Raphaëlle Simon – Imparfaite et débordée, chroniques d’une maman d’aujourd’hui

Raphaëlle simon 1ère de couv

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Ces petites histoires issues de mon quotidien de mère de famille, sans me départir de mon œil de journaliste, ont été écrites au fil du temps, sous forme de billets pour le site internet de Famille chrétienne. Je n’avais pas l’idée d’en faire un livre, mais en relisant ces chroniques, j’ai réalisé que certains sujets émergeaient, ou revenaient de manière récurrente, et pouvaient continuer de susciter l’intérêt.

Sentinelles de l’Invisible, veilleuses de la vie, gardiennes du temps, les femmes sont aussi celles qui, jour après jour, se donnent. Elles éprouvent fatigue et dispersion, et ont besoin de ressourcement, d’unité, d’intériorité, d’amitié. Celles qui sont chrétiennes oscillent entre le désir de perfection, et la tentation du découragement, mais se savent filles bien aimées du Père, appelées à la sainteté, au cœur même de leur quotidien.

Retrouvant leur centre, leur identité, leur vocation, elles pourront envisager l’œuvre d’éducation comme une manière de faire grandir, avec bienveillance et gratitude.

Prenant leur place dans la société comme citoyennes et comme chrétiennes, les mères sont reliées aux autres dans une ouverture aux souffrances, aux beautés et aux défis du monde contemporain.

Extrait :

Voilà, c’est décidé, je m’accorde une journée de « désert » dans mon mois (mon moi ?) trop encombré. Une page blanche sur mon agenda. Et un rendez-vous illico dans une maison de prière tenue par des religieuses. Cette halte spirituelle, j’en rêve depuis longtemps et attends avec impatience ce temps de repos, de silence et de prière, déchargée de toute obligation.

Le matin du jour dit arrive, et voilà qu’une foule de prétextes viennent freiner mon désir premier : est-ce bien raisonnable de tout planter là pour une journée ? A quoi bon finalement ? Que vais-je faire pendant cette plage vacante ? N’est-ce pas une perte de temps ?

Je fourre dans mon sac plus de livres que je ne pourrai en lire – la peur du vide sans doute – et décide de partir quand même…

Sur le coup, rien d’extraordinaire ne se produit : une journée libre, pendant laquelle j’essaye de lâcher mon quotidien et de me présenter devant Dieu. Silence, méditation, prière, repos aussi. Les fruits viendront plus tard. Une foule d’idées pour un projet sur lequel j’avais peiné longtemps sans aboutir, des rendez-vous que je n’attendais plus et qui se dégagent au bon moment…

Le désert demande toujours un effort : quitter ses habitudes, marcher vers l’inconnu, risquer de se perdre dans l’immensité, accepter le creux, éprouver la soif… et s’apercevoir qu’on est parti trop chargé. Mais le désert est aussi le lieu de la rencontre avec Dieu, qui n’est « ni dans l’ouragan, ni dans le feu, ni dans le tremblement de terre, mais dans la brise légère » (1, R 19, 12)

De même que chez l’enfant, les périodes de régression et de « latence » précèdent souvent un grand bond en avant ou des progrès inespérés, de même il faut passer par le désert et en avoir éprouvé l’aridité pour en mesurer la fécondité.

Imparfaite et débordée, chroniques d’une maman d’aujourd’hui, Salvator, 2016

Raphaëlle Simon est journaliste.

Madeleine Bertaud – Lire François Cheng / poète français, poète de l’être

couverture 2017 Madeleine Bertaud

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi j’ai écrit ce livre 

Il succède à un premier ouvrage consacré à François Cheng : « François Cheng, un cheminement vers la vie ouverte », Hermann, 2009 ; réédition révisée et complétée en 2011.

