Gilles Baudry & des dessins de Nathalie Fréour – Un silence de verdure

Un silence de verdure

Pourquoi j’ai écrit ce livre:

En écho au vert de l’espérance, né de l’arbre
Ce silence venu des terres ouest atlantiques:
« Ce qu’a d’inouïe l’éclosion du silence
        et que la neige laisse entendre
                 entre deux rêves,
                         là-bas,
        deux silhouettes le murmurent,
penchées à la fenêtre du matin du monde  » 

Extraits:

Le feu limpide du silence

brûle nos cœurs

quand tout

se tait.

black

Éditions L’enfance des arbres, 2017

Gilles Baudry est moine à l’abbaye de Landévennec, il a obtenu le prix Antonin Artaud 1985 et le prix Théophile Gautier de l’académie Française en 2007. Il est engagé dans le dialogue créatif avec de nombreux artistes.

Nathalie Fréour, peintre et illustratrice Nantaise a été formée à l’école des Beaux-arts d’Angers, Bordeaux et Rennes. Elle a réalisé de nombreuses expositions et illustrations de livres  pour enfants et d’œuvres de poètes.

A propos de la suppression de l’émission Spiritualités de Leili Anvar sur France Culture

L’émission de Leili Anvar (les Racines du Ciel puis les Discussions du soir du Mercredi sur France-Culture sont des émissions qui sont très écoutées et plus  d’une fois, des lauréats ou des auteurs d’Écritures & Spiritualités ont été reçus dans ces belles émissions, plus que jamais aujourd’hui nécessaires.
Hélas, cette émission est en péril et risque d’être supprimée. Notre engagement pluriel et ouvert est ici directement interpellé, aussi je vous propose de lire ci-dessous ce très juste point de vue que Jean Lavoué, écrivain et éditeur d’une maison de poésie L’enfance dans les arbres (et familier d’Écritures & Spiritualités)  a adressé à Ouest-France en réaction à la décision de France-Culture.
Karima Berger, Présidente
« Pour une culture ouverte aux forces de l’esprit.
Plusieurs pétitions circulent sur les réseaux sociaux. Après huit ans d’émissions consacrées sur France-Culture au dialogue entre les spiritualités, d’abord avec Frédéric Lenoir pour « Les racines du ciel » puis seule, depuis deux ans, pour les Discussions du soir, Leili Anvar vient d’apprendre que son émission n’est pas reconduite dans la future grille des programmes de septembre. Motif : « la chaîne culturelle a d’autres préoccupations que la spiritualité ! » Nombreux sont les auditeurs qui s’émeuvent d’une telle décision. Qu’une chaîne publique consacre au dialogue entre les aspirations spirituelles de l’humanité une heure hebdomadaire constitue pour beaucoup un havre, une respiration, un signe d’espoir et d’ouverture en cette période de guerres de tranchées et de violences exercées au nom de la religion.
Leili Anvar incarne elle-même ce pluralisme tant par son origine iranienne et sa spécialisation dans la mystique et la poésie soufies – ses œuvres de traductrice du grand poète persan Attâr en témoignent –  que par son ouverture et son intérêt pour toutes les manifestations de l’esprit. Sa porte n’était fermée à aucune expression, pourvu qu’elle ne soit pas revendicatrice d’une vérité exclusive mais qu’elle vise, au contraire, la fine pointe où toutes les expériences spirituelles authentiques finissent par converger.
On imagine aisément ce que des personnes, y compris dans ce monde de la culture, fermées à toute expérience de cette dimension d’intériorité, puissent trouver à redire en voyant défiler dans le studio de Leili Anvar des religieux ou des laïcs au sujet desquels il peut être tellement tentant de n’en rester qu’à l’apparence : aux signes religieux extérieurs ! Sans jamais chercher à percer, et d’ailleurs le plus souvent sans le pouvoir, le secret de ces vies habitées par le mystère d’une présence qui ne se réduit ni à l’intelligence, ni à la psyché ou au corps, ni au matérialisme utilitaire.
En ces temps où, plus que jamais, le dépassement des formes stériles de laïcisme pour s’ouvrir à une laïcité d’intercompréhension et de dialogue s’avère d’une urgente nécessité, la fermeture de cette fenêtre de réceptivité et d’intelligence à l’égard de l’étincelle de l’âme humaine paraît incompréhensible. Pire c’est une erreur, une faute majeure ! Là où devrait être encouragé tout espace de rencontre avec l’autre dans sa différence, sa beauté intérieure et sa sensibilité aux choses de l’esprit, comment comprendre cet asséchement délibéré de la culture ? Car celle-ci ne saurait se résumer à la gestion de la psyché ou de l’intellect. Elle se doit de prendre aussi en compte ce qui en l’homme se révèle plus grand que lui mais ne pourrait pas être sans lui : ce que des athées, des  agnostiques comme des croyants peuvent d’ailleurs éprouver ! Or c’est bien à cela que s’attache précisément la voix de Leili Anvar comme celle de tous ces auteurs reçus au fil des années.
Si par souci d’une laïcité mal comprise on boucle de tels espaces publics, si par utilité marchande les chaînes publiques n’ont pour seule boussole que l’audimat, quitte à mépriser toute une partie de leurs auditeurs pour lesquels l’intériorité compte davantage que le divertissement, si l’impérialisme de la technique et des sciences doit réduire à néant toute velléité de penser l’homme dans sa dimension également spirituelle, alors on peut être sûr que des religions mal comprises et violentes continueront à dévaster les fragiles territoires de notre humanité. »
Jean Lavoué, auteur et éditeur

