Marina Copsidas : Les Larmes de Pierre

Pourquoi j’ai écrit ce livre

« C’est la contemplation d’une icône, celle de saint Pierre au monastère Sainte-Catherine au Sinaï, qui m’a mise en chemin pour partir à la rencontre du plus fidèle des apôtres et pourtant le seul à avoir renié le Christ !

Ce paradoxe apparent a servi de fil conducteur à la recherche que j’ai menée en méditant les 235 versets du Nouveau Testament qui citent saint Pierre ou Simon-Pierre. »

Marina Copsidas


En résumé

Saint Pierre, le premier des apôtres de Jésus Christ, s’est révélé être la pierre d’achoppement du christianisme menant à la séparation des Eglises au cours du deuxième millénaire. Mais qui est Pierre ? C’est en partant à la rencontre de Simon-Pierre à travers les Ecritures que l’on redécouvre le plus turbulent et le plus humble des disciples. Mais plus encore, c’est par les larmes amères de son repentir, après ses trois reniements successifs (Mt 26,69-75), que Pierre se révèle un modèle pour tous les chrétiens, par sa fidélité et son amour pour le Christ (Jn 21,15-19), par delà ses faiblesses.

A l’aube du troisième millénaire, un demi-siècle après Vatican II, ce pèlerinage sur les traces de Pierre apparaît comme un acte d’œcuménisme et un chemin d’espérance vers l’unité des chrétiens : « Le ferment de l’unité humaine doit être l’unité chrétienne… J’appartiens à toutes les Eglises, ou plutôt à une seule Eglise, l’Eglise du Christ ressuscité qui nous ressuscite et nous donne la force d’aimer… Nous chrétiens, nous n’avons rien à demander, rien à imposer, mais nous devons témoigner que la vie a un sens, qu’elle est immense, qu’elle s’en va vers l’éternité. », déclarait le patriarche Athénagoras (1969).

Extraitlarmes

SI, l’Église catholique redécouvre les règles pastorales de Grégoire le Grand et oublie les Dictatus Papae de Grégoire VII et si Rome renonce à une primauté inspirée par César, pour retrouver l’humilité de Pierre et la faiblesse de Paul,

SI, l’Église orthodoxe redécouvre une authentique Tradition non passéiste, mais porteuse d’avenir et reconnaît qu’elle développe une lutte fratricide par sa vision exacerbée de l’autocéphalie,

SI, l’Église protestante, unie, redécouvre la pleine divinité du Christ en professant le Credo et en reconnaissant la part du Mystère inhérent à l’Incarnation du Fils de Dieu,

SI, tous les chrétiens inaugurent, ensemble, une réflexion sur la figure de saint Pierre comme prototype des croyants, ainsi qu’Origène, saint Ambroise, le pape Grégoire le Grand, Nil Cabasilas ou encore Oscar Cullmann nous l’ont révélé,

SI, l’Église, les Églises, à l’image du Père pris de pitié dès qu’Il aperçoit Son fils prodigue revenu pour chercher du pain, accueillaient le monde contemporain désemparé et souffrant, avec bienveillance plutôt qu’avec de la morale,

Alors s’ouvrirait un immense chemin d’espérance et de renaissance qui s’offrirait à tous les hommes de bonne volonté,

Alors, au troisième millénaire comme aux temps apostoliques, les Chrétiens pourraient d’une seule voix, audible, crédible et mieux encore écoutée, faire à nouveau entendre au monde désenchanté le message de la Bonne Nouvelle, de la paix, du respect pour le prochain et de l’espérance du Royaume à venir.

Les Larmes de Pierre, Marina Copsidas, Editions du Cerf, octobre 2012, 28 €.

 

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