Les Sept dormants : un pèlerinage islamo-chrétien au Vieux marché (Cotes d’Armor. Bretagne)

Le 24 juillet prochain, aura lieu le pèlerinage habituel au Vieux marché en Bretagne dans les Côtes d’Armor pour célébrer la légende des sept saints que l’on retrouve dans la tradition musulmane, bretonne et celte et chrétienne.

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Programme complet : 2016-07-09 Pardon7Saints2016Programme complet

Louis Massignon, professeur au Collège de France et spécialiste des questions orientales, visite la crypte des Sept dormants d’Éphèse aux Sept-Saints le et assiste au pardon de 1953 ; il est frappé par la similitude entre les paroles de la vieille gwerz chantée en breton, et les versets de la sourate 18 du Coran, dite de la Caverne. « C’est d’ailleurs l’intuition d’une solidarité généalogique et topographique, dans le cadre de la méditation du thème de la résurrection des morts de l’époque mégalithique que j’ai vécue, en venant, après avoir visité la crypte d’Éphèse, prier avec les paroissiens bretons, avec qui j’ai fait trois fois déjà la procession traditionnelle et le feu de joie, tantad, au pardon des Sept Saints ». Il évoque, à propos de la dévotion des Sept Dormants d’Éphèse aux « Sept-Saints », « un mythe hors-classe » et relance en 1954 « un pardon greffé d’islam », c’est-à-dire un pèlerinage commun réunissant chrétiens et musulmans.

« Le pardon a lieu le quatrième dimanche de juillet, dimanche suivant sainte Madeleine. Le pèlerinage commence le samedi matin, et continue l’après-midi par un colloque, auquel prennent part des représentants des trois religions monothéistes, et un représentant agnostique. Le thème varie tous les ans. Le soir, à la chapelle, grand’messe à 21 h, suivie d’une procession et d’un « tantad » (feu de joie). Le dimanche à 11 h, grand messe du Pardon suivie d’une procession qui va à la fontaine, où a lieu une cérémonie musulmane : la sourate 18 du Coran est psalmodiée par un Imam et traduite en français. Ainsi se terminent les cérémonies ».

pour en savoir plus , écouter la belle émission de Manoel Penicaud sur France culture dans l’émission « Chrétiens d’Orient » spécialement consacrée aux Sept Dormants et au pèlerinage de Vieux-Marché. Lien France Culture : http://www.franceculture.fr/emissions/chretiens-d-orient/manoel-penicaud-anthropologue-specialiste-des-pelerinages-et-des

(possibilité de télécharger le podcast)

voir aussi son dédié aux sept dormants  http://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/17629/le-reveil-des-sept-dormants

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Disponibles pour aimer.

 Roger Bichelberger, ancien président de l’association dirige la revue chrétienne « Vie et Fraternité Marianistes ».

Couverture

Le numéro 510 (juillet-août-septembre) de la revue mensuelle de vie intitulée « Vie et Fraternité Marianistes » que je dirige depuis un certain nombre d’années est  partiellement consacré au thème de la miséricorde. Karima Berger, présidente d’Ecritures & Spiritualités y publie l’article ci-dessous qui montre combien le thème de la miséricorde est essentiel dans l’Islam, au point qu’elle a pu intituler son texte « Le manteau de la miséricorde ». Qu’elle soit ici remerciée pour cette page lumineuse qui permettra de mieux poursuivre le dialogue entre nous, membres de cette association que j’ai moi-même dirigée naguère, à la suite du fondateur Olivier Clément et de la regrettée France Quéré, alors qu’elle s’appelait encore « Association des Ecrivains Croyants d’expression française » (AECEF). ».
Roger Bichelberger

VFM n°510 sommaire

Le manteau de l’existence
La miséricorde ouvre le Coran avec  le premier verset de la Fâtiha, première sourate : « Au nom de Dieu : Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux » et rythme de son souffle redoublé chacune des cinq prières quotidiennes.
« La miséricorde dépasse les frontières de l’Eglise » dit le pape François, « ces invocations se retrouvent sur les lèvres des musulmans qui se sentent accompagnés et soutenus par la miséricorde dans leur faiblesse quotidienne ». Lors d’une audience à laquelle j’ai eu la chance de participer je l’ai remercié et lui ai dit combien ce choix de la Miséricorde fait du bien au monde musulman qui dans la douleur accouche de son histoire contemporaine, c’est un mot qui fait pont entre l’islam et le christianisme.
 
