Nathalie Beaux, Moïse d’Égypte – L’enfant des trois livres

Moïse d'Égypte

Pourquoi j’ai écrit ce livre

L’histoire de Moïse est aussi étonnante que fondatrice, puisque juifs, chrétiens et musulmans en font un personnage central de leur Livre, et que chaque tradition a repris, développé et interprété le moindre passage de sa vie. Mais au-delà de ce destin, déjà si extraordinaire, d’un prince égyptien devenu berger d’hommes au désert, se dessine petit-à-petit le visage d’un Voyant de Dieu. Pour tous, il fut un modèle de perfection, un point d’ancrage dans la tourmente de la vie humaine. Pourtant bien peu de pages du Livre sont consacrées à la vie de Moïse avant l’Exode : quelques lignes sur son enfance et son adolescence, quelques pages sur l’épisode essentiel du Buisson Ardent, sa rencontre avec Dieu, et encore quelques pages sur les plaies d’Égypte qui permirent au peuple hébreu de partir, enfin, sous sa conduite…

Cette fiction de la vie de Moïse fait revivre sa jeunesse égyptienne et laisse entrevoir comment il s’est forgé, dans le creuset de deux cultures. On marche ensuite sur ses pas au désert jusqu’à ce lieu de lumière, posé dans les larges plis de la roche, où il vit longtemps dans le dépouillement, auprès de sa femme et de ses fils, auprès de Jéthro, guide du silence. Et là Moïse, dans le creux de son être, ouvre un regard éperdu vers Dieu… qui lui parle. Moïse retourne alors dans la vallée du Nil pour rassembler son peuple selon le dessin du Seigneur.

Largement inspiré des trois traditions monothéistes, ce récit fait œuvre d’unité ; une bibliographie et des notes pour chaque chapitre permettent en fin de volume au lecteur qui le désire de remonter à la source et de comparer l’approche des juifs, des chrétiens et des musulmans selon la tradition soufie.

Extrait

– Moïse ! murmure-t-elle, ses yeux l’accueillant maintenant en un immense lac paisible où il descend et s’immerge en une lente brasse, étreint par l’onde de velours, caressé par un léger souffle doré qui se répand sans bruit à sa surface, inclinant les bras des saules jusqu’à lui pour le bercer et l’attirer sur la berge. C’est là qu’elle l’attend, en ce premier jour où elle l’a tiré des eaux, avec ce regard d’amour dont elle l’a nourri et auquel il doit la vie.

Bityah sent l’élan de son fils vers elle. Alors, contre toute attente, c’est elle qui s’agenouille et porte la main de Moïse à son front.

Moïse veut la relever mais elle fait un geste de l’autre main pour l’en empêcher.

– Moïse… J’étais là lorsque tu es venu à la cour ce matin avec ton frère. J’ai tout entendu. Tandis qu’Aaron parlait de ton Dieu, je fixais tes traits, je buvais la lumière de tes yeux. Chaque mot vint se placer en mon âme comme s’il y avait toujours été fixé, seulement je ne le savais pas. Et c’est ainsi que s’est révélé à ma conscience ton Dieu. Je ne peux plus me concevoir hors de Son regard, et il me semble que par tes yeux, je contemple quelque chose de Sa gloire. Je viens ici pour te retrouver, mon fils chéri plus que ma vie, et pour remettre mon âme entre tes mains. C’est à toi maintenant de me tirer des eaux. Enseigne-moi, guide-moi, prends-moi dans tes bras et allaite-moi, moi qui n’ai jamais pu te donner de lait, montre-moi le chemin vers Lui !

Éditions Médiaspaul, 20 Avril 2016

Auteur : Égyptologue ayant vécu quatorze ans en Égypte et au Sinaï

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