 

La nouvelle lettre d’Écritures & Spiritualité : L’Essentiel N°5

L’Essentiel résume les actualités majeures de l’association et permet aux auteurs adhérents de noter sur leur agenda les prochains événements auxquels ils sont conviés.

Cliquer sur le lien ci-dessous : 

L’Essentiel n°5

Je vous souhaite un très bel été d’écriture et d’inspiration.

Karima berger

Cérémonie du Prix Écritures & Spiritualités 2017

Les deux lauréats  du Prix Écritures & Spiritualités 2017 sont :

Catégorie LITTÉRATURE  
Jean-Philippe de Tonnac, Azyme, Actes Sud

Catégorie ESSAI : 
Christine Jordis, Paysage d’hiver, Albin Michel

Cjordis

Retrouvez  quelques images de la cérémonie dans  » L’Essentiel n°5  » d’ Écritures et Spiritualités.

Cliquer ci dessous:

L’Essentiel n°5

Raphaëlle Simon – Imparfaite et débordée, chroniques d’une maman d’aujourd’hui

Raphaëlle simon 1ère de couv

Pourquoi j’ai écrit ce livre 

Ces petites histoires issues de mon quotidien de mère de famille, sans me départir de mon œil de journaliste, ont été écrites au fil du temps, sous forme de billets pour le site internet de Famille chrétienne. Je n’avais pas l’idée d’en faire un livre, mais en relisant ces chroniques, j’ai réalisé que certains sujets émergeaient, ou revenaient de manière récurrente, et pouvaient continuer de susciter l’intérêt.

Sentinelles de l’Invisible, veilleuses de la vie, gardiennes du temps, les femmes sont aussi celles qui, jour après jour, se donnent. Elles éprouvent fatigue et dispersion, et ont besoin de ressourcement, d’unité, d’intériorité, d’amitié. Celles qui sont chrétiennes oscillent entre le désir de perfection, et la tentation du découragement, mais se savent filles bien aimées du Père, appelées à la sainteté, au cœur même de leur quotidien.

Retrouvant leur centre, leur identité, leur vocation, elles pourront envisager l’œuvre d’éducation comme une manière de faire grandir, avec bienveillance et gratitude.

Prenant leur place dans la société comme citoyennes et comme chrétiennes, les mères sont reliées aux autres dans une ouverture aux souffrances, aux beautés et aux défis du monde contemporain.

Extrait

Voilà, c’est décidé, je m’accorde une journée de « désert » dans mon mois (mon moi ?) trop encombré. Une page blanche sur mon agenda. Et un rendez-vous illico dans une maison de prière tenue par des religieuses. Cette halte spirituelle, j’en rêve depuis longtemps et attends avec impatience ce temps de repos, de silence et de prière, déchargée de toute obligation.