Le mot arabe de Miséricorde provient de la racine sémitique RHM – matrice -. Celle-ci fait du Rahman un Dieu qui a pour ses créatures des entrailles de mère. La première Rahma qu’il nous a accordée est notre existenciation, en nous sortant des ténèbres vers la lumière, nous tous, la chaîne de filiation depuis Adam et Abraham  étant ininterrompue.
« Par quel moyen L’aurions-nous connu s’il ne nous avait revêtus du manteau de l’existence » ? nous rappelle l’Emir Abdelkader cette immense figure de l’islam. C’est de son souffle que nait l’univers,  que le monde subsiste et c’est à lui que nous retournons «  ô âme apaisée, retourne vers To seigneur ».
 « Ton Seigneur est celui qui pardonne : Il est le Maître de la miséricorde ». Dieu aime celui qui se repend mais ce pardon n’est dit-on qu’un simple mouvement intérieur, l’islam ignorant les sacrements.  Mais c’est bien là que se loge la responsabilité du croyant, ce « simple » mouvement insuffle au croyant un désir intime de vérité, sans témoin autre que son seigneur : « Lis ton livre, il te suffit d’être ton propre juge ». C’est le cœur qui est le réel sacrement. Sa « miséricorde embrasse toute chose » et la Rahma doit être la règle entre les hommes : « Repousse le mal par le bien».
Mais aujourd’hui n’est-ce pas à nous, en ces temps sombres, de lui accorder Miséricorde ? Lui si maltraité, n’est-ce pas à nous de mettre au vivant notre foi (au sens de vivifier) et ainsi le rendre vivant en soi, loin des pulsions mortifères. Se rendre vivant, se rendre signe Vivant, en lui. Chacun à sa manière ! La pluralité de nos manifestations le ravit !  Ecoutons l’Emir Abdelkader: « Si tu penses qu’Il est ce que croient les diverses communautés -musulmans, chrétiens, juifs, mazdéens, polythéistes et autres- Il est cela et Il est autre que cela ! Et si tu penses et crois ce que professent les Connaisseurs par excellence -prophètes, saints et anges-, Il est cela ! Il est autre que cela ! Aucune de ses créatures ne L’adore sous tous Ses aspects ; aucune ne Lui est infidèle sous tous Ses aspects. Nul ne Le connaît sous tous Ses aspects ; nul ne l’ignore sous tous Ses aspects. »
Karima Berger
Mai 2016.
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Dominique Aguessy, Fragments d’archives sous la neige

Pourquoi j’ai écrit ce livre

Après La soif des oasis, Tant de chemins ouverts, publiés aussi aux éditions du Cygne, Fragments d’archives sous la neige est mon 7ème recueil de poèmes. Ces textes comme de brèves méditations accompagnent différents moments de la journée. Dans notre monde si tourmenté, la poésie guette cette lumière qui perce dans l’obscurité et invite à continuer d’avancer.

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Extraits

Est-ce un hiver de l’âme
dans l’attente du retour de la clarté
quelle issue à l’errance
 
sinon apprendre du temps
comme d’un maître avisé
la germination de nos rêves
 
à chacun d’accueillir
l’enchantement des mille soleils
l’amour et le deuil enlacé
 
l’impensé illumine la nuit

 

Dominique Aguessy, Fragments d’archives sous la neige, Editions du Cygne

Dominique Aguessy est sociologue et auteur d’ouvrages sur les contes africains aux Editions l’Harmattan et Maisonneuve et Larose ; d’un essai, Pouvoir et Démocratie à l’épreuve du syndicalisme (Unesco-Breda). Elle publie après La soif des oasis et Tant de chemins ouverts, Fragments d’archives sous la neige, un recueil de poèmes où les contrastes redonnent puissance aux mots.
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Patrice Obert, 2017

Pourquoi j’ai écrit ce livre ? 

