit pleinement compréhensible qu’en référence à son contexte historique, culturel… biblique, aussi. Il est devenu banal de souligner qu’un texte évangélique est très souvent tissé de citations, de réminiscences ou d’allusions au Premier Testament. Les premiers lecteurs ou auditeurs des évangiles n’avaient sans doute pas de peine à reconnaître toute cette « épaisseur » biblique du texte évangélique… à la différence de bien des chrétiens du XXIe siècle ! C’est donc un « évangile en relief » que nous proposons ici, en tentant d’expliciter certains de ces jeux de miroir qui apparaissent dans les pages d’évangile proposées à la méditation et à la prédication dans les Églises de la Réforme comme dans l’Église catholique, tout au long de l’année liturgique

Extrait : 

« La liturgie nous fait lire aujourd’hui les tout premiers versets de l’Évangile de Marc. La première phrase – « Commencement de l’Évangile de Jésus-Christ Fils de Dieu » – est à la fois « l’incipit », le titre et une profession de foi dont il faut peser chaque terme. Le mot évangile, d’abord, est riche de sens étymologique (eu-angelion, bonne annonce, de angellô : annoncer. De la même famille : angelos, messager, député et par extension : ange, dans la mesure où les anges dans la Bible sont souvent porteurs d’un message). En grec classique, le terme euangelion désigne une prière ou un sacrifice à l’occasion d’un heureux événement, par exemple la proclamation d’une victoire militaire. Contrairement à ce qu’on entend dire parfois, le terme évangile n’est pas propre au Nouveau Testament. Il est présent notamment en Ésaïe 40.9 où Jérusalem est qualifiée de « joyeuse messagère » (évangéliste !). Et en 52.7, on trouve le verset devenu proverbial : « Ils sont heureux les pas (ou les pieds) du messager de bonne nouvelle…» En Marc, la prédication de Jésus est qualifiée d’ « évangile de Dieu », quelques versets plus loin (1.14). » (L’Évangile en relief, Marc, début du commentaire de l’évangile proposé pour le 2e dimanche de l’avent)

Éditions Olivétan, collection « parole vivante » (2015-2017). Le dernier volume de cette trilogie est paru en octobre 2017.

Michel Barlow est Universitaire retraité (Lettres et Sciences de l’éducation) et théologien protestant. De nombreux ouvrages à thèmes religieux, ces dernières années, essais ou fictions.

Site de mes livres autoédités : barlow.e-monsite.com