Karima Berger, nouvelle présidente des Ecrivains croyants

Karima_Berger

Président depuis cinq ans de l’association des Ecrivains croyants d’expression française, Christophe Henning a souhaité mettre un terme à son mandat. C’est Karima Berger qui lui succède à compter de ce mois d’octobre 2014.

Ecrivain, Karima Berger est née à Ténès, en Algérie. Elle a publié plusieurs romans, nouvelles et essais inspirés tous par le face à face des cultures arabe et française de son enfance coloniale. Elle puise l’essentiel de son expression dans la découverte et la confrontation des différences, des langues et des croyances. Son écriture est marquée par la question de ses racines spirituelles et de son être féminin. « Je suis arabe et française, orientale et occidentale, musulmane et laïque, femme et écrivain…Ces sources qui m’animent m’inventent chaque jour.. et c’est dans les méandres de leurs flux que je surprends parfois mon reflet, mes reflets », écrit-elle dans Eclats d’islam (Albin Michel, 2009) .

Son dernier ouvrage s’inscrit cette fois dans un dialogue rêvé entre Etty Hillesum, une jeune femme juive morte à Auschwitz en 1943 et « la petite marocaine » dont le portrait ornait le mur de son bureau. Une complicité se noue entre elles au-delà des différences de culture pour dire le monde et lui donner sens, même lorsqu’il paraît sombrer. Dans cette confrontation au siècle et à ses périls, c’est un véritable combat spirituel qui se fait jour (Les Attentives, Un dialogue avec Etty Hillesum, Albin Michel, 2014).

Bibliographie

  • Les Attentives, Un dialogue avec Etty Hillesum, Albin Michel, 2014
  • Toi, ma sœur étrangère, Le Rocher, 2012, avec Christine Ray
  • Eclats d’islam, Chroniques d’un itinéraire spirituel, Albin Michel, 2009
  • Rouge Sang Vierge, Editions El Manar-Alain Gorius
  • Filiations dangereuses, Chèvrefeuille Etoilé, 2008. Prix Alain Fournier
  • La chair et le rôdeur, L’aube, 2002
  • L’enfant des deux mondes, L’aube, 1998, prix du Festival du premier roman

Christophe Henning : Petite vie de Paul VI

Pourquoi j’ai écrit ce livre

Après le long pontificat de Jean-Paul II qui a marqué pour longtemps l’Eglise catholique, l’œuvre du pape Paul VI a été quelque éclipsée. Et pourtant : le pape François ne cesse d’y faire référence, et a décidé de sa béatification à l’issue du synode d’octobre 2014. Il fallait revenir sur le parcours extraordinaire de Montini-Paul VI qui traversa le XXe siècle. Homme du concile, de la paix, du développement, l’avant-dernier pape italien est aussi le premier pape moderne qui voyage sur les cinq continents, qui n’a pas peur du « monde » et s’adresse à tous les hommes de bonne volonté. Une personnalité hors du commun, hiératique et apparemment distant, froid et pourtant profondément humble et chaleureux… Une figure de sainteté à (re)découvrir.

Christophe Henning

En résuméCapture d’écran 2014-09-10 à 21.04.04

Élu pape en juin 1963, Paul VI mena à son terme le concile Vatican II (1962-1965), inauguré par son prédécesseur Jean XXIII, et gouverna l’Église dans la période difficile de l’après-Concile. À l’occasion de sa béatification, le 19 octobre 2014, cette nouvelle biographie retrace le parcours d’un homme de Dieu, dont les appels et les gestes pour la paix dans le monde, l’unité des chrétiens, le dialogue avec les autres religions, l’évangélisation et la réforme de l’Église demeurent d’une grande actualité.

Extrait

« Giovanni Battista Montini a traversé le XXe siècle et fut, selon l’opinion communément admise, le premier pape « moderne ». C’est lui qui ose sortir des frontières d’Italie et inaugure les voyages pontificaux aux effets pastoraux indéniables. Passionné d’art contemporain, il est aussi fidèle au journal télévisé, tous les soirs, pour prendre les nouvelles du monde. Enfin, c’est le pape de son temps : « Paul VI sentait, s’angoissait, souffrait, comme les modernes », dit de lui le philosophe Jean Guitton. (…) S’il fallait ne retenir qu’une seule idée de ce pape moderne, c’est bien l’esprit de réconciliation de l’Eglise avec le monde. Ce qui ne veut pas dire pour autant que le christianisme n’ait plus rien à dire à l’humanité, mais le ton a changé : « Paul VI a aimé son temps : loin de le bouder, il en perçoit la grandeur, il en pressent les richesses éventuelles ; son testament en célèbre la beauté et la magnificence », expliquait l’historien René Rémond. »

Petite vie de Paul VI, Christophe Henning, Desclée de Brouwer, octobre 2014, 112 p., 12,90 €.