Qui sait de quoi 2017, année électorale, sera fait ? Quelles sont les raisons qui poussent les habitants d’un peuple à voter pour tel ou tel parti ? Au moment du vote , mille pensées traversent l’esprit mais bien souvent, le choix du parti s’impose de façon irrationnelle : conviction de longue date, exaspération contre tel homme politique, confiance dans une espérance, nostalgie des jours anciens, refus des alternatives… le jeu est complexe. Personne ne le contrôle vraiment. Ainsi, au-delà des préoccupations immédiates, souvent économiques, pratiques, se jouent d’autres enjeux qui nous renvoient à des questions plus essentielles. A notre désir d’un monde meilleur s’articulent nos raisons de croire à une espérance collective capable de nous porter en avant ou nos raisons de désespérer d’un monde qui ne nous ouvre plus de perspectives. Et c’est là, dans l’inconscient, que travaillent en sourdine les forces spirituelles, individuelles et collectives, qui transcendent les cheminements personnels et sont soudain capables de soulever des montagnes, de dresser des peuples les uns contre les autres, de faire jaillir la bienveillance ou la violence.

Dans cette ville de la banlieue parisienne, un frère et une sœur, l’un jeune militant LR plein d’enthousiasme, l’autre journaliste rebelle et effrontée, vont mener sous nos yeux leur aventure d’une année, au milieu d’un microcosme politique qui  reflète en miroir les combats de la scène nationale.

 J’ai voulu écrire la vie politique avec les mots, les rires, les cris et les larmes de la vie quotidienne.

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Extrait

Le cheikh a glissé sous lui un coussin et a croisé ses jambes en tailleur. Il se penche sur le côté, incline son visage. Il porte des lunettes à la fine monture qui viennent concentrer son regard lumineux. Il pose une main replète sur son genou droit tandis que les doigts de sa main gauche jouent avec la maille de l’épais tapis de prière sur lequel ils se sont installés, dans un coin paisible de la mosquée.

-Je suis content que Khaled t’aies rencontré, Omar, ton chemin devait croiser le nôtre, je m’en réjouis.

Le jeune homme se tient assis en face de lui, mal à l’aise, le regard fuyant.

-Tu sais tout ce qu’on dit de notre mosquée, Omar, continue le cheikh d’une voix posée teintée d’un léger accent, beaucoup de mal ». Il sourit et laisse le silence envahir l’espace « Nous vivons des années difficiles. Tu as quel âge ? »

Omar se tortille « 18 ans » dit-il d’une voix basse

-18 ans » reprend le cheikh.  Il ôte son kéfir, se gratte le crâne, remet en place le kéfir. « 18 ans, c’est l’âge des grandes décisions. Tu vois, moi, c’est à dix-huit ans que j’ai décidé que je partirais étudier en Syrie auprès d’un maître. Cela s’est fait beaucoup plus tard mais j’ai été fidèle à cette promesse que je m’étais faite. Apprendre auprès d’un plus sage que moi et peut-être, un jour, devenir un sage moi-même afin de faire des disciples pour la plus grande gloire de notre Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) et de notre Dieu »

Il observe le jeune homme. Omar est beau, avec ses cheveux noirs coupés courts et cette mèche qui bat son front. Il y a en lui une grâce surprenante, naturelle.

-Omar…

Le jeune homme lève les yeux vers lui. Ses yeux verts clairs illuminent son visage de berbère.

-Khaled me dit que tu as déjà appris les prières, que tu sais réciter la Fathia ?

Omar hoche la tête.

