Christine d’Erceville, Le chant des oiseaux

Pourquoi j’ai écrit ce livre ?

Après la vague d’attentats qui endeuillèrent la France, la directrice de l’école de mes enfants invita chacun (parent et enfant) à réfléchir sur le sens de la liberté, et à en écrire quelques mots. Mes quelques mots sont devenus ce conte qui chante le respect de la liberté (et que Mizuho Fujisawa a très joliment illustré).

Au fil de l’écriture de ce conte, j’ai découvert que la liberté n’est pas ce qui s’arrête là où commence celle d’autrui, mais qu’elle commence par la libération d’autrui et à travers lui.

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Extrait 

« L’obscurité était totale lorsque le rossignol s’adressa aux habitants du chêne. De gros nuages gris masquaient la lune et les étoiles, et sous cette nuit opaque, personne ne chantait. L’oiseau brun et roux profita donc de ce silence pour faire sa déclaration. Elle fut brève, mais claire et nette. Voici : « Désormais, seuls les airs de rossignol seront admis sur l’arbre majestueux. Alors si vous voulez chanter, chantez rossignol ! » Un long murmure accueillit cette sentence, puis tout redevint silencieux, oui, parfaitement silencieux… jusqu’à ce qu’un pâle rayon de soleil traverse les nuages… »

 

Éléments biographiques

Après des études de philosophie et de lettres, Christine d’Erceville travaille dans la presse écrite et en radio. Elle est l’auteur de plusieurs livres pour les jeunes (romans, contes et BD). Elle a également écrit la mise en scène pour certains de ses contes, qui sont alors joués (essentiellement dans les écoles) par des acteurs professionnels.

Christine d’Erceville – Le chant des oiseaux. Illustrations : Mizuho Fujisawa. Salvator. 2016

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Christine d’Erceville, Thérèse et les prisonniers de l’ombre

Pourquoi j’ai écrit ce livre ? 

Après mon roman : Thomas More, Le secret d’un homme libre, La petite Thérèse de Lisieux s’est invitée dans ma vie, et avec insistance ! Aussi, j’ai fini par accepter de faire un bout de chemin avec elle. J’ai choisi de composer un roman pour présenter la vie et la spiritualité de l’auteur de l’Histoire d’une âme, car il me semble que le roman permet de toucher autrement les lecteurs. C’est donc au fil d’une grande aventure qu’ils vont découvrir celle qui est aujourd’hui Docteur de l’Eglise. Ainsi, Thérèse et les prisonniers de l’ombre n’est pas un roman « sur » Thérèse de Lisieux, mais « avec » Thérèse de Lisieux.

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 En résumé

En cet été 1944, les bombes pleuvent sur la Normandie, détruisant tout… Cécile et Olivier parviendront-ils à s’échapper de la cave qui les retient prisonniers ? À Boston, ce même été 44… Paul réussira-t-il à rejoindre le vieux continent pour tenter de retrouver sa fille ? Le roman se promène entre la Normandie et les Etats-Unis, on suit – sans pouvoir s’arrêter – le périple de Cécile dans la ville en guerre pour chercher à libérer ses amis, et le périple de son père pour rejoindre le continent européen. Sainte Thérèse de Lisieux vient illuminer ce roman.

Extrait

« L’un des soldats répondit :

  • Vous pas passer. Vous donner à nous charrette et cheval.

À ces mots, le visage de Cécile se colora d’un rouge écarlate. Un feu enflamma toute sa personne, elle avait envie de se jeter sur les Allemands, de leur arracher leurs armes, de les retourner contre eux et de tirer. Non ! Ils ne pouvaient pas faire cela ! Les soldats ne bougeaient pas. Et pire même, comme Jean ne s’exécutait pas assez vite, ils se firent de plus en plus menaçants. Ils étaient sept, bien armés, et, avec leurs airs goguenards, ils exigeaient qu’on leur donne sans tarder la charrette et sa monture. La lutte était totalement impossible, le combat était perdu d’avance. Il fallait se soumettre. La jeune fille se mordit le poing pour ne pas hurler. …

  • O Seigneur… Alors tout est fini… Tout s’écroule, et si près du but. Oh non, Vous ne pouvez pas laisser faire cela, c’est épouvantable. Vous voulez qu’on garde confiance en la Divine Providence… qu’on s’abandonne à Vous ! Mais… Comment garder confiance ?! C’est impossible !

Le sourire que la Sainte Vierge avait offert à Sainte Thérèse se rappela alors à Cécile, et, comme dans un sursaut d’espérance, elle osa un ultime acte d’abandon. Elle prononça à voix basse : Mon Dieu, que votre douce volonté soit faite. Puis elle descendit de la charrette, droite et silencieuse. Elle avançait lentement, serrée par les mitraillettes de deux soldats, mais elle se sentait libre. Cécile venait de faire « une course de géant » : l’avenir était entre les mains de Dieu.

Christine d’Erceville, Thérèse et les prisonniers de l’ombre, Salvatore, 2014

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