(Celle-ci est parue en traduction chinoise en 2016 aux Presses de l’Université Fudan de Shanghai). Il succède aussi aux actes du premier colloque franco-chinois dédié à l’écrivain (Paris, ADIREL, BNF ; Shanghai, Université Fudan), que j’ai coédités avec Cheng PEI : « François Cheng à la croisée de la Chine et de l’Occident », Genève, Droz, 2014.

À l’origine de ces livres, un phénomène rare : ma « rencontre » avec François Cheng, l’homme et l’œuvre, et la forte certitude que, « poète de l’être » comme Rilke, il écrivait pour aider les hommes à vivre.

Bénéficiaire de ce « don », je me suis fait un devoir de le faire partager à un large public, dans un esprit de service : depuis plus de dix ans, j’ai pratiquement abandonné la littérature du XVIIe siècle, étudiée et enseignée pendant toute ma carrière de professeur des Universités, au profit de l’œuvre chengienne.

 

Extraits :

[Venant après les « Cinq méditations sur la beauté » (2006) et les « Cinq méditations sur la mort » (2013),] le traité « De l’âme » signe l’aboutissement d’un très long travail intérieur ; il achève la trilogie, non sans apporter aux essais antérieurs un surcroît de sens. (Avant-propos, p. 7).

François Cheng […] ne donne pas à voir un monde qu’il aurait rêvé, mais l’univers tel que, dans l’enfance, il était capable de le percevoir, puis tel qu’une longue observation-méditation lui permet aujourd’hui de se le représenter. Son discours sur la beauté tire son unité de l’interrogation sur la condition humaine. Non seulement l’articulation entre les deux thèmes y est naturelle mais ils s’y fondent, au point de ne plus faire qu’un. Ils en appellent un autre, qui les prolonge et prend dans la méditation du poète sa dimension universelle : l’amour. (p. 139)

Éditions Hermann, 2017, Paris 

Le 22 juin, à 18h, Madeleine Bertaud fera une présentation de son livre à la librairie « L’œil écoute », 77, Bd du Montparnasse, 75006.

Bernard Grasset – Refrain (2003-2005)

ref

Pourquoi j’ai écrit ce livre

Il y a maintenant une quarantaine d’années que j’écris des poèmes, en prose ou en vers, inspirés de peintres et de musiciens. Après des publications de ces textes en revues, le premier recueil complet, autour de la peinture et de la musique, parut en 1997, il y a donc tout juste vingt ans, sous le titre de Récits 1 (1980-1993).

Cela fait aussi très longtemps que j’ai découvert que le langage de l’art, en particulier celui de la peinture et de la musique, était l’un des derniers langages, peut-être le dernier langage avec celui de la poésie, où nos contemporains, dans un monde marqué par ce que Nietzsche appelait « la mort de Dieu », pouvaient encore ressentir une forme d’émotion devant le sacré, le mystère, éprouver, à travers la beauté, cette part d’essentiel oublié dans l’agitation quotidienne.

Refrain poursuit cette aventure d’écrire en regardant l’œuvre des peintres, en écoutant l’ouvre des musiciens, et en s’attachant à conjuguer lisibilité et sens du secret. Parmi les sources inspiratrices, où se conjuguent profane et sacré, sont privilégiés les créateurs de sons et de couleurs qui ont témoigné d’un sens de la vérité humaine et de l’insaisissable. Refrain : des mots, des sons, des couleurs aussi, reviendraient sans fin comme pour habiter notre mémoire, notre existence, dans l’hospitalité de la lumière.

Extraits

Rouault

Crépuscule automnal,

Artisans et laboureurs,

Une parole brûle.

Exode d’étoiles,

La mort et la vie,

Un horizon murmure.

Lac du matin,

Bleu, rouge, vert,

Îles silencieuses,

Barque et silhouettes,

Le vent de sérénité

Berce les feuillages.


 

H.Dutilleux

Fleuve de mystère,

Un homme regarde,

Un homme écoute,

Au-dessus des ardoises

Bleuit le ciel.

Arbre d’espérance,

Des signes peuplent

Le temps de nos vies,

Ombre et silence.