Le matin du jour dit arrive, et voilà qu’une foule de prétextes viennent freiner mon désir premier : est-ce bien raisonnable de tout planter là pour une journée ? A quoi bon finalement ? Que vais-je faire pendant cette plage vacante ? N’est-ce pas une perte de temps ?

Je fourre dans mon sac plus de livres que je ne pourrai en lire – la peur du vide sans doute – et décide de partir quand même…

Sur le coup, rien d’extraordinaire ne se produit : une journée libre, pendant laquelle j’essaye de lâcher mon quotidien et de me présenter devant Dieu. Silence, méditation, prière, repos aussi. Les fruits viendront plus tard. Une foule d’idées pour un projet sur lequel j’avais peiné longtemps sans aboutir, des rendez-vous que je n’attendais plus et qui se dégagent au bon moment…

Le désert demande toujours un effort : quitter ses habitudes, marcher vers l’inconnu, risquer de se perdre dans l’immensité, accepter le creux, éprouver la soif… et s’apercevoir qu’on est parti trop chargé. Mais le désert est aussi le lieu de la rencontre avec Dieu, qui n’est « ni dans l’ouragan, ni dans le feu, ni dans le tremblement de terre, mais dans la brise légère » (1, R 19, 12)

De même que chez l’enfant, les périodes de régression et de « latence » précèdent souvent un grand bond en avant ou des progrès inespérés, de même il faut passer par le désert et en avoir éprouvé l’aridité pour en mesurer la fécondité.

Imparfaite et débordée, chroniques d’une maman d’aujourd’hui, Salvator, 2016

Raphaëlle Simon est journaliste.

Madeleine Bertaud – Lire François Cheng / poète français, poète de l’être

couverture 2017 Madeleine Bertaud

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi j’ai écrit ce livre 

Il succède à un premier ouvrage consacré à François Cheng : « François Cheng, un cheminement vers la vie ouverte », Hermann, 2009 ; réédition révisée et complétée en 2011.

(Celle-ci est parue en traduction chinoise en 2016 aux Presses de l’Université Fudan de Shanghai). Il succède aussi aux actes du premier colloque franco-chinois dédié à l’écrivain (Paris, ADIREL, BNF ; Shanghai, Université Fudan), que j’ai coédités avec Cheng PEI : « François Cheng à la croisée de la Chine et de l’Occident », Genève, Droz, 2014.

À l’origine de ces livres, un phénomène rare : ma « rencontre » avec François Cheng, l’homme et l’œuvre, et la forte certitude que, « poète de l’être » comme Rilke, il écrivait pour aider les hommes à vivre.

Bénéficiaire de ce « don », je me suis fait un devoir de le faire partager à un large public, dans un esprit de service : depuis plus de dix ans, j’ai pratiquement abandonné la littérature du XVIIe siècle, étudiée et enseignée pendant toute ma carrière de professeur des Universités, au profit de l’œuvre chengienne.

 

Extraits :

[Venant après les « Cinq méditations sur la beauté » (2006) et les « Cinq méditations sur la mort » (2013),] le traité « De l’âme » signe l’aboutissement d’un très long travail intérieur ; il achève la trilogie, non sans apporter aux essais antérieurs un surcroît de sens. (Avant-propos, p. 7).

François Cheng […] ne donne pas à voir un monde qu’il aurait rêvé, mais l’univers tel que, dans l’enfance, il était capable de le percevoir, puis tel qu’une longue observation-méditation lui permet aujourd’hui de se le représenter. Son discours sur la beauté tire son unité de l’interrogation sur la condition humaine. Non seulement l’articulation entre les deux thèmes y est naturelle mais ils s’y fondent, au point de ne plus faire qu’un. Ils en appellent un autre, qui les prolonge et prend dans la méditation du poète sa dimension universelle : l’amour. (p. 139)

Éditions Hermann, 2017, Paris 

Le 22 juin, à 18h, Madeleine Bertaud fera une présentation de son livre à la librairie « L’œil écoute », 77, Bd du Montparnasse, 75006.