Martine Digard – Confession d’une grenouille de Bénitier

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Fidèle à la messe, je suis obligée de reconnaître que je la trouve ennuyeuse, répétitive, tristounette et mal chantée. A cause de mon désir ardent, non de l’abandonner, mais de la voir évoluer, ou du moins de mieux la vivre, j’essaie, non sans un peu d’humour et quelques sautes d’humeur, de redonner sens aux mots de la liturgie, aux gestes, au rituel, aux paroles de l’offrande et de l’Eucharistie… L’Evangile aussi – bien que je me dise d’abord : oui, je le connais par cœur – si j’ouvre mon cœur et mon intelligence, finit par me questionner…Et petit à petit tout reprend sens et vie.

Extrait:

Sainte Elisabeth de la Trinité, tu disais à Dieu en parlant de ton cœur : Que je ne vous y laisse jamais seul. Et tu écrivais à ta mère : On trouve le Bon Dieu partout, à la lessive comme à l’oraison. Alors sur le chemin du retour, je m’enfonce en Dieu, le seul qui me reste que j’aime et qui m’aime…et m’aime et me comprend. Peu à peu, je sens la Présence. Ce n’est pas l’eau vive, c’est la brûlure du feu. C’est là que je dois être.

Pour partager le feu.

Excusez-moi, mais la cloche de l’église sonne. C’est l’heure de la messe….Je suis une grenouille de bénitier : j’y vais, j’y vais !

Publié le 17 Août 2018 aux Éditions Saint-Léger

L’auteure, Martine Digard, est mariée, quatre enfants, agrégée de Lettres, a enseigné dans des lycées publics pendant une quarantaine d’années. Elle a suivi parallèlement des cours de théologie au Collège des Bernardins. Auteure d’un premier livre publié à L’Harmattan (Lettre à tous ceux qui cherchent Dieu, Oct. 2014), elle enseigne aujourd’hui un cours d’études bibliques aux étudiants et s’occupe du catéchuménat et du néophytat de sa paroisse.

Voir ici la page Écritures & Spiritualités dédiée à : « Lettre à tous ceux qui cherchent Dieu  » Editions L’Harmattan 

Julie Saint Bris. Masculin Féminin – face à face

Pourquoi j’ai écrit ce livre :

Dans un ouvrage précédent « Quête de soi, quête de Dieu ? », je m’étonnais que la proposition chrétienne paraisse si peu attractive sur le « marché » des propositions spirituelles.

Bien des personnes venues faire une thérapie dans mon cabinet se tournaient plutôt vers la méditation et les sagesses orientales. Dans la religion chrétienne – qui est pourtant celle de l’incarnation – il semble que le corps, traditionnellement associé au féminin, ait été relégué au second plan. Longtemps dévalorisé au profit de l’esprit (la conscience raisonnante), traditionnellement associée au masculin.

La nécessité qui se manifeste aujourd’hui de s’ancrer dans le corps, dans la nature, par des biais aussi divers que la méditation, le yoga, l’engagement écologique, ou le chamanisme, est symptomatique d’un désir collectif inconscient de revaloriser les valeurs du féminin.

Ayant envie de retourner aux origines pour tenter de comprendre d’où venait cette méfiance fondamentale à l’égard du féminin, je suis retournée au livre de la Genèse. J’ai été saisie par la manière dont il révèle et récapitule les étapes et les difficultés de l’éveil de la conscience et du processus d’individuation chez l’être humain.

C’est l’actualité de ce texte fondateur que j’ai tenté d’expliciter en l’illustrant par des histoires d’hommes et de femmes d’aujourd’hui, issues de ma pratique de psychothérapeute jungienne.

Extrait :

Que se passe-t-il au sein de ce face à face et quelle en est la finalité ?

En électricité, l’énergie provient de la tension entre deux pôles opposés. Cette relation entre deux pôles différents qui crée de l’énergie peut symboliser le mode de fonctionnement de l’humanité. Cette énergie fait de nous des vivants. C’est cette tension qui nous fait évoluer, qui nous oblige à nous humaniser.

En général, le masculin est l’un et le féminin l’autre.

Mais parler de cette polarité implique d’évoquer trois niveaux d’altérité qu’on a parfois du mal à distinguer :

– Premier niveau : celui du corps. Au plan biologique, la femme est l’autre de l’homme.

– Deuxième niveau : celui de l’âme. Le féminin symbolise les profondeurs de l’être humain, qu’il soit homme ou femme. Son intériorité, sa psyché. L’esprit rationnel étant considéré comme masculin.