Nuit des lointains,

Le musicien dessine

L’œuvre ultime,

Une voix de cristal

Remonte le fleuve.

Refrain : 4ème de couverture

Jacques André éditeur, Lyon, coll. Poésie XXI, 2017.

Karima Berger – Hégires

couv. hégires

Pourquoi j’ai écrit ce livre

L’hégire (exil) est devenue aujourd’hui la condition même de l’homme contemporain : il ne s’agit pas toujours d’exil géographique mais un sentiment d’exil habite le monde. Il faut remonter encore plus loin : Adam, Eve, Caïn, Ismaël, Hagar, Abraham, Jésus, le prophète Mohammed,  Ulysse, Sindbad… tous ont quitté leur terre et éprouvé la soif du jeûne. Sanction ou refus de se soumettre, cette décision a sauvé leur destin. Aujourd’hui, les peuples se déplacent comme jamais cela fut dans l’histoire et l’exil s’est fait mot-valise, manipulé, chosifié. Vivre loin des siens n’est pas sans douleur mais l’exil n’est-il pas plus que cela ? La mondialisation aurait-elle brûlé en nous l’intuition poétique que le départ, dans son essence constitue ? La  dimension fondatrice et tragique de cette grande Arche navigant sur des eaux déchaînées  ou de ces barques jetant ses passagers sur les rivages habite maintenant nos esprits telle une scène primitive de notre nouvel exil.

Où se réfugier contre le déluge qui vient ? Partir, quitter, migrer, se séparer, physiquement ou non, n’est-ce pas notre nouveau pain de vie, notre condition d’homme contemporain ? Ne sommes-nous tous pas exilés ? Reste pour chacun à trouver de quoi, de qui.

Extrait :

L’exil est la condition pour que vive et survive une Révélation. Aller semer le grain dans une terre toute neuve fût-elle un désert, un pays de Canaan ou Babylone ou l’Egypte ou Médine. L’Hégire, tradition spirituelle, joue comme une initiation : se séparer, quitter, partir, déserter.  Le  « Nul n’est prophète dans son pays » dit l’obsession de ce désir et en creux, la promesse d’un accomplissement, ailleurs que chez soi.  Avec ses compagnons le prophète  de l’islam quittera  la ville échappant à la vindicte de ses ennemis rétifs à toute reconnaissance de son Rappel.

Il est seul. Il est un homme absolument seul pour accueillir ce Lis ! Cette première exhortation de Gabriel qu’il entend du lieu de sa retraite dans la grotte du mont Hira. Un ordre inouï. Il est seul et nu pour ce baptême divin sans autre médiation que lui-même, simple humain, rejeté par les siens, adorateurs d’idoles muettes, lui qui se souvient d’Ismaël son ancêtre exilé, chassé, le premier de la Bible. Née dans un désert, la Révélation est répudiée par ceux qui entourent Mohammed. Elle est aride, sèche, ingrate presque ; ni miracle, ni incarnation, juste une parole divine qui traverse l’homme Mohammed en son désert intime, une parole primitive, radicale, tissée de sable, de vide, d’absence et d’amour.

Et l’orant musulman plus tard, pareil, pas une image à se mettre sous la dent pour mettre en pièces cette pulsion iconique, pas d’images de vierges ou de jardins pour étreindre  en lui la confiance qu’il dépose dans le sein de ce Dieu voilé, infigurable, ineffable, nulle séduction à l’œuvre pour justifier le Très grand amour de Sa miséricorde. Exit le langage humain de la figuration. Aimer sans voir. Le musulman est sans doute le premier artiste de l’art non figuratif. Seules les lettres Dieu est le plus grand, ou Louange à Dieu flamboient en son intime tréfonds. A la condition qu’il y ait  suffisamment fait le vide.

Hégires. Actes sud. Collection Le souffle de l’esprit. 2017.