Christophe Henning : Christian de Chergé, moine de Tibhirine

Pourquoi j’ai écrit ce livre

Le témoignage des moines de Tibhirine, assassinés en 1996, a marqué les esprits, et le film Des hommes et des dieux (2010) a constitué un formidable écho. En même temps, une fois l’émotion passée, que restait-il de ce message d’amour, de la force du don ? Tibhirine résonne encore, mais le nom des moines qui ont tout donné pour Dieu et pour l’Algérie commence à s’estomper. Alors qu’ils ont encore tant à dire au monde d’aujourd’hui, trop souvent victime de la violence. Christian de Chergé a laissé de nombreux écrits. Sa vie l’a mené inexorablement vers ce drame. Comment relire aujourd’hui l’histoire d’un homme tout entier consacré au dialogue, à la paix, à l’amitié entre les hommes et la foi au Dieu unique? Toujours bouleversé par ce que nous disent Christian de Chergé et Tibhirine, j’ai voulu, sobrement, rappeler son existence à travers cette biographie volontairement accessible, qui dit aussi comment vit le message aujourd’hui. L’héritage spirituel ne se perd pas.

Christophe Henning

En résumécherge

Christian de Chergé (1937-1996) fut moine et prieur du monastère de Tibhirine, dans l’Atlas algérien. Avec sa communauté, il définissait sa vocation monastique en terre d’islam comme celle de « priants parmi d’autres priants ». En mai 1996, sept frères connurent le martyre et deux survécurent. Avec eux, Christian a donné sa vie jusqu’à l’extrême par amour. Sa vie était « donnée à Dieu et à l’Algérie ». Sa spiritualité est nourrie de la rencontre de l’islam et d’un dialogue existentiel, au quotidien, avec les voisins et amis musulmans. Elle est une spiritualité de la rencontre, une spiritualité de la « visitation » offerte à notre temps marqué par la pluralité religieuse et par l’engagement de l’Église dans le dialogue interreligieux.

Un extrait

La prière, comme un défi… Sept fois par jour, les moines répondent à l’appel. La grande église trop vaste pour la petite communauté a été délaissée, et c’est dans une dépendance du domaine agricole qu’a été aménagée la chapelle, dans le pressoir. Les céramiques qui habillaient les cuves sont encore visibles sur certains pans de mur. Au cœur de la nuit déjà, pour l’office de vigiles, le chœur des moines s’élève doucement. Et ainsi de suite, jusqu’à complies, qui vient clore la journée avant d’entrer dans le grand silence de la nuit. « La prière des psaumes qui nous est confiée ex- prime cette réalité d’Église : il suffit de deux ou trois pour les chanter en Son Nom, et le Christ Total est là en tous ses membres dont ces psaumes récapitulent les cris et les visages. » La journée du moine est pareillement rythmée à Tibhirine comme dans tous les monastères sous les autres lati- tudes. Sauf qu’y répond, ici, dans l’atlas, l’appel à la prière de la communauté musulmane. Cinq fois par jour. « Il n’y a que Dieu qui puisse appeler à la prière. Ici, en Algérie, je comprends mieux que tous sont appelés, que l’homme a été créé pour la louange et l’adoration ».

« Priant parmi les priants ! » voilà la vocation spécifique des moines de Tibhirine. Quand retentit le muezzin, les frères suspendent la récitation des psaumes. Tous appelés à se tourner vers Dieu.

Christian de Chergé, moine de Tibhirine, Christophe Henning, préface de Jean-Marie Rouart, Médiaspaul, avril 2014.

 

Pourquoi un Salon des Ecrivains croyants ?

Le livre est un lieu de rencontre. Le livre suscite, encourage, provoque la rencontre. C’est pourquoi l’association des Ecrivains croyants d’expression française organise chaque année une journée de rencontres entre les auteurs, avec leurs publics.

Mais ce n’est pas un salon du livre comme un autre : l’association regroupe des écrivains qui se reconnaissent dans l’une des religions ou traditions monothéistes. Voilà un espace qui permet aux univers juifs, musulmans et chrétiens non seulement de se rencontrer, mais d’entrer en dialogue par la réflexion intellectuelle et la force de l’imagination. Ainsi, essais, romans, poésie, témoignages, ouvrages savants ou grand public sont le ferment de cette écoute possible, dont la société d’aujourd’hui a tant besoin. Rien que pour cela, soutenez-nous, annoncez l’événement, relayez l’information, venez, et invitez largement à participer à cette nouvelle journée des Ecrivains croyants, le 17 mai prochain !

Cette rencontre pousse à l’audace : audace d’écrire pour les auteurs, audace de lire – par forcément ce avec quoi on sera forcément d’accord –, audace de débattre et de reconnaître en l’autre cette part d’écriture et de mystère qui nous enrichit mutuellement…. Le livre se révèle alors une source incomparable de souffle, de vie, d’humanité.