– Troisième niveau : celui de l’Esprit. Au plan spirituel, l’être humain – et avec lui l’humanité entière – est conçu comme féminin, car il est l’autre de Dieu.

Quel est donc le sens symbolique du face à face entre masculin et féminin ?

Peut-être devrions-nous commencer par réaliser que la survalorisation du masculin règne dans nos sociétés occidentales, mais sans tomber pour autant dans l’excès inverse…

Éditions Médiaspaul, parution Février 2018

Julie Saint Bris est psychanalyste jungienne. Elle a également longtemps travaillé en banlieue avec des éducateurs de rue et collaboré à l’association Bethesda-Evangélisation des profondeurs de Simone Pacot.
Elle est l’auteur de « Quête de soi, quête de Dieu ? » paru aux Presses de la Renaissance en 2009.

A nos amis musulmans.

 

 

 

 

 

 

 

En cette période de l’Aïd, où vous commémorez le sacrifice d’Abraham, nous vous adressons nos vœux profondément fraternels. Que cette mémoire, au lieu de les séparer, rapproche les croyants juifs, chrétiens et musulmans. Qu’elle les tende, chacun selon sa tradition, vers la recherche assoiffée de la paix et de la justice. Je forme le vœu que nos écritures, dans leur diversité, contribuent à cette longue avancée du peuple humain, croyant et non croyant, vers le partage et la vie libérée.

Christine Ray, présidente

 

Quels que soient les chemins qu’empruntent ses caravanes ;
L’Amour est ma religion et ma foi

Ibn ‘Arabî

On t’a fait connaître, homme, ce qui est bon, ce que Dieu attend de toi : rien d’autre que de chercher la justice, d’aimer avec tendresse et de marcher humblement avec ton Dieu.

Michée

Les Rencontres d’été Théâtre & Lecture en Normandie

Anne Lenoir, Directrice du Centre Wallonie-Bruxelles à Paris a le plaisir de vous présenter un Bistrot littéraire dédié au festival :

Les Rencontres d’été Théâtre & Lecture en Normandie 

Mardi 19 juin à 12h30

Philippe Müller, coordinateur général, dévoile quelques-uns des secrets de programmation de cette 17e édition qui a pour thème « J’émerveille ». Il est accompagné par Jérôme Garcin et Colette Nys-Mazure, auteurs invités cet été.

 

Jérôme Garcin est l’auteur de nombreux romans, récits et essais publiés aux éditions Gallimard. Son dernier livre, Le syndrome de Garcin, est paru en 2018. Journaliste, il produit et anime Le Masque et la Plume (France Inter) depuis 1989 et dirige les pages culturelles de L’Obs.

Colette Nys-Mazure est avant tout poétesse – Feux dans la nuit (Espace Nord), Haute enfance (L’Arbre à Paroles)… Elle écrit aussi du théâtre, des romans, des nouvelles, des livres jeunesse, et des essais à succès dont Célébration du quotidien (Desclée de Brouwer). Ses livres sont traduits en plusieurs langues.

Avec l’amicale complicité de la comédienne Frédérique Bruyas et du vioncelliste Adrien Frasse-Sombet.

 

Du 14 juillet au 19 août, Les Rencontres d’été vous convient à plus de quatre‐vingts rendez‐vous dans une cinquantaine de lieux de vingt villes et villages normands : spectacles, lectures, rencontres littéraires, exposition…

Une pause déjeuner en guise de préambule à ce festival normand dédié à la littérature et au théâtre sous toutes leurs formes.

Tarif : 5€
dans la limite des places disponibles.
Réservation souhaitée : 01.53.01.96.96 ou reservation@cwb.fr
Merci de préciser si vous êtes accompagné

Pour toute information : 01.53.01.96.96 ou lettres@cwb.fr ou http://www.cwb.fr/programme/les-rencontres-dete_1

Centre Wallonie-Bruxelles – Salle de spectacle
46 rue Quincampoix 75004 Paris – M° Rambuteau

Bernard Perret – Penser la foi chrétienne après René Girard

Pourquoi j’ai écrit ce livre : 