Karima Berger est auteur de plusieurs essais dont Eclats d’islam, Chroniques d’un itinéraire spirituel et Les attentives, un dialogue avec Etty Hillesum. Son dernier roman Mektouba est paru en 2016 (tous chez Albin Michel).


 

 

Jean-Pierre Boulic – Prendre naissance

Jean-Pierre Boulic 1ère de couv.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi j’ai écrit ce livre 

Le poème ne veut point transcrire ou paraphraser le texte biblique mais aspire à incarner une bonne nouvelle. Ainsi, chaque parole du poème n’a d’autre vocation que de tisser un lien de compréhension de l’univers en voie d’épanouissement et du monde où l’homme naît et demeure sur son chemin d’humanisation. Cette parole, en somme, désire donner le goût de la vie dans le surgissement de la beauté du voir et de l’entendre, du sentir et du toucher, là où le poème prend naissance. Et son chant, signifiant et reconnaissant ce que veut dire vivre, participe et parachève le langage humain dont l’œuvre est de manifester et célébrer une histoire d’amour – entre l’homme et son Créateur.

Extraits 

Ne te tourmente pas
Toi qui vas sous le ciel
Il n’y a que buée
Reviendra le souffle du vent
Au milieu des roseaux

Ne te tourmente pas
L’imperceptible luit
De la pénombre sourd
La semence des mots
Appelée à prendre naissance

Ne te tourmente pas
Si la parole soliloque
Sur la neige des ombres
Et les vieilles pensées
L’horizon déjà te dépasse.

****************

Tous les chuintements s’éteignent
Et la lune a processionné
Sur d’intérieurs paysages
Le lilas blanc de son regard

Dis-nous quelle est cette parole
Frissonnant avec les guérets
Lorsque les étoiles se sont lavé
Bras et mains de rosée

Dis-nous quelle est cette parole
Venant sous les doigts du silence
Sur les pentes de perce-neige

Dis-nous quelle est cette parole
De merveille naissante
Qui plane sur la terre.

Éditions  La Part Commune, Mai 2017

Site Jean-Pierre Boulic :  http://perso.numericable.fr/npodt


 

Remise du prix des Voix de la Paix le 17 mai 2017

Écritures&Spiritualités membre du jury  des  Voix de la Paix.

Le prix attribué à deux romancières du dialogue.

Au cours d’une belle cérémonie à la mairie du Vème arrondissement, Nadia HATHROUBI-SAFSAF a  reçu le prix « encouragement » pour Ce sont nos frères et leurs enfants sont nos enfants et Pierrette FLEUTIAUX, le prix « reconnaissance » pour  Destiny.  Elles ont reçu des mains du rabbin Yann Boissière, président de Voix de la Paix, chacune une gravure originale d‘une grande beauté de Jean Garouste.

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Écrits par des femmes, ces deux romans mettent en scène un dialogue subtil entre deux femmes que l’Histoire aurait pu opposer. Deux adolescentes, l’une juive, l’autre musulmane dans le premier roman, une Parisienne cultivée et une migrante Nigériane dans le cas de Destiny.  Une antidote heureuse aux replis identitaires, servie par des écritures et des analyses d’une grande finesse.

Pierrette Fleutiaux a fait partie des candidates pré-sélectionnées au prix Écritures&Spiritualités et Nadia a été présente au salon littérature jeunesse de novembre dernier. Nous les félicitons chaleureusement.

Invitée par l’association les Voix de la paix, Écritures&Spiritualités a activement participé à la  sélection des livres et au jury, aux côtés de la Fraternité d’Abraham, Écritures et Spiritualités, le Carrefour des mondes et des cultures, Mouvement Juif Libéral de France, l’Amitié judéo-chrétienne de France, et Solidarité Laïque.

Nous avons eu la joie de proposer des ouvrages alliant qualités littéraires et une vision profonde de l’altérité, et de voir ainsi reconnue la spécificité de notre association en faveur des livres porteurs d’une pensée spirituelle.