                                                       Christophe Henning
                                                      Président des Ecrivains croyants d’Expression française
 
 
salon EC

Salon des Ecrivains croyants : des textes en lecture

Parce que les textes peuvent résonner, les mots prendre corps, il faut donner de la voix à l’écrit. Durant tout le salon des Ecrivains croyants qui aura lieu le samedi 17 mai à la mairie du VIe arrondissement de Paris, le salon de lecture permet aux écrivains de mettre en voix leurs derniers textes. Une rencontre, une pause, un souffle proposés aux visiteurs.

Les lectures se déroulent en continu (excepté l’interruption de la conférence).

Horaire : 14 – 15h/16h15 – 18h15 : 12 lectures

 

14h : Emmanuel Godo pour La Conversation, une utopie de l’éphémère (PUF)

14h15 : Claire Daudin pour Dernières nouvelles du Christ (Le Cerf)

14h30 : Anne Ducrocq pour Quand je suis faible, je suis fort (Bayard)

14h45 : Alain Durel pour L’archipel des saints (Albin Michel)

interruption…………..

16h15 : Cecilia Dutter pour Un cœur universel, regards croisés sur Etty Hillesum (Salvator)

16h30 : Patrice Obert pour Un projet pour l’Europe (L’Harmattan)

16h45 : Colette Nys-Mazure pour Le soleil, ni la mort, Vallotton (Invenit)

17h : Christophe Henning pour Christian de Chergé, moine à Tibhirine (Médiaspaul)

17h15 : Violaine Barthelemy au nom de l’Association Charles Péguy notre jeunesse (1910) et Le porche du mystère de la deuxième vertu (1912)

17h30 : Olivier Lemire pour Chemins d’Assise, l’aventure intérieure (Bayard)

17h45 : Christiane Rancé pour François, un pape parmi les hommes  (Albin Michel)

18h : Jean-Michel Touche pour Bienvenue dehors ! (Salvator)

18h15 : FIN

Christophe Henning et François Soulage : Justice et charité

Pourquoi j’ai écrit ce livre

« Le cadre professionnel m’a permis de rencontrer à plusieurs reprises François Soulage, président du Secours catholique depuis 2008. J’ai toujours été surpris de sa simplicité, de la clarté de son propos, de sa connaissance des dossiers et aussi – n’en déplaise à sa modestie – de la portée de ses analyses. Une parole libre et singulière, tout entière ouverte à la rencontre. D’où venait-il avant le Secours catholique ? Quelle est l’origine de cette vocation ? De longues heures de discussion – de dialogue devrais-je dire plus exactement – ont éclairé une vie d’engagement chrétien, mais aussi politique, économique, militant. Non pas pour en faire un livre d’histoire, mais le témoignage d’une réflexion pour vivre aujourd’hui, et construire la société de demain. Faite de justice, et de charité. »

Christophe Henning

En résumésoulage henning

La justice, tel est le fil rouge de l’engagement de François Soulage. La justice avant la charité. Parce qu’il ne s’agit pas de « faire la charité » aux pauvres mais de leur restituer d’abord ce qui leur appartient. Alors vient le temps de la charité qui est vie fraternelle, communautaire, universelle.

À la source de ce combat, l’Évangile qui conduit au service de la fraternité, cette diaconie que l’Église redécouvre. Engagements politique, associatif, caritatif, ecclésial, familial ne sont finalement que l’expression d’un engagement de foi. « Voici, je fais toutes choses nouvelles », annonce le Christ de l’Apocalypse. Mais cela ne se fait pas sans l’homme. L’avenir est à imaginer.

Extrait

« Quelles sont les mutations qui sont en cours et que nous ne mesurons pas encore ? Il est urgent d’observer les éléments annonciateurs de ces changements, ce que j’appelle les « signaux faibles » dans la société d’aujourd’hui.

Qu’appelez-vous des « signaux faibles » ? De quoi s’agit-il ?

Dans une société où tout est chiffré, budgété, évalué quantitativement et financièrement, on ne se rend plus compte des effets inévitables d’éviction des plus démunis, des personnes qui ne comptent pas et qui n’entrent pas dans le champ de visibilité des décideurs… Ces personnes en difficulté sont dans des situations dramatiques qui tiennent à peu de choses: comment ne pense-t-on pas aujourd’hui à un service minimum de communication ? Comment les demandeurs d’emploi peuvent-ils chercher un travail sans Internet, sans un téléphone portable ? C’est vraiment l’accélération d’une société à deux vitesses. »

Justice et charité, François Soulage, entretiens avec Christophe Henning, Desclée de Brouwer, octobre 2012, 218 p, 18€