-C’est bien. Tu apprends vite. Nous avons besoin de jeunes comme toi, capables de retrouver le bon chemin. Seule la parole de notre Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) peut nous y aider. Il faut étudier, entends-tu, sans cesse étudier, apprendre et réfléchir aussi ». Le cheikh lève un doigt pour attirer l’attention du jeune homme. « Khaled m’a dit que tu aimes bien réfléchir, c’est cela ? »

Omar garde les yeux baissés. Il est intimidé. Être assis, là, face au cheikh. Voici deux mois qu’il a quitté la maison, sans rien dire, deux mois qu’il ne fréquente plus ses copains de virée, qu’il ne traîne plus dans les bars pour chercher à traficoter. Quand il s’est fait apostropher dans la rue par Khaled, il a cru à une blague, il l’a suivi par jeu, pour voir ce qui allait se passer, lui qui n’avait plus le souvenir d’être jamais entré dans une mosquée. «Te fais pas de souci, mon frère, tu trouveras des dattes et du thé frais ». Pourquoi pas, au fond ? Depuis, il a prévenu sa mère – son père, il n’a pas osé. Il est installé à la mosquée, le cheikh veille sur lui, il est content.

-Omar, ne va pas croire tout ce que tu entends. Ici, c’est la maison de la paix. Ici, tout le monde est le bienvenu. Il faut avoir un bon comportement, afin d’obtenir le maximum d’unités qui te permettront de vivre au paradis. Faire le bien, la miséricorde, comme notre Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui), rester humble. Le seul jihad dont on te parlera ici, c’est celui de ton cœur, mais sache-le, mon fils, tu seras soupçonné d’être un terroriste, tes faits et gestes seront scrutés, tout ce que tu diras sera analysé, décortiqué et on t’accusera même de ce que tu n’auras pas dit, de ce que tu n’auras pas pensé. Nous allons faire de toi un prédicateur, un homme de la parole, un homme de paix. Car j’ai reçu en songe  ta venue et tu nous as rejoints.

Le cheikh est soucieux. Il sait que les wahhabites encerclent sa moquée avec leurs paquets de dollars saoudiens et qataris. Il sait qu’ils veulent sa peau et imposer leur islam rigoriste et sectaire. Il sait que cette secte de malade ne reculera devant rien tellement leurs cerveaux sont délavés par toutes les vidéos qu’ils regardent à longueur de journée sur leurs smartphones. Il est effrayé de leur fascination morbide pour les scènes de décapitation, ahuri de leur aveuglement face aux promesses fallacieuses d’un paradis rempli de vierges faciles promises aux martyres. Mais il ne baissera pas les bras. Il résistera, pour ne pas sacrifier l’islam de paix dans lequel il a grandi et dont il veut témoigner par sa vie. Le cheikh se lève et ouvre ses bras. Omar hésite puis il se redresse et vient se placer devant le cheikh. Le cheikh s’approche de lui, pose ses mains sur ses épaules :

 – Bienvenue à toi, mon fils.

Patrice Obert, 2017, éd. Le Texte Vivant

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La cérémonie de la remise du Prix Écritures & Spiritualités en images !

C’est une nouvelle fois à l’Hôtel Chatillon à Paris que s’est déroulée cette cérémonie guidée par le goût des lettres, de la beauté et de la rencontre spirituelle.

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Nos deux lauréats Guillaume de Fonclare et Florence Quentin (membres tous deux d’Écritures & Spiritualités) furent chaleureusement célébrés par de nombreux invités (membres d’E&S, éditeurs, journalistes, amis, écrivains)  et reçurent les éloges respectifs de Christophe Henning (ex-président) et de Christiane Rancé (Présidente d’Honneur, lauréate du prix en 2010).

Christiane Rancé – Hommage à Florence Quentin

Christophe Henning – Hommage à Guillaume de Fonclare (à venir)

Florence Quentin – Discours

Guillaume de Fonclare – Discours (à venir)

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Les invités ont pu goûter un peu de la saveur de l’écriture des deux auteurs et de leur portée spirituelle grâce à la lecture de quelques extraits par Leili Anvar.

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Pour conclure cette cérémonie en beauté, chacun des lauréats s’est vu remettre par Guillaume Sébastien, directeur de la Galerie Guillaume, une gravure de l’artiste- peintre Jean-Paul Agosti, célèbre pour ses œuvres à l’aquarelle.

 

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