L’œuvre de René Girard (1923-2015), a remis l’anthropologie religieuse au goût du jour et a influencé en profondeur d’autres domaines des sciences humaines et sociales. Son apport à l’intelligence de la foi chrétienne est considérable : en montrant comment la Passion du Christ dévoile les ressorts de la violence constitutive des sociétés, Girard a éclairé d’un nouveau jour la singularité des Évangiles par rapport aux mythes fondateurs de la culture humaine. Un nombre croissant de théologiens de tous les continents se sont emparés de sa pensée et, grâce à elle, ont entrepris de poser à nouveaux frais les questions du mal, du sacrifice, de la Rédemption et de la violence de Dieu. L’un des bénéfices de cette lecture des Evangiles est de souligner la cohérence entre la prédication du Royaume et la signification des circonstances de la mort de Jésus. Plus largement, elle permet de lire les textes bibliques comme la découverte progressive, par les hommes, de la non-violence de Dieu. Ce livre est d’abord une présentation des enjeux de la pensée de René Girard pour le christianisme et un premier bilan des théologies qui s’en inspirent. Sur la base de cet état de lieux, l’auteur conduit une réflexion plus personnelle sur les rapports entre anthropologie et théologie, et sur l’impact possible de la théorie de Girard dans des domaines comme le rapport entre religion et violence ou le sens du rituel chrétien dans un contexte de sécularisation.

Extrait :

L’œuvre de René Girard a constitué pour beaucoup de ses lecteurs une sorte de révélation. C’est comme si une nouvelle fenêtre s’ouvrait sur le sous-sol du phénomène humain, cette part obscure de nous-mêmes où naissent les passions et la violence, les petites et grandes tragédies dont nous sommes responsables. Grâce à Girard, nous comprenons mieux ce qu’ont deviné depuis longtemps les publicitaires et les démagogues : nos désirs imitent ceux des autres, et de là naissent les rivalités et donc la violence.
Mais c’est la métaphore biblique du bouc émissaire (qu’il n’a pourtant pas inventée) qui, pour beaucoup de gens, résume le mieux sa pensée. Les groupes humains de toute taille et de toute nature trouvent normal de cimenter leur unité sur le dos d’un tiers, ce qu’ils font le plus souvent pacifiquement, presque sans y penser. Nous savons désormais grâce à Girard que cette banale mécanique de la stigmatisation n’a rien d’anodin et qu’elle est constitutive d’une sorte de péché originel de la civilisation. Grâce à lui également, nous avons compris que cette logique victimaire a quelque chose à voir avec les sacrifices rituels, et donc avec le sacré et la religion. Girard, enfin, a aidé les chrétiens à voir la passion du Christ comme un dévoilement et l’amorce d’un dépassement de cette logique victimaire, un lynchage qui récapitule tous les meurtres et toutes les exclusions, raconté du point de vue d’une victime divine revenue parmi nous pour nous pardonner et nous apprendre à nous unir avec les victimes et non plus contre elles, un don de soi que l’on ne peut qualifier de sacrifice qu’au risque d’un grave malentendu.
On vient de résumer à très gros traits ce qu’il est convenu d’appeler la « théorie mimétique », le système des théories emboîtées du désir mimétique, de la violence, du mécanisme victimaire, du sacré et de la religion élaborées par Girard. Cet édifice intellectuel aux multiples facettes a été bâti pour l’essentiel à partir de textes : le génie de son créateur résidait d’abord dans une capacité sans égale à les faire parler, qu’il s’agisse d’œuvres littéraires, de mythes primitifs collectés par les ethnologues ou des textes bibliques.
Ma motivation principale était de répondre à une grande question que Girard a laissée en suspens : qu’en est-il, au vu de sa théorie du sacré et de son interprétation du message chrétien, de la religion chrétienne elle-même, si on la considère non plus seulement comme le véhicule d’un savoir anthropologique, mais, suivant ce qu’en disent avec insistance les textes du Nouveau Testament, comme une voie de Salut offerte par Dieu à chaque personne ?
Les acquis de l’exégèse girardienne ne peuvent être ignorés par les théologiens. Elle souligne mieux que toute autre l’unité des Évangiles, le sens et la nécessité de la Passion comme parachèvement et mise en acte de l’annonce d’un Royaume de pardon et de paix. Mais la tâche demeure d’intégrer cet apport dans une théologie du Salut et dans une théologie de l’Église ou, si l’on veut, dans une théorie de la religion chrétienne comme pratique instituée de conversion. Or, la pensée de Girard est une déconstruction du sacré, voire même du divin, dont on voit mal comment le christianisme en tant que religion pourrait par principe être tenu à l’abri.

Éditions Ad Solem, parution le 23 Mai 2018

Bernard Perret est essayiste,
Il a mené une double carrière de haut fonctionnaire et de chercheur en sciences humaines. Ses travaux touchent des sujets très variés : questions économiques et sociales, écologie, anthropologie sociale, christianisme. Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels : L’économie contre la société (avec Guy Roustang ; 1993 ; ré-ed. 2001) ; La Logique de l’espérance (2006) ; Vers une raison écologique (2011).

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Estelle Drouard : estelle.drouard@elidia.fr / 01 40 46 54 26 – 06 83 99 35