Michel Séonnet : un peu de toi

Pourquoi j’ai écrit ce livre

J’ai écrit ce livre parce que Monique, ma femme, mon Aimée, est morte. Parce que face à cette mort, il fallait que les mots témoignent de ce qu’avait été sa vie, et comment elle lui avait déjà donné figure d’éternité en confiant ses combats à Celui dont elle se savait aimée. Parce que je ne voulais pas garder au secret de moi-même ce Chant d’amour qui, s’essayant à gravir les versets du Cantique des Cantiques, disait ce que fut jusqu’au bout, malgré la maladie, l’éblouissement de nos corps s’offrant dans la Louange.

Michel Séonnet

En résuméImage 2

Authentique chant d’amour, ce récit proclame ce qu’il y a d’incompréhensible dans l’amour quand il est l’Autre à l’Autre noué, corps et âmes, à travers le temps, la vie, la maladie, la mort, sous toutes leurs apparences : leurs épiphanies. Au lendemain de la mort de la femme qu’il aime, le narrateur entreprend de dire encore un peu d’elle. Il convoque ses souvenirs, se rappelle les discussions, les rêves communs, les déchirures communes, l’espérance et la foi communes, le partage des émotions que procurent l’art, la musique, la littérature et le combat contre la maladie. En contrepoint du récit, une interprétation du Cantique des cantiques : chant d’amour au sanctuaire des corps mêlés quand la fusion des sueurs, des peaux et des chairs est de fait celle des âmes.

Extrait

« Ce soir-là l’Aimé est venu tard, et lorsqu’il entre dans la chambre il ne voit de l’Aimée que le visage endormi à la faible lueur de la lampe de chevet. Il s’émeut de l’abandon d’enfant dans lequel elle sommeille, le front déridé, les yeux presque un sourire et les lèvres aussi qui à peine s’écartent pour que passe le souffle, chaque respiration comme une vague qui vient la déposer plus légère sur la plage enchevêtrée du coussin et des draps. Il voudrait exulter. L’Aimée, ces derniers mois, a si souvent dormi dans le tumulte et la douleur. Ou bien c’était déjà quelque chose d’un masque de mort qui venait hanter le teint cireux et les traits affaissés et lorsqu’il venait se coucher c’était dans la hantise du peu de souffle qui soulevait le drap. Il lui est même venu de passer la main devant son visage pour vérifier qu’elle respirait. De la voir cette fois si vivante dans son sommeil, il en est bouleversé. À peine s’il ose se pencher et du bout des lèvres un baiser dans son cou. Il la regarde encore. Son corps est un appel. Mais il la laisse à la paix de ce sommeil difficilement acquis, il la caresse d’une prière appelant bénédiction et à son tour il se laisse bercer au bruissement de sa respiration. »

Un peu de toi, Michel Séonnet, Edition de l’Armourier, novembre 2012, 144 p., 15 €.

Michel Séonnet : une vie de quinze ans

Pourquoi j’ai écrit ce livreseonnet

Lorsque le père Dubost, l’évêque d’Evry, m’a contacté parce qu’il était à la recherche d’un écrivain pour écrire un livre sur un jeune garçon qui venait de mourir d’un cancer à l’âge de quinze ans, je me suis d’abord dit qu’il ne manquait pas d’air ! Cela faisait un peu plus d’un an que Monique, ma femme, était morte et je naviguais à l’aveuglette dans ma propre vie. Je ne voyais pas comment je pourrais répondre à une pareille invitation. Je laissais donc de côté. Néanmoins, quelques mois plus tard, je contactais les parents d’Ambroise. Je suis reparti de chez eux avec une chemise pleine de témoignages de camarades, de profs, de voisins, ainsi que des copies de mails qu’Ambroise avait échangé avec eux. L’un d’entre eux fut pour moi décisif : « Parfois quand les choses vont mal je me remémore le chant  » You’ll never walk alone ». Ces paroles pour moi sont vraies car le Seigneur est toujours là. » Ainsi, ce garçon mêlait en un seul chant (l’hymne du Football club de Liverpool) sa foi et sa passion du foot ! Cela me le rendit sympathique. De rencontre en rencontre le fil d’écriture se tissa.

Michel Séonnet

En résumé

Une vie de quinze ans, c’est le récit par l’écrivain Michel Séonnet du combat d’Ambroise, jeune adolescent, contre un cancer qui va le conduire à la mort. Combat face à la maladie, mais surtout itinéraire spirituel, proximité avec Dieu d’un jeune complètement d’aujourd’hui, fan de foot et de musique, soucieux de sa famille et des copains, habité par une vrai soif de vie et d’authenticité…

Extrait

« La première fois que j’ai vu Ambroise en photo, il portait fièrement le maillot bleu frappé du coq de l’équipe de France de football. Le regard haut, les mains dans le dos, concentré à la mesure de l’évènement qui s’annonce et de la lutte qu’il va falloir mener, il avait pris la pose que l’on voit justement aux footballeurs au moment de l’hymne national. La photo avait été prise au mois d’août 2008 entre deux séquences de chimiothérapie, court moment de répit à refaire les forces laminées par le traitement, et il allait devoir y retourner, continuer le match, oui, un combat au résultat incertain auquel il consacrait toutes ses forces, son souffle, son énergie… »

Une vie de quinze ans, Michel Séonnet, Desclée de Brouwer, 120 p., 12 €.

Michel Séonnet, écrivain croyant sur RCF

Michel Seonnet, répond aux questions de Thierry Lyonnet, lors du magazine 13h07, le mag de ce mercredi 5 octobre 2011. La radio RCF réalise une série d’entretiens avec les membres de l’association quelques jours avant les Rencontres des Ecrivains croyants, le dimanche 9 octobre au Collège des Bernardins à Paris.

M SeonnetMichel Seonnet partage sa façon d’aborder l’écriture et la foi, le lien entre les deux étant une forme d’interrogation. Catholique artisan du dialogue dans des associations d’amitié islamo-chrétiennes, il explique comment sa vie est immanquablement nourrie d’écriture et de foi : « Ecrire est une manière de vivre le monde ».

Auteurs de plusieurs ouvrages notamment La tour sarrasine (Verdier, 1996), Le pas de l’âne (Gallimard, 2005) ou La marque du père (Gallimard, 2007), Michel Seonnet anime des ateliers d’écriture. Il a publié récemment Tanger, côté mer (Créaphis Edition, 2010).

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