Jean-Louis de La Vaissière, François dans la tempête

Pourquoi j’ai écrit ce livre
« Vaticaniste » à Rome pour l’Agence France-Presse entre 2011 et 2016, j’ai observé pendant deux ans avec passion la fin du pontificat de Benoît XVI, une période de déprime et d’intrigues dans le petit Etat du Vatican, puis pendant trois ans cette période de tempête et de floraison qu’est la révolution bergoglienne.
Benoît était un grand théologien, un homme de haute stature morale mal compris, mais François, pape argentin du bout du monde, fait revivre l’Eglise. Il préfère les vagues et les courants d’air au calme apparent et au confinement.
Peut-il réformer l’Eglise et jusqu’où? L’Eglise est très divisée en courants, dans des conflits à fleurets mouchetés. Ce chef déroutant appelle les évêques, les prêtres en jeans ou en soutane, les religieuses, les laïcs à ne pas avoir peur de marcher dans la boue des chemins. François est très exigeant, il ne veut pas d’un christianisme purement sociologique. Le livre est  dédicacé « à toutes les religieuses qui sont mères et sœurs d’une autre manière de par le monde ». Pourquoi j’ai écrit ce livre ? Pour témoigner d’une réalité vivante, contradictoire, libre, divisée qui tente de faire entendre un message magnifique dans une culture qui l’a oublié.

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EXTRAIT
Il y a sûrement une manière d’être chrétien, qui, compte tenu de l’imperfection doit chaque être humain est habité, est plus crédible que d’autres. Une manière plus « aimable ». « Aimable » non pas au sens de poli, mais de « qui aime et aime être aimé ».
Une posture humble et simple, c’est ce qu’on peut lire dans l’expression de François quand il passe saluer un par un les journalistes, lors de ses voyages en avion. « Je suis le pape mais aussi un homme ordinaire, imparfait, pas un extraterrestre. N’ayez pas peur de moi, de me confier vos intentions. Je ne suis que le messager d’une bonne nouvelle et tout, de ce que vous êtes, de ce que vous faites, peut m’intéresser. » Rien de démagogue là-dedans. Une façon d’être, qui brise la glace.
Quelles sont ces matériaux, ces valeurs sans lesquels le témoignage sera difficilement convaincant ? C’est le charisme du pape François d’avoir su les décrire, sans moralisme. Ils sont comme les fondements de la maison. Rendre la maison Église plus aimable, c’est le défi . Un défi  poursuivi depuis le concile Vatican II. La maison Église est toujours en construction, et le travail pour la rendre plus aimable est toujours à reprendre !
ELEMENTS BIOGRAPHIQUES
Jean-Louis de LA VAISSIÈRE est journaliste depuis 1977 à l’AFP, où il a occupé divers postes au siège et à l’étranger (Iran, Allemagne, Italie, Suisse, service diplomatique). De 2011 à 2016, il a couvert l’actualité du Vatican. Il a publié en 2010 chez Max Milo, Qui sont les Allemands ?, puis au Passeur, De Benoît à François, une révolution tranquille, en 2014, Le pape François, un combat pour la joie, en 2015, et un roman, Trois frères et l’éternité, en 2014.

 

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